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NOUVEAU
DICTIONNAIRE
D'HISTOIRE NATURELLE,
APPLIQUÉE AUX ARTS,
A l'Agriculture, à l'Écononiie rurale et domestique^ à la Me'decine , etc.
PAR UNE SOCIÉTÉ DE NATURALISTES ET D'AGRICULTEURS.
Nouvelle Édition presqu'entièremenl refondue et considé- rablement augmentée ;
AVEC DES FIGURES TIREES DES TROIS RÈGNES DE L\ NATURE.
TOME XXXIT.
DE L IMPRIMERIE DABEL LA^OE , RUE DE LA HARPE.
A PARIS,
Chez DETERVILLE, libraire, rue HAUïEFEuiLr,E,K'> 8.
M DCCC XIX.
Indication des Planches du Tome XXXII.
P 14. Insecfes, png. 9. Ranatre linéaire. — Raphidie serpentine. — Réduve à masque. — Rhagion fig- easse. — Rhingie à bec. — Rhinomacère curculionoïde. — Ricin de la cicogne. — Ripiphore bimacuié. — Sapygo à cinq points. — Scaure strié. — Scaphi- die immaculée^— Sphcridie scarabéoYde. — Slratiome caméléon. P 26. Plantes , pag. 33.
Spigelle anthelminlique. — Spilant comestible. — Stapèle variée. — Strélilz de la reine.
P 25. Mine'raux, pag. io5.
Stalactites et Stalagmites d'Antiparos.
P 23. Minéraux, pag. m.
Stalagmites en champignons. -- Sibérite. — Sélenite ou gypse cristallisé. — Spath calcaire,
P 10. Vers, pag. 226.
Physalide pélagienne. — Sangsue officinale. — Sangsue Swampine. — Glaucus cylindrique. — Soche pélasgique.^Serpulaire hexagone. — Serpulaire oper- cuiaire. — Silicaire anguille. — Siponcle nu. — Spiroglyphe cordelé. — Spirorbe commun. — Strongle du cheval.
P 27. Quadrupèdes mammifères , pag. 297. -Rat surmulot. — Suricate du cap. — Serval (chai).
P 28 Poissons, pag. 317. Sphéroïde tubercule. — Squale requin. — Squale marteau, — Squale scie. — Slroftialce paru. — Synbranche marbré. — Syngnathe trompette. — Syngnathe hippocampe.
P 3i. Quadrupèdes mammifères, pag. 476. Tarsier de Daubenton,— Tamandua noir (fourmilier). — Tatou.
NOUVEAU
DICTIONNAIRE
D'HISTOIRE NATURELLE.
s P H <.' „ .
oPHACELOS, de Théophrasle , en lafin Sphacelus. Plante qui est rapportée , par Dalechamps , à la petite va- riété de la Sauge officinale; par Guilandin , à rÉpiAiRE d'Allemagise ( Stachys germanica , L. ), et par d'atitres bota- nistes , à la Sauge glutineuse {Sahia g/utinosa, L. ) , parce que le suc de cette sauge est très-Lon pour guérir les ulcères malins. Dodonée a nommé sphacelus sauvage^ le teucrium scoro- donia , L. F. Salvia. (lN.)
SPHiERANTHUS , c'est-à dire , réunion de fleurs en forme de sphère, en grec. Vaillant a donné ce noir, à un genre de plantes qui a été adopté par Linnœus et les botanistes. Il est décrit à l'article Spiierante. Il a pour type le sphœranthus africanus^ L. , qu'il ne faut pas confondre avec le sphœranthus africanus , Burm. , Ind. , tab. 60 , que Jussieu pensoit devoir être une espèce de grangea , et qui , dans le Species plantarum de Willdenovv , se trouve rapporté à la fois au cotula bicolor {g}-angea , Lk. , ///. , t. 699, fig. i ) , et à Vhippia ianacetifolia ^ Linn. Suppl.
Le genre polycephalos de Forskaël rentre dans le genre sphœranthus , étant fondé sur le sphœranthus indkus , qui est Vadaca-manjen des habitans de la côte Malabare. (ln.)
SPHAERIA. V. Sphérie. (ln.)
SPHAERIDIOPHORE, Sphœridiophorum. Genre établi par Desvaux, pour placer I'Indigotier a feuilles de lin ( Indigofera linifolia ) , dont les gousses sont sphériques et monospermes, (b.)
SPH^RIDIUM. V. Sphéridie. (desm.)
SPH^ROBOLUS V. Sphérobole. (ln.)
X X X j 1 . I
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SPHiEROCËPHALUS. Haller donne ce nom aux Tki-
f.HIES, (b.)
SPHAiffilROLOBIUM. F. Sphérolobe. (ln.) SPHiOiROPHORUS. F. Sphérophore. (ln.) SPHi^ROSIDÉRITE ou SPHÉROSIDÉRITE.Ona
donné ce nom, en Allemagne, à une substance qui se trouve dans la lave basahlque et compacte de Steinheim , près d'Hanau , la même qui contient le quarz concrétionné , plus connu sous les noms de lava-glass et de verre de Francfort ou de hyatile. Le sphérosidériie est probablement un fer hydraté calcifère concrétionné. Il y a deux variétés : l'une est lamel- ieuse , radiée, d'un brun rougeâtre et brillante ; l'autre est compacte , jaunâtre ou brun terne , fibreuse ou terreuse. Toutes les deux forment des concrétions épaissesd'une à trois lignes , mamelonnées à l'extérieur , ou des veines, ou bien de petits globules qui sont épars dans la lave ; l'intérieur de ceux-ci est quelquefois à couches concentriques brunes et noires.
Le sphérosidérite compacte et le sphérosidérite lamelleux sont souvent unis , et il paroît même que le premier n'est qu'une altération du second : c'est lui qui forme , dans la lave de Steinheim , cette multitude de points jaunâtres ter- reux qu'on y remarque.
Cette substance blanchit au chalumeau , ne s'y fond point : elle tombe en poussière avec les acides ; elle ne fait pas effer- vescence à froid. La variété compacte fond quelquefois au chalumeau. L'une et l'autre colorent le borax en jaunâtre.
La sphérosidérite doit son nom à sa forme en mamelons sphéroïdes ou radiés, tantôt accolés les uns contre les autres, et tantôt solitaires, (ln.)
SPHiERULlTEouSPHÉRULITE. Werner a donné ce nom à une variété d'obsidienne perlée ou perlstein , qu'on trouve à Glass-Hutte , près Schemnitz, en Hongrie ; à Spechtzhausen , prèsTharand, en Saxe , dans un perlstein ; à Planitz , près Zvvlckau , en Saxe , dans un hornstein ; et dans un pechstein porphyr, en Islande.
Le sphérulite est brune , grise, rougeâlre , d'un jaune ver- dâtre ou Isabelle : elle est en grains arrondis , de la gros- seur d'un pois ; elle n'a point d'éclat , est fragile , compacte ou écailleuse, ou fibreuse, ou radiée ; elle est fusible au cha- lumeau en un verre boursoufllé. Sa pesanteur spécifique est de 2,52 ( sphérulite de (ilass-Hutle), ou de 2,40 (sphérulite de Tharand ).
Cette substance , d'après les localités qu'on lui assigne , apparticndrolt donc aux terrains volcaniques ou à des houil- ières incendiées. Ses grains sont enchâssés dans de Tobsi-
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dienne perlée ou résinoïde , ou dans la rélinite ( le pech- stein porphyr des Allemands); enfin dans des laves pélro- siliceuses , considérées comme des hornsteins par les élèves de Werner. Les rapports qui existent entre la sphérulite et l'obsidienne n'ont pas échappé à Klaprolh. La sphérulite est un vrai perlsiein sans éclat. V. Obsidienne, (ln.)
SPHAGEBRANCHE, Sphagebranchus. Genre de pois- sons de la division des Apodes , établi par Bloch , et qui se rapproche infiniment du genre appelé Céciue par Lacé- pède, et Aptéricthe par Duméril. Son caractère consiste à avoir les ouvertures branchiales à la gorge.
Ce genre renferme deux espèces :1e Sphageeranchecol- LINRRANCHE , Sphagebranchus ros/ratus , dont la tête se ter- mine en pointe , dont le corps a la forme d'un ver, et dont l'anus est à égale distance des deux extrémités. Il a quatre branchies, mais point de nageoires ni d'écaillés. Il paroît que cette privation de nageoire a empêché Lacépède de le placer parmi les poissons ; niais ses branchies ne permettent pas de l'en séparer. Il vient des Indes.
Le Sphagebranche imberbe a été observé par Dela- roche aux îles Baléares , et figuré à la suite de son Mémoire sur les poissons de cette île , imprimé dans les Annales du Muséum, (b.)
SPHAlGNE,5'/)fto^m/m. Genre de plantes cryptogames, de la famille des Mousses, qui offre pour caractères : une urne axillaire ou terminale, presque sessile, dépourvue de coiffe , à opercule court ; une gaîne nulle ou peu visible, et une apophyse assez sensible.
Ce genre, aux dépens duquel le genre Anictangie a été établi, renferme six espèces.
La plus commune est la Sphaigne a larges feuilles, qui croît dans presque tous les marais, quelquefois en masse d'une grande épaisseur , et d'une étendue considérable. Elle se fait remarquer par sa couleur blanchâtre, par ses feuilles très rapprochées et pointues, par ses têtes obtuses, d'où sortent quelques urnes brunes. C'est une des plantes qui concourent le plus activement à former de la tourbe et à éle- ver le sol des marais, et sous ce rapport elle est indirecte- ment d'une grande utilité aux hommes.
Comme elle se reproduit avec une étonnante rapidité, les agriculteurs intelligens , qui habitent les environs des marais, la, ramassent et la font sécher pour l'employer en litière.
On s'en sert en Laponie pour faire des lits , et des mèches de lampes.
C'est la meilleure des mousses dont on puisse faire usage pour emballer les racines des plantes destinées à être en-
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voyées an-delà des mers. 11 ne s'agît que de lui ôter la sura- liondance d'humidilé qui lui est propre. On a sur cet ohjet des expériences très-posiiives. Comme elle se trouve dans toutes les parties du monde, elle est par conséquent très- fréqueuiment à la disposition des botanistes.
Enfin , elle partage toutes les propriétés économiques des autres mousses , même à un plus haut degré ; mais elle a l'in- convénient de se casser facilement lorsqu'elle est sèche , et de se réduire alors en poudre lorsqu'on la froisse. (B.)
SPHAGNUM. Voy. Sphaigne. (desm.)
SPHALEROCARPE , Desv. Sorte de Fruit : la Ba- SELLE et riF en offrent des exemples, (b.)
SPHARAXiS , Spharaxis. Genre de plantes établi pour placer l'IxiE tricolor. Il ne paroîl pas devoir être adopté.
(B.)
SPHASE , Sphasus , Walckenaër. Genre d'arachnides.
V. OXYQPE. (L.~)
SPHÉCODE , Sphecodes. J'ai désigné ainsi un genre d'in- sectes hyménoptères , formé de quelques espèces du genre andrène d'Olivier , de Pauzer et de M. Jurine, et de la di- vision * * a , du genre melitla de M. Kirby. Ce sont des yoro- a/;«7/es pour Degéer, et àes dichroa pourliliger et M. Kliig. Fabricius réunit ces insectes aux nomades.
Les sphecodes appartiennent à notre tribu des andrenètes, et s'éloignent des andrènes proprement dites , en ce que la lan^^uette ne se replie pas en dessus. Sa division intermé- diaire n'est guère plus longue que les deux latérales , presque droite , et sa longueur, en y comprenant celle de la gaîne , ne surpasse pas de beaucoup celle de la tête ; caractères qui distinguent ces insectes des halicles et des nomies. Les an- tennes des mâles sont comme noueuses. Le corps est sim- plement pubescent, noir, avec l'abdomen fauve, soit entiè- rement, soil jusque près du bout. Ces hyménoptères n'ont ainsi que deux couleurs, d'où vient le nom générique de di- chroa qa'IUlger leur a donné. Ils ressemblent à des sphex, et telle est 1 origine de la dénomination de sphécode. Sous le même rapport, ils se rapprochent des nomades.
On les trouve sur les (leurs, sur les bords des chemins, dans les lieux secs et sablonneux, particulièrement en au- tomne. Les femelles vivent peut-être à la manière des no- mades, car leurs pattes sont peu velues ou guère propres à ramasser le pollen des fleurs.
L'espèce la plus commune aux environs de Paris est le
Sphécode RENFLÉ , Sphecodes gibbus ; Nomada glMa , Fab. ;
Tiphia rufii^entris , Panz., Faun. insect. Gcrm.^ fasc. 55, tab. 4-»
cm. Son corps est noir , ponctué , avec le bord des épaules ,
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les jambes el les tarses garnis d'un duvet soyeux d'un gris luisant; les cils obscurs; l'abdomen rouge, son exlre'mité exceptée , et les quatre derniers arlicles des tarses rougeâ- tres. (l.)
SPHÉCOTHÈRE, Sphecothera ,\iem. Genre de l'ordre des oiseaux Sïlvains et de la famille des chanteurs. F. ces mots. Corac/èrcs:Bec épais, glabre et droit à sa base, robuste, entier, convexe en dessus ; mandibule supérieure fléchie vers le bout ; l'inférieure plus courte ; narines orbiculaires , ou- vertes , situées près du front ; langue ; orbites
nues ; les deux premières rémiges les plus longues de toutes , et à peu près égales ; quatre doigts , trois devant , un der- rière ; les extérieurs réunis à leur origine.
Le SpuÉCOTUÈRE vert, Sphccuihera virescens , Vieîll. Cet oiseau , dont on ne connoît encore que la dépouille , s» trouve dans l'Australasie. Il est verdâire sur le dessus du cou , le manteau et sur toutes les parties supérieures ; d'un vert jaunâtre sur les inférieures; noir sur la tête , le bec et les pieds. Sa taille est celle de notre merle. Cx.)
SPHÈGE, Duméril. F.Sphex. (desm.)
SVnEG\MES,Sphegimœ, Latr.Tribu d'insectes de l'ordre des hyménoptères , famille des fouisseurs , distinguée des autres tribus qu'elle comprend par ces caractères : segment antérieur du tronc en forme d'article ou de nœud rétréci en devant ; pattes allongées ; les postérieures une fois plus lon- gues que la tête et le tronc ; antennes filiformes ou légère- ment plus grosses vers le bout, grêles, formées d'articles al- longés, peu serrés, et souvent contournées dans les femelles ; abdomen tenant au corselet par un pédicule très-distinct. Cette tribu se compose de la majeure partie des espèces de la première division du genre sphex de Linnseus.
I. Mandibules dentées au côté interne.
Les genres : Ammophile , Sphex , Prônée , Chloriot^ ,
DOLICHURE.
II. Mandibules sans dents au côté interne.
Les genres : Podie , Pélopée.
Voyez plus particulièrement les articles : sphex , chlorion et pélopée. (l.)
SPHENDAMNOS des Grecs. Plusieurs arbres éloient compris sous cette dénomination. Ils rentroient dans les acer des Latins. Théophraste fait d'abord observer que , de son temps, on en distinguoit tantôt deux espèces, tantôt trois , dont une porloit le nom de sphendamnos ; une seconde , celui de zjgï'a; et une troisième, celui de clinoihrocus , qu'elle devoit sans doute à la forme de son fruit semblable à celle des an-
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ciennes roulettes de lit , ce que rappellent très-bien nos fruits d'érables.
Ensuite, dans un autre passsge , il dit: que le zygîa croît sur les montagnes , que le glinon vient dans les plaines.
Pline indique également plusieurs acer : l'un blanc , à cause de sa couleur blanche , et qu'on nommoit acer gallicum : ce peut êlre le glinon; un second, le meilleur de tous, qui avoit reçu son nom de la ressemblance de disposition entre ses taches à bords vagues el frisés, avec celles de la queue du paon : ce seroit le zygia; enfin, un troisième à nervures fortes pourroit être le cUnotrochos , (Jectirotaria de Gaza.
Les (irecs dislinguoient les espèces de sphendamnos par les lieux où elles croissoient; ainsi il y avoit : celle champêtre à feuilles non crépues , ou le glinon \ celle de montagne , plus crépue et à bois plus dur ; et celle dite ^ys^^i que quelques autres veulent qu'on distingue à part , et qu'ils disent être le carpinus des Latins. Selon C. Bau- hin , on doit considérer les sphendamnos de la manière suivante : le vrai sphendamnos ; le zygia , qui est jaune et crépu; le dinoslrochos ^ qui est jaune et point crépu ; et le glinon , qui est blanc et peu crépu. C'est à nos érables (A.C1GR) qu'on rapporte ces plantes des anciens; mais 11 est bien difficile de fixer les espèces. Uacer campestre est peut- être le sphendamnos proprement dit des Grecs , et leur glinon ; le clinostrochos est sans doute Vacer psmdo-plu'amis. Quant au zygia ^ est-il une variété du m^e arbre, ou Vacer opalus , L. , ou Vacer heferophyllus , Willd. , ou le- charme ? Ces questions resteront long-temps indécises, (ln.)
SPHENE. F. à l'article Titane silicéo-calcaire. (ln.)
SPHENISCUS. Nom donné par Moehring au macareux , et par Brisson , aux manchots, (v.)
SPHÊNISQUE, Nom donné par M. Cuvier (Règne ani- mal) à une division de la famille des plongeurs ou brachyptères , laquelle correspond à une section de mon genre Gorfou. V. ce mot. (v.)
SPHÉNOCARPE,5^/?a!«oca77îf/s. Genre de plantes. Il est le même que le Lagunculaire de Gœrtner. Voyez Man- GLIER. (b.)
SPHENOCLE , Sphenoclea. Genre de plantes établi par Gœrlner , et qui a pour caractères : un calice de cinq folioles arrondies, concaves, persistantes ; une corolle plus petite que le calice et à cinq divisions ; cinq étamines ; un ovaire à style persistant et à stigmate en tête; une capsule inférieure , cunéiforme , comprimée , biloculaire , s'ouvrant tranversa^ lement, et contenant un grand nombre de semences très- petites , attachées à un réceptacle.
La plante qui forme ce gerirç vient ualureUeoient à Gey-
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]*n. EUe est annuelle. Retzius l'a appelée GjERTNÈre , et Lamarck Pongaïi. (b.)
SPHÉNOGYNE, Sphenogyne. Genre établi par R. Brown , pour placer quelques espèces cI'Arctotides qui ont un calice composé d'écaillés élargies et sphacélées à leur som- met ; un stigmate également élargi ; un réceptacle couvert de paillettes distinctes ; des aigrettes écailleuses simples.
Les Arcïotides anthémoïde , crithmoïde, dentée, etc. , servent de type à ce genre, (b.)
SPHÊNORAMPHES. Dum. V. Cunéïrostres. (deiSht.)
SPHERANTHE , Sphœranthus. Genre de plantes de la syngénésie séparée, et de la fannlle des cynarocéphales, dont les caractères consistent: en un calice commun, poly- phylle, court ; en un réceptacle commun , globuleux, hérissé de paillettes et creux ; en plusieurs calices propres, de quatre ou cinq folioles, renfermant au centre deux ou trois fleurons hermaphrodites , stériles , quinquéfides , et à la circonférence cinq à dix fleurons femelles fertiles, subulés, trldentés , à stigmates doubles; en cinq à dix semences sans aigrettes.
Ce genre renferme cinq plantes herbacées , à feuilles al- ternes et à fleurs rapprochées en têtes terminales ou axil- laires , dont la plus connue, la seule qu'on cultive dans les jardins de botanique , est le Sphératsthe de l'Inde qui a les feuilles décurrentes , lancéolées , dentelées , et les pédon- cules crépus. Elle est vivace , et sert, dans son pays natal , à la guérison des maladies de l'estomac. Ses fleurs sont rou- ges et ses feuilles d'un vert noirâtre.
Loureiro cite aussi leSPHÉRAlSTHE DE là CocHlNGHlîtE,quî a les feuilles décurrentes, oblongues, très-entières ; les su- périeures en cœur, ovales, presque sessiles et terminales. Il se trouve à la Chme et à la Cochinchine , où on le regarde comme émollient , rafraîchissant et résolutif , où on l'em- ploie en cataplasme dans les douleurs des mamelles, et où son suc sert à laver les yeux dans les ophthalmies , et à gar- gariser la bouche dans les inflammations de la gorge. (B.)
SPHÈRE DU MONDE. On entend, sous ce nom, Tas- semblage des corps célestes qui composent notre système planétaire , qu'on représente par une machine sphérique , composée des différens cercles , et qui, pour cette raison , est appelée sphère armillaire. Il y a deux sphères de cette espèce , qui sont construites d'après deux systèmes astrono- miques différens : l'une , suivant le système des anciens , qu'on nomme système de Ptolomée , où l'on suppose que la terre est au centre de l'univers , et que le soleil et les pla- nètes font chaque jour une révolution entière autour d'elle (mais CCS mouvemens ne sont qu'apparens ).
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La seconde présente le système astronomique des mo- dernes , connu sous le nom de système de Copernic. Elle offre la véritable position des corps célestes et leurs mouvemens réels. On y voit (pae le soleil occupe le centre du système planétaire , et que la terre et les autres planètes font autour de lui leur révolution dans un espace de temps d'autant plus long , que ces corps sont plus éloignés du soleil , soit parce que l'orbite qu'ils ont à décrire est plus étendue , soit parce que leur marche est plus lente. Wnû Mercure et Vénus, qui sont plus voisins du Soleil que la Terre, et que, pour celte raison l'on nomme planètes inférieures , font en moins de temps que nous leur révolution autour de cet astre. Mer- cure fait la sienne en 88 jours : Vénus en 224 : la Terre en 365.
Les planètes qui sont plus éloignées que nous du Soleil y et qu'on nomme planètes supérieures , emploient dans leur révolution un espace de temps beaucoup plus long que la Terre dans la sienne. Mars y met 687 jours : Jupiter 4.33o : Saturne 10747 '■> enfin Hersckell , qui est la planète la plus éloignée et qui a la marche la plus lente , ne termine sa révolulion que dans un espace de SoSSg jours , ou environ quatre-vingt trois ans. (Dans les nombres ci-dessus j'ai né- gligé les fractions).
J'ai dit que la vitesse de chacun de ces corps étoit pro- portionnée à sa proximité du Soleil : celle de Mercure est par conséquent la plus grande de toutes ; celte planète par- court 49 kilomètres par seconde : Vénus 36 : la Terre 00 : Mars 27 : Jupiter i3 : Saturne c^ : Herscfiell 7 ( le kilomèlie est une mesure de 1000 mètres, ou environ 5i3 toises). Ainsi la Terre, qui parcourt 3o,ooo mètres par seconde, est animée d'un mouvement 70 fois, au moins, plus ra- pide que celui d'un boulet de canon, qui ne parcourt que 4.20 mètres par seconde.
Outre ce mouvement de révolution autour du Soleil, la Terre a son mouvement de rotation sur elle-même , par le- quel les corps qui sont à sa surface décrivent , chaque jour, un cercle entier , qui est d'autant plus grand, que ces corps se trouvent plus voisins de l'équateur. Sous la ligne même, ils parcourent une étendue de 9000 lieues , qui est la circon- férence entière du globe : à mesure qu'on s'éloigne de l'équa- teur , le cercle diminue ; près des pôles , il est fort petit , et sous le pôle même il est luil : un homme qui s'y trouveroit, n'auroit f;iit en 24 heures que tourner sur lui-même, (pat.)
SPHÉRIDIE , Sphœridium , Fab. Genre d'insectes de l'ordre des coléoptères , section des pentamères , famille des palpicornes, tribu des sphéridioles.
p. 4.
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Ces insectes ont été confondus par Linnaeus el Geoffroy avec les dermesles, et par Degéer avec les escarbots ; mais ils sont distingués des uns et des autres par le nombre des ar- ticles de leurs antennes , leur insertion , la grandeur de leurs palpes maxillaires, la lèvre inférieure, et plusieurs autres caractères exposés à l'arlicle palpicornes.
Ils sont bien plus rapprochés des hydrophiles, des sper- chés, etc.; mais, outre qu'ils ne vivent point dans l'eau, ils s'en éloignent à raison de leurs tarses , de leurs mâchoires et delà grandeur du second article de leurs palpes maxillaires. F. V arlich sphéridiofes. Quelques mâles ont , comme certains hydrophiles, le dernier article de leurs tarses antérieurs di- laté. Ces insectes se nourrissent pour la plupart de fientes d'animaux , de bouses particulièrement , sont de petite ^aille, d'une forme presque hémisphérique , noirs et luisans. Les léïodes et les phalacres ont , sous ces derniers rapports, de la ressemblance avec eux , et avoient même été d'abord pla- cés dans le même genre ; mais ils en sont très-distingués par le nombre des articles de leurs tarses.
L'espèce la plus grande de nos environs est le Sphéridie SCARABÉOÏDE , Sphœiidium scarahœoides , pi. P. i4. Ï2 de cet Ouvrage. C'est le dermesie scarabœoide de Linnaeus , et Yescarùul d'écaillé de Degéer. Il est hémisphérico-ovoïde , d'un noir luisant, lisse, avec l'écusson allongé, les pattes trcs-épincuses , une tache rouge à la base de chaque élytre, et leur extrémité jaunâtre. Les sphéridies bipustulé et mar- giné d'Olivier n'en sont peut-être que des variétés. Geof- froy a décrit la dernière espèce sous le nom de dermssie jayel.
Le Sphéridie unipotsctué , Sphœridium unîpunclalum, dont le corps est plus oblong , d'un noir luisant , avec les côtés du corselet, les élytres el les pieds jaunâtres, a été mis par Linnseus et Degéer dans le genre scarabée (^squisqiiilius). La femelle a une tache noire, en forme de cœur, à la suture des élytres.
Cette espèce est très petite, (l.)
SPHERIDIOTES, Sphœndwla. Tribu d'insectes coléop- tères , famille des palpicornes , distinguée des hydrophiliens , autre tribu de celte famille , par les caractères suivans : pattes simplement ambulatoires et point propres h. la nata- tion ; tous les tarses à cinq articles , et dont le premier aussi long au moins que le second; division des mâchoires mem- braneuse -, second article des palpes maxillaires le plus grand et enflé ; corps presque hémisphérique ; jambes épi- neuses ; insectes coprophages. Cette tribu est composée du genre Sphéridie, (l.)
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SPHÉRIE , Spheria. Genre de plantes de la famille des champignons (des hypoxyles , selon Decandolle). Il offre pour caraclères : un réceptacle composé de cavités arron- dies , remplies d'une substance gélatineuse où sont noyés des bourgeons séminiformes.
Les espèces da ce genre , qui sont au nombre de deux cents et plus, vivent sous l'épiderme de Técorce des plantes , et nuisent à leur croissance lorsqu'elles sont très -multipliées : elles avoient été placées parmi les Vesse-loup et les Cla- vaires par Linnaeus ; BuUiard en a décrit plusieurs sous le nom de Variolaire et d'HvpoxYLON. Elles se divisent en SpnÉRlES:i.''do» t/e* loges séminalcj sont insérées sur un réceptacle allongé , charnu ou subéreu.v ; 2.° dont les loges séminales sont insérées sur un réceptacle plane , étalé , plus ou moins apparent ; 3.0 dont les loges séminales sont connii^entes ou rapprochées en fais- ceau, mais sans réceptacle commun apparent ; 4-° dont les loges séminales sont distinctei et sans réceptacle commun.
Les genrv-s Kyla:us , Pokonie, rÎYi'OXYLONî Circitsa-
RIE, EfISTROME, C^RATOSTOME, PuYLLOSTlCTE , AîSTEN-
KARIE , Cypiialion , OUI ée éiabiis à ses dépens.
Un grand nombre de sphéries sont figurées dans les Actes de l'Acadénic d'Upsal , année 1816, et dans l'ouvrage de Bernardi , sur les plantes de Sicile.
Les sphéries se font remarquer, principalement en au- tomne , comme de petites tncbes blanches, jaunes, rouges, noires , quebfuefois successiveuienl de toutes ces couleurs. On en détermine fort difficilement les espèces à raison du petit nombre de caractères dont elles sont pourvues, et en ce qu'elles ne les montrent qu'à l'époque de leur maturité. Elles ont été figurées par Tood, Peisoon et BuUiard.
Une espèce de ce genre , d'après l'observation de Palisot- de-Beauvois , nuit beaucoup à la végétation de I'^gnon es jarli ns. (b.)
SPHÉRITE, 5/?/ïa5'/fe5. Tel est le nom que le docteur Duftfchmid a donné, dans sa Faune d'Autriche , à un genre d'insectes coléoptères, ayant pour type Vhister glahratus de Fabricius. M. Fischer , dans les Mémoires des naturalistes de Moscou , avolt établi la même coupe générique , sous la dénomination àe sarapus. Les spbérites diffèrent en effet des escarbots et des hololeptes en ce que leurs antennes ne sont point coudées; que leurs patles ne sont point contractiles, et que leur avant-sternum n'est point dilaté. Ils semblent faire le passage de ces insectes aux nécrophores , aux bou- cliers et aux autres genres de la tribu des pcltoïdes ; mais ils en sont distingués par la massue de leurs antennes , dont les articles; au noiubre de trais, sont si serrés, qu'elle paroît
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êlre solide ou d'une seule pièce. La parlie anlérieure <le la tête est rétrécie et avancée; les mandibules sont fortes, cro- chues et très-pointues au bout , avec deux dentelures au côté interne ; le dernier article des palpes est un peu plus grand, que les précédens , presque ovoïde ; le corps est presque carré; les jambes sont épineuses. L'insecte, d'après lequel ce genre a été établi, est d'un noir bronzé, luisant, avec des points disposés en lignes sur les élytres. 11 se trouve en Suède et en Allemagne, (l.)
SPHEROBOLE, SpJiœrobolus. Genre de plantes cryp- togames de la famille des Champignons , dont les caractères consistent en une fongosilé sessile , globuleuse, concave , s'ouvrant en étoile avec élasticité , et lançant une capsule glo- buleuse , remplie de semences.
Une espèce de ce genre est figurée pi. 896 dti Flora danica , sous le nom de lyroperdon carpoboliis, et une seconde , qui est la Vesse-lodp radiée de Linnseus, l'est sous le nom de sphé- robole rosarée , dans VHistoire des Champignons du Mecklem- hoxug , Cette dernière constitue le genre de Stictis de Per- soon. (b.)
SPHÉROCARPE,5/,;i(K/ocar;oH5. Genre de plantes établi par Koenig, dans la monandrie monogynie. 11 a pour carac- tères : une corolle irrégulière, divisée en cinq parties; une étamine ; un ovaire surmonté d'un style ; une capsule globu- leuse , sillonnée , rugueuse et polysperme. (b.)
SPHERO CARPE, Sphœrocarpus. Schwaegrichen , dans un prodrome sur la famille des Hépatiques , donne ce nom à un autre genre de plantes fort voisin des Targiones , établi sur une seule espèce , observée d'abord par Micheli dans les montagnes deJl'Italie. Il offre pour caractères : vésicule globuleuse ; calice cylindrique d'une seule pièce perforée à son sommet, (b.)
SPHÉRO CARPE , Sphœrocarpus. Genre de plantes cryptogames de la famille des Champignons , dont les ca- ractères sont : d'avoir d'abord un péricarpe charnu , qui de- vient ensuite très- friable , s'entr'ouvre irrégulièrement, et laisse sortir des semences qui ctoient insérées sur des filamens.
Ce genre a été établi par BuUiard , et appelé siemonilis. par Persoon. Il est composé de petits champignons globu- leux ou turbines, qui naissant ordinairement plusieurs en- semble sur une base membraneuse, el sont presque toujours pédicellés. C'est sur les arbres morts , sur les débris de végétaux qu'il faut en chercher presque exclusivement les espèces. Il est extrêmement voisin des Capillines , avec lesquelles Lamarck l'a même réuni ; mais jamais les sphc-
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rocarpes ne sont, dans leur adolescence, d'une consistance mollasse comme les capillines , ce qui paroît suffisant pour les dislinguer. Schrader a fait à ses dépens les genres Di- DYMiE , LicÉE, Cribraire et DiCTYDiE. On en compte «me cinquantaine d'espèces en Europe, dont dix-sept se trouvent aux environs de Paris.
Parmi ces dernières on doit principalement remarquer :
La Spiiérocxkpe scarlatine , qui est d'un pourpre écar- late , dont le pédicule est cylindrique , très-simple , et le péricarpe globuleux. Elle se trouve au printemps sur le bois pourri , sur les vieilles souches , où elle forme de petits amas d'un beau rouge : elle a au plus une ligne de haut ; elle s'ou- vre parle milieu, comme une boîte à savonnette, et larsque ses semences et le réseau qui les soutenoit sont disparus, elle ressemble à une petite pezize.
La SPHÉaoCARPE a toupet a les pédicules épais et sou- vent ramifiés , le péricarpe globuleux , d'un jaune de bistre. Elle se trouve sur les vieilles souches pendant presque toute l'année. Son péricarpe s'ouvre en une déchirure latérale , par laquelle sort une partie du réseau qui donne attache aux semences.
La Spuérocaupe ficoïde est à peine pédicellée , son pé- ricarpe est pyriforme et brunâtre , ainsi que ses semences. Elle se trouve sur les vieilles écorces. Elle a à peine une ligne de haut.
i-,a Sphérogarpe chysosperme est souvent sessile ; son péricarpe est presque globuleux, ventru en dessus et jaune, ainsi que ses semences. Elle se trouve sur les écorces des arbres morts , et varie dans sa couleur.
La Spiiérocarpe sessile est orbiculajfe , d'un brun noi- râtre en dehors , jaune en dedans. Elle n'a pas de base mem- braneuse comme les autres espèces.
La Sphérocarpe globulifère a le péricarpe orbiculaire ; les semences d'un brun-noir, et parmi elles des globules vésiculeux d'une autre couleur. Elle se trouve sur les petites branches d'arbres depuis long-temps tombées.
La Sphérocarpe verte a le pédicule très- long ; le péri- carpe sphérique , ombiliqué , granuleux , verdàtre , et les semences brunes. Elle se trouve sur les vieilles souches, au printemps.
La Sphérocarpe capsulifè^e a son péricarpe fort gros, presque sessile , ovoïde , bleuâtre. Elle n'a que quelques libres tendues d'une paroi à l'autre. Ses semences sont agglo- mérées plusieurs ensemble. Elle se trouve sur les vieilles souches.
La Sphérocarpe cylindrique est sessile, a les péricarpes
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cylindriques , allongés et ferrugineux. Elle se trouve sur les vieilles souches.
La Sphérocarpe fragiforme est sessile. Son péricarpe est en massue , d'abord d'un rouge vif, ensuite d'un brun ferrugineux. Elle se trouve sur les vieilles souches.
La Sphérocarpe floriforme est presque coriace , a les pédicules fort longs ; les péricarpes jaunâtres , d'abord glo- buleux et ensuite ouverts en étoile. On la trouve toute l'année sur les vieilles souches. C'est une très-jolie espèce.
SPHÉROCEPHALE, Sphœrocephalus. Plante à feuilles sesslles , imbriquées et à fleurs en tête , qui seule constitue un genre dans la syngénésie égale et dans la famille des com- posées bilabiées.
Les caractères de ce genre sont : calice double ; l'extérieur composé de cinq folioles courtes , linéaires ; l'intérieur de folioles ovales , rapprochées; cinq fleurons bilabiés : aigrette de quatre ou cinq soies blanches , caduques ; réceptacle nu.
Ce genre , qui ne diffère pas de celui appelé Caloptition, se rapproche des Pérexies et des Ethulies. (b.)
SPHEROCERE , Sphœrocera^ Lalr. Genre d'insectes de l'ordre des diptères, famille des athéricères , tribu des mus- cides , ayant pour caractères : corps oblong , déprimé ; ba- lanciers découverts ; ailes couchées sur le corps ; tête presque globuleuse ; antennes très-courtes , rapprochées , saillantes , dont le troisième article , ou la palette , plus large que long, demi-orbiculaire , avec une soie à la-base ; trompe épaisse ; pattes postérieures grandes et arquées en dehors.
Je soupçonne que ce genre est le même que celui de bor- borus de M. Meigen. On trouye très - communément , sur le fumier , l'espèce suivante :
Sphérocère curvipède, Sphœrocera curnpes, Musca gros- si'pes, Linn. Elle est d'un noir obscur, avec les pattes d'un fauve livide, ayant les tarses noirs ; les cuisses postérieures sont grandes, arquées, de même que les jambes qui sont ter- minées par un crochet; le premier article des tarses posté- rieurs est renflé ; les nervures des ailes sont brunâtres, (l.)
SPHÉROCOQUE, Sphœrococcus , Slakh. Genre de plantes de la famille des algues , troisième tribu ou section , les FucÉES, ayant une substance membraneuse , coriace , plus ou moins ramifiée , tantôt plane , tantôt cylindrique , et une fructification extérieure et apparente.
Les sphérocoques ont, comme les CÉRAMlNOS, une fructifi- cation arrondie ou ovale portée aux extrémités des rameaux ou axillalres ; mais elles en diffèrent par la nature de leur substance entière , ni articulée , ni cloisonnée, (p.b)
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SPHEROÏDE , Sphéroïdes. Genre de poissons e'tabli par Lacépède dans la division des Branch[ostèges , dont les caractères consislent : à n'avoir point de nageoires dorsale, caudale et anale , et d'avoir quatre dents au moins à la mâ- choire supérieure.
Ce genre est fort voisin des DiODONS et des Ovoïdes. (F, ces mots). Il ne renferme qu'une espèce que sa forme globu- leuse rend fort remarquable. Lacépède l'a appelé le Sphé- roïde TUBERCULEUX , parce que son corps est couvert de petits tubercules dans les deux tiers de son étendue. Il n'y a que les environs de la tête indiquée par deux saillies sur les- quelles sont les yeux , qui en soient privés. Ses narines sont simples ; sa bouche placée inférieurement est assez grande , et n'a que deux dents à la mâchoire inférieure ; deux na- geoires pectorales sont les seuls moyens de mouvement de ce singulier poisson , que Plumier a observé dans les mers d'A- mérique, qui est figuré pi. P. 28. (b.)
SPHÉROLOBE , Sphœrolobium. Genre de plantes établi par Smith dans ses Décades des papilionacées , et confirmé par Labillardière dans ses Plantes de la Nouvelle-Hollande. Il est de la décandrie monogynie et de la famille des légumi- neuses. Ses caractères consistent : en un calice à cinq divi- sions irrégulières-, en une corolle papilionacée ; en un ovaire supérieur , surmonté d'un stigmate cariné et latéralement membraneux ; en un légume pédicellé , obrond et mono- sperme. F. pi. i38 du dernier ouvrage précité , et la pi. 969 du Boianical magazine de Curtis. Une seule espèce le compose , et nous la cultivons dans nos orangeries. (B.)
SPHÉROME, Sphœroma^ Latr,, Riss., Léach. ; Oniscus, Pall. ; Cymothoa , Fab. (ienre de crustacés , de l'ordre des isopodes , famille des ptérygibranches, ayant pour carac- tères : quatre antennes , insérées et rapprochées par paires sur le front , composées d'un pédoncule et d'une tige sétacée , multiarliculée ; les deux supérieures plus courtes; leur pé- doncule formé de trois articles, dont les deux premiers beau- coup plus épais ; pédoncule des inférieures de quatre arti- cles ; pieds-mâchoires extérieurs en forme de palpes sétacés,; rapprochés à leur base , divergens ensuite, ciliés au côté in- terne , et de cinq articles distincts ; corps ovale , convexe en dessus , voûté en dessus, se contractant en boule, en repliant et rapprochant, en dessous,ses deux extrémités, composé d'une têteetdeneufsegmenstous transversaux, à l'exception au plus du dernier ; les sept antérieurs composant le tronc et portant chacun une paire de pattes , toutes terminées par un petit onglet et sous lequel est ordinairement une petite dent; le premier segment fortement échancré en devant poiir recc-
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voir la tête ; le huitième marqué , de chaque côte', de deux lignes enfoncées ; incisions ébauchées , transverses , paral- lèles , plus ou moins allongées; le dernier segment fixé au précédent par deux espèces de gynglymes, grand, arrondi, tronqué obliquement de chaque côté, convexe en dessus, très -voûté en dessous, renfermant , dans sa cavité , des bran- chies molles ; dessous des deux derniers anneaux recouvert de deux rangées longitudinales d'écaillés imbriquées, for- mées d'un pédicule ou d'un support attaché transversale- ment, et d'une lame ovale ou triangulaire , très-cîKée sur les bords ; un appendice en forme de nageoire, de chaque côté du dernier segment , inséré à l'angle extérieur de sa base , et composé de trois articles ; le radical petit , tuber- culiforme ; le second dilaté au côté interne en manière de lame ou de feuillet, ovale ou elliptique ; le troisième, le plus souvent aussi en forme de feuillet et composant , avec le précédent , une sorte de nageoire.
Les caractères que je viens d'exposer conviennent non- seulement au genre sphérome, tel que M. Léach Ta restreint, mais encore à ceux qu'il en a démembrés , et qu'il a nommés: campecopea , nœsa , r.ymodice et dynamène. La forme du pro- longement interne du second article des appendices latéraux du derni^^r segment, et celle de leur dernier article, varient un peu , ainsi que leur direction ; mais la composition de ces appendices est essentiellement la même ; et c'est ce que M. Léach n'a pas assez exactement observé , du moins relative- ment aux campécopées et aux nœses. Le genre sphérome, en lui donnant la plus grande latitude , ne comprend qu'un petit nombre d'espèces ; dès lors il n'est pas nécessaire de profi- ter de quelques différences , peu importantes , pour le ré- duire ; on peut d'ailleurs atteindre le même but, d'une ma- nière plus simple , en y formant des sections. Les caractères de celles que je vais présenter , sont établis sur des observa- tions nouvelles.
Il me paroît certain queles cymothoés et les sphéromes doivent , à raison de la composition de leurs antennes, de la forme de leurs pieds-mâchoires, de leurs appendicesnatatoires et de leurs branchies, être placés à la tête des ptérigybran- ches. Ils sont, de tous les crustacés de cette famille , les plus rapprochés des amphipodes. La mer est leur unique habita- tion ; selon M. Risso , ils sont presque toujours réunis en grande troupe; se tiennent, pour la plupart, au fond de l'eau, et se portent en foule sur les différens êtres marins , dont ils veulent faire leur proie ; ils marchent et nagent avec dextérité , et servent de nourriture aux spares et à d'autres poissons.
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Le spJièrome cendré est toujours caché sous les pierres ou sous les plantes amoncelées par les flols , sur le rivage , et se soustrait ainsi à l'influence de la lumière et à celle de l'eau. L'espère qu'il nomme iri^one ne se plaît qu'à l'ombre des Jilves et des fucus , qui croissent à quelques mètres loin des baies.
Le sphérvme épineux se cramponne sur les zostères et s'a- vance très-rarement sur le rivage, t^ne aulre espèce , qu'il a dédiée à l'un de nos amis communs , M. Lesueur , habile sous 1^ cailloux roulés du golfe de Nice. Ce dernier natura- liste a recueilli, dans son voyage à la Nouvelle-Hollande , plusieurs nouvelles espèces de ce genre, et particulièrement de la division correspondante aux campécopées de M. Léacb. Il est probable que ces crustacés se trouvent dans toutes les mers; mais on a négligé leur étude. Ils sont généralement de la taille des cloportes, et d'une couleur, tantôt jaunâtre ou roussâtre, tantôt d'un gris verdâlre, uniforme.
I. -appendices latéraux du dernier segment du corps terminés par deux feuillets , en manière de nageoires; milieu du èord postérieur de ee segment sans appendices lamelliformes.
A. Bord poslerieur du dernier scfjmcnt entier on sans echancnire; les deux feuillets de ses appendices late'raux ( toujours presque semblables , et dont l'interne couvre j'exie'iieiir ou le desnier article) courbes en dedans, appliqués sur les côtés de ce segment et paroissant se confondre avec lui.
Les SphéROMES , Sphœroma , de M, Léach.
SphÉROME cendré, Sphœroma cinerea ^ Latr. , Riss. ; Oniscus globator ^ Pall. , Spicil. ZooL , fasc. 9, tab. 4, fig- 18. J^essus du corps entièrement lisse; feuillets des appendices latéraux et postérieurs elliptiques , aigus ; bord externe des extérieurs dentelé en scie. Dans toutes nos mers.
M. Léach a décrit deux autres espèces : le S. A queue raboteuse {rugkauda) , dont le dernier segment est un peu ridé , avec les feuillets extérieurs de ses appendices à peine dentés; le S. de Hooker {^Hookeri) , où le même segment présente deux tubercules. La précédente paroît être très-voisine de celle que M. Risso nomme tiigone.
B Bord postérieur du dernier segment écbancré ; les deux feuillets de SCS appendices latéraux, ou l'extérieur au moins, droits ou dirigés en arrière dans le sens de la longueur du corps.
* Prolongement lamelliforme interne du second article des appen- dices latéraux du dernier segment courbé en dedans, et formant au bord post'Jrieur de ce segment un dcmi-rintre. Le sixième segment (quelquefois plus grand) ou le septième cornu.
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Les Njeses , Nœsa ^ de M. Léacli.
'** Les deux feuillets des appendices late'raux du dernier segment presque droits, ou légèrement courbe's en dedans. f Le feuillet extérieur des appendices late'raux du dernier seg- ment, ou son troisiènie article plus grand et plus épais que le feuillet interne, et le recevant dans une cavité de sa face in- terne.
Les Campécopées , Campecopœa , de M. Léach. La C. HÉRISSÉE , hirsnta , de M. Léach , est la sphéromé épineuse de M. Risso , pL 3 , fig. \l^..
■\-\ Lesdeuxfeuiilefsdes appendices late'raux du dernier segment presque semblables; celui qui est formé par Je prolongement du second article recouvrant l'autre, ou le dernier article. Les D-k'KAMÈNF.s, Dynamene ^ de M. Léach, La Spherome Lesleur , de M. Kisso, paroxt être de celle division.
1 1 Prolongement interne du second article des appendices latéraux du dernier segment et leur troisième article peu comprimés , point folia- cés; un appendice en forme de lame, dans réchancrure du milieu du bord postérieur de ce segment .
Les Cymodices , Cymodice, de M. Léach, Je n'ai vu aucune espèce de celte divison. (l.) SPHERONEI^IA ou SPHAEUONEMA , Sphœronema. Genre de plantes établi par le docteur Frics , dans la famille des champignons : il se compose des espèces de Sph^rie» quigoni globuleuses. (P.R.)
SPHEROPHORE, Spherophorus. Genre de plantes cryptogames, de la famille des Algues, établi par Acharius aux dépens des Lichens de Linnœus. 11 présente pour ca- ractères : des tubercules lerminaux, arrondis, remplis d'une poussière noirâtre , se déchirant ensuite , et devenant con- caves après le dégagement de la poussière ; des tiges solides , roides, cartilagineuses, lisses, fragiles, ramiliées en forme d'arbusle.
Ce genre a pour type les Lichens globifère et fragile de Linnœus , et prend des espèces dans le genre Ïuamnion de Ventenal. (b.)
SPHEROPTERE, Sphœropteris. Nom donné au genre établi par Forster, sous celui de Cyathée, sur le Polypode médullaire, (b.)
SPHEROSIDERITE. V. Sph^erosidérite. (ln.) SPHERULES. Organes qui contiennent les Rourgegns sÉMiNiFORMES dans les Hypoxylées : ils sont ou oblongs , ou arrondis , ou sphériques. Ils s'ouvrent par le déchirement de leur sommet. V. Fruit, (b.)
SPHERULITE. Lamélheric, Journal de physique, bru- maire an 14 , a décrit et figuré sous ce nom une Radiolite
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d'une beauté rare , qu'il possédait, qui est maintenant dans la collection de M. de Drée, et qui est la seule, jusqu'à pré- sent , connue , dont les deux valves se séparent. Il paroît que cette radiolile éloit fixée par le milieu de sa grande valve, soit au moyen du test même, soit par l'intermédiaire d'un muscle analogue à celui des Térébratules. Je penche pour cette dernière idée, qui étoit probablement colle de Bruguières, puisqu'il a placé les radiolites à côté des térébratules.
On distingue dans la valve inférieure de la coquille de Lamétherie , un corps agatisé, comme le reste de la co- quille, mais entouré de terre calcaire; et ce corps a deux digitations dont l'une est plus courbée que l'autre , ce qui in- dique qu'elles appartennoient à un corps mou, à l'animal mê- me delà coqullle.Au reste, ou ne peut rien dire de plus surces corps, que ce que Lamétherie en a publié. V. Radiolite. (b.)
SPHEX, Sphex. Genre d'insectes de l'ordre des hyménop- tères, famille des fouisseurs, tribu des sphégimes, et distingué des autres genres de cette division par les caractères suivans : mandibules dentées au côté interne ; antennes insérées vers le milieu de la face de la tête ; mâchoires et lèvre guère plus longues que la tête , et fléchies seulement vers leur extrémité ; articles des palpes maxillaires presque tous allongés et obco- niques.
Le nom de sphex ^ selon l'opinion la plus généralement admise , fut donné par les auteurs grecs à une sorte de guêpe. Pline en distingue une par le surnom à^ichneumon. Celle-ci fait la guerre aux phalanges , les tue , les emporte dans son nid , placé dans un mur ou quelque corps percé d'un trou, et enduit de boue le nid qui doit servir de berceau à sa postérité. De semblables habitudes ne peuvent convenir qu'aux insectes du ^enre pélopée et à quelques autres espèces analogues, nommées par Réaumur guêpes-ichneumons. C'est à ces hyménoptères et à tous ceux du même ordre approvisionnant leurs petits de divers insectes dont ils se sont emparés et qu'ils ont trans- portés , après les avoir percés de leur aiguillon , dans leurs nids , que Linnseus applique le nom générique de sphex. Cette coupe embrasse notre famille d'hyménoptères fouis- seurs et quelques autres insectes de la famille des pupivores. Elle ne fut point adoptée par (xeoffroy. Quelques espèces furent réunies aux ichneumons ; les autres devinrent des guêpes. Plus judicieux, Degéer rétablit le genre spJiex avec sa dénomination française deguêpe-ichncumon. Cette coupe, telle que Linnœus l'avoit composée, renfermoit des insectes très-disparates. Il étoit donc nécessaire de l'élaguer en éta- blissant de nouveaux genres; et telle fut l'entreprise de Fa- bricius. Profilant de ses travaux et de ceux de M. Kirby, j'ai
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porté plus loin la réforme, et le genre spheK est maintenant très-simplifié. Si Ton veut connoître ces divers changemens, on consultera l'article /ou/s5eur5 et tous les autres qui en dé- pendent. Nous observerons seulement que, d'après M. Kirby, nous désignons sous le nom à' ammophiles les insectes appelés sphex par Fabricius , et que ceux auxquels nous avons ré- servé cette dernière dénomination sont les pepsis de cet au- teur, dont l'abdomen est pédicule. Ces hyménoptères ont d'ailleurs la même forme générale et les mêmes habitudes; aussi M. Jurine les réunit-il avec les pèlopées , dans son genre sphex.
Les insectes que je nomme ainsi ont le corps étroit et plus ou moins long ; les antennes un peu plus courtes que le cor- selet, filiformes, et qui se contournent souvent, les articles étant menus et n'étant pas très-serrés les uns contre les au- tres, comme dans les abeilles; la tête transversale, un peu plus large que le corselet , ou du moins de sa largeur , avec la face antérieure jusqu'aux mandibules plane , couverte sou- vent d'un duvet soyeux et brillant ; les yeux ovales et entiers ; les trois petits yeux lisses , placés en triangle sur le vertex ; le corselet ovale , rétréci aux deux bouts , à l'antérieur sur- tout , ce qui rend le cou plus distinct ; une cellule radiale et trois cellules cubitales aux ailes supérieures, avec deux nervures récurrentes, dont la première s'insère sous la se- conde de ces cellules cubitales, et dont l'autre est reçue par la cellule cubitale suivante ; l'abdomen ovalaire , tenant tou- jours au corselet par un pédicule brusque , et renfermant à son extrémité un aiguillon conique un peu arqué , très-acéré à sa pointe , ayant une espèce d'étui formé de deux demi- fourreaux , et qui fait des piqûres très-sensibles ; les pattes sont menues, mais longues; les tarses sont allongés; ces tarses ont quelques petites épines , et sont terminés par deux crochets simples, avec une pelote au milieu.
Les sphex, en état parfait, ne vivent que du suc mielleux des fleurs; ils se plaisent dans les lieux secs, sablonneux et exposés au soleil , parce qu'ils y ont plus de facilité pour creuser les nids de leurs petits, et que ces terrains sont plus favorables à la conservation de leur postérité. Ils volent avec agilité , et se posent de distance en distance pour chercher l'emplacement où ils veulent nidifier. On leur entend pro- duire de temps à autre un petit bourdonnement qui semble être le signe de quelque affection particulière.
L'insecte se sert de sa bouche et de ses pattes pour creuser la terre; il emporte avec ses dents les grains de sable, les petites mottes de terre qu'il détache , les jette à quelque dis- tance , et puis rentre de nouveau dans le trou commencé. I!
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écarte et jette ces «le'combres en arrière ; ses pattes posté- rieures sont alors dans un mouvement continuel; on croiroit voir une poule qui gratte et dissémine la terre avec ses pieds. Le sphex parvient ainsi, à force de peines, à pratiquer une ga- lerie de queiques pouces de profondeur, et dont la direction est oblique à la surface du terrain. On peut jouir facilement, à la promenade , du spectacle de l'industrie de ces insectes » les bords des chemins étant les lieux qu'ils fréquentent da- vantage. La retraite où le sphex doit cacher le germe de sa postérité étant prête, Tinsecte va chercher une chenille ou quelque autre insecte, qu'il tue avec son dard meurtrier, l'en- traîne à différentes pauses au bord du trou, l'y fait entrer, y pond un œuf, et bouche le terrier avec de la terre et les différens corps qui sont à sa portée.
Sphex de Pensylvanie, Sphex pensyhanica ^ Linn.; Pepsis pensylvanica , Fab. 11 a environ quinze ligues de long ; tout le corps et les pattes d'un noir fonce ; l'abdomen ovale , pointu à l'extrémité , attaché au corselet par un pétiole court ; les ailes d'un violet foncé, luisant , brunes à rexlrcmilé.
On le trouve en Pensylvanie.
La femelle creuse , dans les flancs escarpés d'un banc de terre grasse , un trou horizontal, y ensevelit une grosse sau- terelle verte , dépose un œuf, revient chercher deux autres sauterelles, et bouche ensuite le trou. La larve venant à éclore, se nourrit des provisions qu'on lui a préparées.
Cet insecte prend avec beaucoup d'adresse ces sauterelles , les pique, mais de manière cependant qu'elles puissent vivre encore quelques jours, afin que la larve ne les trouve pas cor- rompues à sa naissance. On a retiré les trois sauterelles vi- vantes du nid ; mais elles avoient perdu leur agilité ; elles moururent un ou deux jours après avoir été exposées à l'air. La piqûre de ce sphex est douloureuse ; mais elle ne fait pas enfler la chair comme celle des guêpes et des abeilles.
Le midi de la France offre une espèce de la division du précédent :
Le Sphex a ailes jaunâtres, Pepsis jîaoipenuls , Fab. îl est noir, avec les mandibules, le point calleux de l'origine des ailes, les tarses, les jambes antérieures et même les autres, fauves; les ailes sont jaunâtres avec l'extrémité noire.
M. Jurine a donné une excellente figure de cette espèce , dans son ouvrage sur les hyménoptères, pi. 8.
Le Sphex du sable, représenté ici, pi, P 24, 3, et le Sphex des chemins, de la première édition de ce Diction- naire, appartiennent au genre ammoplnlc.
On rapportera àceluide/je/o/JceleSPHEX azuré de la même édition. V. ces articles, (l.)
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SPHINCTERULE , Sphincterules. Genre de Coquilles établi par Denys-de-Montfort. Ses caractères s'expriment ainsi: coquille libre , univalve, cloisonnée, en disque et con- tournée en spirale ; mamelonnée sur les deux centres ; le dernier tour de spire renfermant tous les autres ; dos ar- rondi , caréné , armé ; ouverture évasée , recouverte par un diaphragme percé de trois trous , disposés en triangle à Tan- gle extérieur , ainsi que d'une rimule au centre , dont la fente se prolonge vers le retour de la spire qui est reçu dans le milieu du diaphragme.
La seule espèce qui compose ce genre se trouve en abon- dance sur les côtes de Maroc. Sa largeur ne s'étend pas au- delà d'une ligne. Elle est fort remarquable par ses côtes et les trous ainsi que la rimule de son ouverture, (b.)
SPHINGIDES, Sphingides, Latr. Tribu d'insectes , de l'ordre des^lépidoptères , famille des crépusculaires, ayant pour caractères : palpes inférieurs vus en devant, larges , couverts d'écaillés très-nombreuses ; le troisième article , ou le dernier , généralement peu distinct ; antennes en mas- sue prismatique ( toujours terminées par une petite houppe ).
Les chenilles ont toujours seize pattes ; leur forme est cy- lindrique ou presque conique ; l'extrémité postérieure de leur corps a souvent une espèce de corne. Elles vivent de feuilles , «t s'enfoncent dans la terre pour subir leurs métamorphoses. Les chrysalides , d'une forme conique, ont leur enveloppe unie. Leurs coques ne consistent souvent que dans des grains de terre , ou quelques parties sèches de végétaux liés avec uu peu de soie. L'insecte parfait éclôt , pour un petit nombre d'espèces, un ou deux mois après que la chenille s'est renfer- mée dans sa coque ; le plus souvent il ne paroit que six a neuf mois après : il a passé l'hiver sous l'état de chrysalide.
Cette l ibu est composée des genres : CastjSIE, Sphinx et Smérinthe. (l.)
SPHINGION , de Pline. Il paroît que c'est un singe du genre Babouin. V. à ce mot, Xa papion proprement dit. (desm.)
SPHINX. Pline a donné ce nom, de même que celui de sphingion, au papion, ou hahoidn proprement dit. L,cs zoologistes méthodistes ont fait de ce mot grec la dénomination spécifi- que de cette espèce de singes. V. BABOUl^. (s.)
SPHINX, Sphinx. Genre d'insectes de l'ordre des lépi- doptères , famille des crépusculaires, tribu des sphingides , distingué des autres genres de cette division par les caractères suivans : palpes inférieurs n'offrant que deux articles bien apparens (le troisième très -petit), contigus , paroissant épais, à raison des écailles qui les recouvrent; massue des antennes commen«^ant près de leur milieu, simple ou n'ayan i
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au plus que des stries iransverses, barbues , jamais forlemenl dentées en scie ; une langue cornée et très-distincte-
Les sphinx ont le corps gros , fort; les yeux grands; les ailes presque horizontales, formant un triangle avec le corps; Tabdomen conique; les pattes grosses, avec deux crochets simples au bout des tarses.
Ces insectes sont fort beaux, leurs ailes étant ornées des couleurs les plus vives et les plus agréablement variées, Quoi- qu'en général ils soient assez gros, ils volent avec plus de lé- gèreté que les bombijo, et ils se décèlent par le bruit qu'ils font entendre. Au coucher du soleil, ils vont prendre un peu de nourriture sur les fleurs; ils passent de l'une à l'autre avec rapidité, pompent les sucs qu'elles contiennent en dardant leur longue trompe, et voltigent autour de ces fleurs sans se poser dessus.
L'accouplement de ces insectes n'offre rien de, particulier. Les mâles finissent leur carrière avec relie de leurs plaisirs. Les femelles font un assez grand nombre d'œufs, les placent sur les plantes qui doivent nourrir les chenilles qui en sor- tiront, et périssent.
Ces chenilles ont seize pattes; leur peau lisse ou chagrinée est sans poils; les unes ont la tête arrondie ; les autres l'ont aplatie en devant, et terminée en pointe aiguë à sa parlie supé- rieure. Ce que presque toutes ont de plus remarquable, c'est une espèce de corne assez longue, dure, recourbée , placée sur le onzième anneau , et dont on ignore l'usage. Parmi les chenilles, on distingue celle qui vit sur le troène et le lilas , dont l'attitude est souvent très-singulière ; elle se tient le plus ordinairement sur une branche qu'elle serre avec ses pattes membraneuses , ayant le devant du corps élevé perpendicu- lairement et la tête inclinée. Comme dans cette position, où elle reste des heures entières, elle a quelque ressemblance avec les figures du sphinx de la fable, on lui en a donné le nom, qu'a- près elle a communiqué à toutes celles de ce genre. On trouve ces chenilles en été ; elles ont acquis la grandeur qu'elles doi- vent avoir vers la fin de cette saison ou au commencement de l'automne : alors elles entrent en terre , où elles font une çs- pèce de coque dans laquelle elles se changent en nymphes. Les unes passent l'hiver sous cette forme, et ne deviennent in- sectes parfaits que l'été suivant ; les autres subissent leur dernière métamorphose un ou deux mois après le change- ment de la chenille en nymphe. Quelquefois Tenfier déve- loppement de ces insectes n'a lieu qu'au bout de deux ans , soit que le défaut de chaleur les retarde , soit pour toute autre cause.
Les nymphes sont coniques ; elles ont à leur extrémité
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postérieure une pointe dure, écaîlleuse, assez longue; celles dont l'insecte parfait doit avoir la trompe très - longue , ont cette partie très-marquée , formant une espèce d'appendice recourbé sous la poitrine, une sorte de nez.
Nous partageons ce genre de la manière suivante : * Abdomen sans brosse à ton extrémité, j- Bord postérieur des ailes droit.
Sphinx a tête de mort, Sphinx atropos , Linn. , Gcoff. , Fab. ; Papill. d'Eur.,p\. cv et cvi, n." i54; pi. 24, 4. de cet ouvrage. Il a les ailes supérieures d'un bru n foncé , avec des taches irrégulières d'un brun jaunâtre et d'un jaune clair ; les inférieures jaunes, avec deux bandes transversales brunes ; l'abdomen d'un gris bleuâtre , avec les côtés jaunes et une bande transversale noire sur chaque anneau. Ce que cet in- secte a de plusremarquable, c'est son corselet qui est noir, et sur lequel est une grande tache jaune irrégulière, avec des points noirs , qui représente une tête de mort.
Une autre singularité de ce sphinx, c'est un petit bruit , imitant un cri plaintif, qu'il fait entendre , et que Réaumur dit être produit par le frottement des palpes contre la trompe.
Nous trouvons dans un poë'nie de M. Leroux , intitulé VArt entomoiogique , un extrait des observations curieuses que son ami M. Lorey, ancien chirurgien militaire, et qui a fait une étude particulière des oiseaux et des insectes, a recueillies sur la stridulation de ce sphinx. Il l'explique d'une autre ma- nière.
« La stridulation que fait entendre le sphinx atropos^ lors- qu'on le touche, ou qu'entré dans un appartement, il craint de ne pouvoir s'en échapper, n'est, ni x^omme l'a avancé Réaumur, ni comme l'a prétendu Rossi, d'après ses expé- riences, l'effet du frottement de sa trompe contre les pal- pes dans lesquels elle s'engage. L'explication qu'en a donnée dernièrement un naturaliste allemand,n'est pas plus décisive, et fait penser avec raison qu'aucun de ces savans ( si recom- raandables d'ailleurs) ne s'est donné la peine d'en recher- cher la véritable cause. J'ai souvent examine ce sphinx , qui est extrêmement commun en Italie , pendant le long séjour que j'y ai fait , et je me suis assuré par des expériences posi- tives , que c'est à l'air qu'est due cette stridulation qu'on ne peut comparer à aucune de celles qui ont lieu chez les autres, mais dont on aura une idée assez exacte, en passant vivement l'ongle sur l'extrémité d'un peigne fin d'écaillé ou d'ivoire. Cet air s'échappe par une trachée qui existe aux deux côtés de la base de l'abdomen , et qui , dans l'état de repos , se trouve fermée par un faisceau de poils très -fins, réunis par
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nn ligament qui prend naissance sur les parois latérales et iolernes de la partie supérieure de l'abdomen, lequel faisceau se dilate par la divergence des rayons qui le composent , en formant un petit soleil ou astérisque fort joli. L'amputation successive des palpes, de la langue el de la tête, ne m'a laissé aucun doute à cet égard ».
Quoi qu'il en soit, ce son plaintif et la figure que présente le corselet de ces sphinx, leur ont valu une sorte de célébrité.
Dans une année qu'ils parurent en assez grande quantité dans quelques cantons de la province de Bretagne , les pay- sans , après les avoir remarqués , en furent effrayés ; ils cru- rent qu'ils étoient la cause des maladies épidémiques qui ré- gnoient dans ce pays, el ils les regardoienl comme les avant- coureurs de la mort. Peut-être aussi auront-ils pris leur bruit pour un cri lamentable et funèbre : c'est beaucoup plus qu'il n'en faut pour alarmer des gens ignora^ns et superstitieux.
Ce sphinx, qui habite une partie de l'Europe, se trouve jusqu'au Cap de Bonne - Espérance ; sa grandeur varie en raison du climat.
La chenille est d'un jaune foncé, avec des taches d'un vert clair et d'un vert foncé; sa corne n'est point recourbée comme J est celle <les autres chenilles de ce genre ; elle est conlour- liée et inclinée vers l'extrémité du corps , et grenue. Celte chenille se nourrit de feuilles de pommes-de-terre, de jasmin, se change eu nymphe vers le milieu de i'élé, et devient insecte parfait eu automne-
Le Sphinx du troène, Sphinx Ugustri, Linn., (ieoff., Fab. — Fap'dl. àEiirop.^ pi. Lxxxv, ri." ii.3. Il a les ailes supé- rieures comme veinées de brun noir, de blanc et de gris rou- ^eâtre ; les inférieures roses, avec deux bandes noires; le corselet brun, avec une bande rougeâtre de chaque côté; j'abdomen d'un rouge vineux, avec une bande noire sur cha- que anneau, séparée dans le milieu par une bande longi- tudinale rougeâtre.
On le trouve en Europe dans les jardins, où 11 vole le soir autour des lilas, des chèvrefeuilles et autres arbustes.
Sa chenille, une des plus belles de ce genre , <'St celle qui se tient le plus ordinairement dans l'attitude des sphinx. ( V. les GénéraHles. ) Elle est d'un vert pomme, avec sept bandes obliques, lilas et blanc, en forme de boutonnières, de chaque côté. On la trouve, vers le milieu de l'été , sur le lihs dont elle mange les feuilles ; elle se change en nvinph»- vers I^ fin de celle saison, et ne devient insecte parfait que l élé suivant. .Sphinx du lisebon, SpJn'noc convohuU , Linn. , Fab. ; Papill. d'Europ. , pi. Lxxxvi , Lxxxvii et cxxii , n.» 1 14 ; le Sphinx à cornes de Locvf y Geoff, Ce sphinx a deux pouces de long. Il est
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brun, avec des raies plus claires, d'autres plus foncées sur les ailes supérieures, des bandes d'un brun foncé siu- les infé- rieures ; l'abdomen a des raies transversales alternativement noires et rouges. Sa chenille est brune ou verte, avec des raies latérales et obliques blanches et des points noirs. Elle a une queue , et vit sur le liseron. Sa chrysalide a une corne ou un nez en devant , servant de gaine à la trompe du sphinx. L'in- secte parfait éclôt la même année , si la ponte a été faite de bonne heure.
Spuinx de la vigne, Sphinx elphenor, Linn., (ieoff , Fab.: Papill. dEuTop. , pi. cxil , n.o i6o. Il a la tête , le corselet et l'abdomen d'un vert d'olive, avec quelques bandes longitudi- nales d'un rouge pourpre ; les ailes supérieures du même vert, avec des bandes transversales et longitudinales d'un rouge pourpre ; les inférieures noires à la base , pourprées à l'ex- trémité.
On le trouve en Europe : il est assez rare aux environs de Paris.
Sa cbenille vil sur Xepiluhe a feuilles éiruites , sur Vimpa- iiente des huis et la vigne. Elle est d'un vert noirâtre velouté , avec une grande tache bleue en forme dyeux sur les côtés des deux premiers anneaux ; la partie antérieure de son corps est très-grosse, et sa tête petite, allongée, ce qui lui donne la forme d'un groin de cochon, et d'où on a nommé celle chenille cochonne. Ou la trouve dans le milieu de Téié , et elle devient insecte parfait pendant l'automne.
Sphinx (le petit) de la vigne, Sphinx porc ell us ., Lion., .Geoff. , Fab. ; Papiil. a Europe , pi. cxill , n.° i6i. Celte es-» pèce est de moitié plus petite que la précédente. Son corps est presque entièrement lavé de rose. Les ailes supérieures ont leur base et leur extrémité de celle couleur , avec le mi- lieu jaunâtre; les inférieures sont jaunâtres, avec le bord postérieur ras. La chenille est brune, sans queue, avec trois tacbes en forme d'yeux de chaque côté près de la tête.
Sphinx du titiiymale, Sphinx cuphorbiœ , Linn., Gcoff, Fab. ; Papiil. d'Europe , pi. cvii et cviii , n." i55. Il a le cor- selet d'un vert d'olive foncé , bordé de blanc sur les côlés , l'abdomen du môme vert en dessus , avec des bandes blan- ches courtes sur les côtés ; les ailes supérieures d'un gris rou- geâtre , avec trois taches vertes le long du bord extérieur, el une large bande de mêine couleur au bord posiéi leur ; les inférieures rouges, avec la base noire ., une bande transver- sale de même couleur et une tarhe blanche ; tout le dessus du corps et les ailes rouges sans taches.
On le trouve en Europe ; il est assez commun aux environs de Paris.
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Sa chenille vil sur le Ûiliymale h feuilles de cyprès. Elle a la tête, les pattes et la base de la corne rouges ; le corps noir , avec des points, des taches d'un jaune rouge et verdâtre, et de chaque côté des anneaux, une tache ronde rougeâtre. Elle entre en terre en automne, passe l'hiver sous cette forme, et devient insecte parfait l'été suivant.
Sphinx de la garance , Sphinx gallii , Fab. ; Papill. dEur., pi. cix , n.o i56. Cette espèce avoit d'abord été confondue avec la précédente ; mais elle en diffère en plusieurs points : ses antennes sont entièrement brunes ; la côte supérieure des ailes est largement bordée d'olive, et cette bande a au côté interne des taches noires ; les ailes inférieures n'ont, au lieu du rosé nué qui occupe le milieu de celles du sphinx du tilhy- maie , qu'une tache d'un rouge briqueté ; l'abdomen a une suite de points blancs le long du dos. Sa chenille est olive, avec une raie sur le dos et des taches latérales couleur de soufre ; les patles de devant sont noires ; la petite corne est hérissée de petites épines. Elle vil sur le caille-lait jaune ou sur la garance. Ses métamorphoses sont d'ailleurs les mêmes que celles du sphinx du lithymale.
Sphinx rayé. Sphinx II neata, Fab. ; le Lwournlen, Papillons d'Europe^ pi. ex et cxt, n." i58. Sa tête est verdâtre , avec une raie blanche de chaque côlé ; son corselet est noirâtre , avec trois raies doubles blanches; l'abdomen est cendré, ta- cheté de noir et de blanc ; les ailes supérieures sont verdâtres en dessus, avec une bande blanche au milieu, coupée par six nervures blanches; le bord postérieur est cendré; les ailes postérieures sont d'un rouge fleur do pêcher au milieu , avec deux bandes noires, l'une à la base, et l'autre près du bord postérieur. La chenille est d'un jaune olive, avec la tête, une ligne dorsale et deux rangs de taches rondes de chaque côté, rouges. Elle vient sur le caille-lait, et subit ses métamor- phoses en peu de temps.
Sphinx phœnix , Sphinx celerlo, Linn. , Fab. ; Papill. d'Eu- rope, pi. ex et exxii, n.° iSy. Son corps et le dessus des ailes supérieures sont d'un brun clair; le corselet a une raie d'un blanc jaunâtre de chaque côlé ; l'abdoinen a une raie blanche bordée de noirâtre le long du dos, et une rangée de traits blanrs de chaque côlé; les ailes supérieures ont un point et une bande qui les traverse obliquement et d'un blanc jau- nâtre. Cette bande a sur le bord interne une raie blanche ; le milieu des ailes inférieures est d'un blanc rosé, coupé par des nervures noires ; près du bord postérieur est une bande noire.
La chenille vit sur la vigne. Elle est brune, avec deux raies et deux taches oculaires près du cou , jaunâtres. Elle a une
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corne. Elle n'entre point en terre, et se convertit en chrysa- lide dans des feuilles roulées.
Cette espèce se trouve au midi de la France, en Espagne, en Italie , à Ténériffe.
Sphinx cemdré , Sphinx vespertilio , Fab. ; Papill. d'Europe^ pi. CXI, n.° 189. Son corps et le dessus des ailes supérieures sont cendrés ; les ailes inférieures sont rouges au milieu, avec la base et l'extrémité noires.
Cette espèce a été trouvée aux environs de Lyon, en Suisse.
Cette-division comprend aussi les deux espèces suivantes : le Sphinx de laurier rose , Sphinx nerii, qui est la plus belle espèce des indigènes. Il est vert, avec différentes bandes plus foncées et d'autres qui sont d'un jaunâtre un peu fauve sur les ailes supérieures. La chenille vient sur le laurier rose. Elle est verte , pointillée de blanc, avec deux taches oculaires bleues ; elle a une queue. Ce sphinx se trouve aux environs de Nice, en Italie, et même, mais très-rarement , aux envi- rons de Paris. Le Sphinx des pins, Sphinx pinasiri, Linn. Il est gris ; les ailes supérieures ont des lignes ramassées noi- res ; l'abdomen est brun, av&c des anneaux blancs. Sa che- nille est verdâtre, avec une ligne sur le dos et les stigmates rouges, et une raie latérale jaune; elle a une queue. Elle vient sur les pins des pays montagneux,
-j-{- Bord postérieur des ailes anguleux.
Sphinx de l'épiloce. Sphinx œnotherœ^ Fab. ; Papillons d'Europe , pi. cxxi, n." 166, Il a un peu moins d'un pouce de long; son corps est d'un vert olive ; les ailes supérieures ont au milieu une bande transversale plus foncée, marquée d'un point obscur, et bordée de verdâlre clair ; les ailes inférieures sont jaunâtres ou roussâtres, avec une bande verte au bord postérieur,
La chenille a la tête petite et sphériquc. Elle est d'un beau vert clair, avec des taches d'un vert plus foncé lorsqu'elle est dans son premier âge. Les stigmates sont rouges. A la place de la corne, est une plaque ronde, jaune, bordée de noir, avec un point noirâtre au centre. Tontes ces couleurs disparoissent à sa première mue. Dans quelques instans , elle grossit du double et devient brune. Sa plaque s'affaisse et se ride.
Sa chenille vit sur Vépilobe velue ou sur celle àesjmarais. Elle aime encore les feuilles fraîches, et principalement les bou- lons des fleurs de l'onagre bisannuelle , œnothera biennis.
La chenille se change en chrysalide dans un rouleau de feuilles ou de brins d'herbe. Sa chrysalide est proportion- nellement très-petite et terminée par une pointe aiguë. Elle passe l'hiver en cet état.
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** Abdomen ayant une brosse à son extrémité.
Sphi^nx du caille-lait, Sesia stcllatarum , Fab, ; le Maro- sphinx^ Geoff. ; Papill. d'Europe^ pi. LXXXIX et CX , n.° 96. Cette espèce a environ un pouce de long ; elle est d'un brun cendré , avec le dessous des antennes blanchâtre, des bandes transverses ondées, nébuleuses, plus brunes sur les ailes su- périeures, et lesailesinférieures d'un rouge couleur de rouille; les côtés de l'abdomen sont tachetés de blanc.
La chenille vient sur les caille-lails ; elle est d'un vert jau- nâtre , avec des points blancs ; deux raies de chaque côté , dont l'inférieure est jaunâtre et la supérieure blanche, quel- quefois cependant jaunâtre, et une corne d'un vert bleuâtre a sa naissance , d'un jaune roogeâtre à l'extrémité. Elle se fait quelquefois à la surface de la terre une coque composée de grains de terre, de feuilles ou de branches de plantes. Sa chrysalide est transpareute, arrondie en devant et renflée au milieu. Le sphinx en sort toujours la même année.
Sphinx fucifoRME, Sesia fuciformls , Fab. ; le Sphinx vert il ailes transparentes , (ireoff. ; le ^rand Sphinx gazé ; Papil. d'Eu- rope ^ pi. LXXXIX, n.» 117, G. D. il est d'un vert olive en dessus, avec les derniers anneaux un peu plus clairs ; le mi- lieu de l'abdomen a une large bande transverse d'un rouge foncé, tant en dessus qu'en dessous ; les ailes sont vitrées , avec une bande le long du bord postérieur et un trait sur les •supéritiLires, de la couleur de la bande de l'abdomen; les côtés de la brosse sont noirs; le dessus du corps est jaunâtre pâle ; les poils qui sont sous les brosses sont du même rouge f|ue ci- dessus.
Sa chenille resseuihle beaucoup à la précédente. Elle est d'un vert clair; les côtés sont traversés par une raie blanche ; son ventre, vers sa dernière mue , est d'un lilas cendré ; ses stigmates sont rouges, entourés de blanc. Elle vit sur le chè- vrefeuille des buissons, sur le caille-lait, sur la lampclte dioïque, etc. Elle se transforme de même que le précédent; mais sa chrysalide n'est pas transparente. Sa forme est effilée, son devant est en pointe mousse. On lui remarque quelques cercles rouges. Elle passe l'hiver.
wSphinx BOMBYLIFORME , Sesia lombylifonnis, Fajj.; le grand Sphinx gazé; Papill. d'Europe , pi. LXXXIX , n.° 117 E. F. 11 a de très-grands rapports avec le précédent. Le dessus est d'un vert jaunâtre , surtout aux derniers anneaux du corps ; le mi- lieu de l'abdomen offre, en forme de bande, du noir mêlé avec le fond de la couleur du corps ; sous le dessous de T ab- domen j celte bande est entièrement noire, et le noir s'étend
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au milieu jusqu'à la brosse , dont les poils en dessous sont également noirs et non rougeâtres; les ailes ont leur bord postérieur noirâtre, et cette couleur y a peu d'étendue ; les supérieures n'ont pas de trait rougeâlre. Sa chenille vit sur la scabieuse. (l.)
SPHINX. Nom spécifique d'un Agaric , figuré par Batsch , tab. 22. (B.)
SPHODRE. Genre de coléoptères établi par Bonelli , et renfermant les Féronies ( V. ce mot.) dont les palpes sont filiformes , et qui ont le troisième article de leurs antennes aussi long au moins que les deux précédens réunis, (desm.)
SPHOND YLE. F. Spokdyle. (s.)
SPHONDYLION des Grecs, et Sphondylium des Latins. On écrit aussi spondylium. Ces divers noms , peu différens les uns des autres , sont ceux d'une plante mentionnée dans les ouvrages de Dioscoride et de Pline.
«< Le sphondylion , selon Dioscoride , a les feuilles pres- que semblables à celles du platanos ou à celles du panaces ; ses tiges sont pareilles à celles du rruirathron (fenouil), et de la hauteur d'une coudée , ou plus , à l'extrémité desquelles naît une graine double , analogue à celle du seseli , mais plus blanche , plus large , plus pailleuse , et d'une odeur forte. Ses fleurs sont blanches ou pâles; sa racine est blanche et semblable à celle du raphanon. Il croît dans les lieux aqua- tiques et marécageux. Sa graine prise en breuvage purge par le bas ; elle est bonne dans les maladies du foie, la jaunisse, le haut-mal, les suffocations de matrice, et à ceux qui ont la respiration difficile ; son parfum éveille les esprils des lé- thargiques ; on en frotte avec de Thuile la tête des frénéti- ques , et des personnes naturellement assoupies , ou qui ont des douleurs de tête ; appliquée avec àapeganon ( la rue ) , elle réprime les ulcères corrosifs ; on ordonne sa racine contre la jaunisse et contre les maladies du foie ; raclée et mise dans les fistules , elle résout et détruit les durillons qui y sont ; le suc de ses fleurs fraîches est bon aux oreilles écor- chées, ou fangeuses et boueuses; on prépare et on conserve ce suc à la manière des autres ».
Pline , liv. 12 , ch. 26 , après avoir parlé du panax , dit : « Il y a une autre plante férulacée, différente de celle-ci, et qu'on nomme spondylium , dont les feuilles sont plus petites , et divisées comme celles du platane. Elle ne se trouve que dans les lieux ombragés ; sa graine porte le même nom , et n'est employée qu'en médecine ».
Au chapitre 6 du livre 24 -, Pline expose les propriétés du spondylium ; elles sont absolument les mêmes que celles rap- portées par Dioscoride : il ajoute , cependant , que lorsqu'on veut conserver le suc des fleurs , il faut le couvrir, parce que
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les mouches en sont très-friandes. On oroil que notre Berce BK KT^CVRSl'SE (heracleumsphondylium, L.) , est ie sphondytium. Cette plante ne se rapporte pas à celle des anciens , quant à sa hauteur. Le sphondylion a été rapporté aussi à Vheradeum panures, L.; mais il ne semble pas que ce soit un rapproche- iTient exact. Quoiqu'il en soit , Mallhiole , et avec lui les botanistes ses contemporains, ont fixé le nom de sphondylium à notre JjERCE braiscursine ; et dans ie Pinax de C. Bauhin, cette plante est devenue la première espèce du groupe des sphondylium de ce botaniste, qui répond exactement au genre sphondylium de Tournefort, et qui est Vheradeum. L. Ventenat avoit rapporté à ce genre une plante qu'il nommoit /z^mc/^imi ahsinthifolium y dont Hoflmann vient de faire un genre ap- pelé zosima.
Le spondylion des anciens ëloit encore connu sous le nom de chorodanum chez les Grecs, et de ru/ma//5 chez les Latins. Il parott avoir reçu celui de sphondylion, à cause de l'odeur forte de ses graines , analogue à celle d'un insecte qui s'ap- peloit sphondyle ou spondyle. V. Berce, (ln.)
SPHONDYLOCOCCOS de Mitchell. Ce genre de plantes est le même que le jonhsonia de Miller, le hurchardia de Duhamel , et par conséquent le callicarpa americana de Linnseus. (ln.)
SPHRAGIDE ou TERRE DE LEMNOS {Sphragid , W^erner). Espèce d'argile ochreuse , d'un gris jaunâtre ou roussâtre, ou bariolée de ces couleurs, qui tombe en miettes lorsqu'on la plonge dans l'eau , et laisse dégager beaucoup de bulles d'air ; elle happe légèrement à la langue ; elle est sèche et âpre au toucher ; sa cassure est finement terreuse. Kla- proth ayant soumis à l'analyse des échantillons rapportés de Lemnos par M. Hawkins , y a reconnu les principes sui- vans :
Silice 66,00
Alumine i4.,25
Magnésie o,25
Chaux 0,25
Soude 3,5o
Fer oxydé 6,00
Eau 8,5o
Perte i
Le sphragide n'a été trouvé , jusqu'à présent , qu'à l'île de Lemnos , dans la Méditerranée. Il y est connu de toute an- cienneté. Les Grecs, et les Latins d'après eux, l'appelloient sphragis e\ sphragides , d'un mot grec qui signifie c«f//e/, parce que cette terre, réputée souveraine contre la peste et les poisons, étant l'objet d'un grand débit , les prêtres de Diane, qui en falsoicnt seuls le commerce , en composoient
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de petits gâteaux ou de grosses pastilles sur lesquels ils ap- posoient le sceau de Diane, qui représentoit une chèvre. Le soin de recueillir et de préparer la terre de Lemnos étoit confié à ces prêtres ; c'est par le lavage qu'ils enlevoient le sable. On fouille cette argile maintenant encore une fois par an , vers le i5 août ; on tire le sphragide de terre en pré- sence du clergé et des magistrats de Tîle , aptes avoir lu cer- taines prières ; ensuite on en prépare des pastilles du poids d'une once environ chacune, sur lesquelles on imprime le nom du grand-seigneur , celui du gouverneur de la ville, et le nom turc de la substance : voilà ce qui a fait appeler la terre de Lemnos, terre sigillée ^ hol sigillé. Cette terre est en- core très en usage en Orient, et on lui attribue les mêmes vertus médicales que du temps d'Homère. Il y a des peines sévères contre quiconque se permetlroit ou qui seroil soup- çonné d'en avoir exploité hors de l'époque désignée. L'on dit que la terre de Lemnos n'a commencé à être gardée , dans nos pharmacies, que vers i568,que ScultelusMontanus, médecin de l'empereur Rodolphe , en fit porter Tordonnance. (lk)
SPHRAGIDES , Sphragîdes. Pierres dont les anciens se servoient pour faire des cachets, et qu'ils préféroient même à toute autre pour cet usage , à cause qu'elles marquoient fort nettement. Selon Pline, elles se rapprochoient beaucoup du jaspe ; il est probab0que ce n'en étoit qu'une variété. Leur nom signifie cacheter en grec. Il ne faut pas confondre ces sphragides avec le sphragîdes ou sphragis. Voyez Sphragide ci- dessus, (ln.)
SPHRAGIS des Grecs et des Latins. V. Sphragide. (ln.)
SPHYRENE,^^/?^/?^»^^. Genre de poissons établi parAr- tedi , confondu par Linnœus avec les Esoces, et rétabli par Lacépède. Son caractère est : ouverture de la bouche grande ; mâchoire garnie de dents nombreuses , fortes et pointues ; corps très-allongé et comprimé; deux nageoires dorsales.
Ce genre renferme cinq espèces , dont une Seule dans le cas d'être mentionnée.
La SphyrèNE spet , Esox sphyrœna , Linn. , qui a quatre rayons à la première nageoire du dos , et dix à la seconde. Elle se trouve dans la Méditerranée et l'Atlantique. EU* parvient à deux pieds de long, et est très-vorace. Elle a été connue des anciens. Sa chair est blanche et facile à digérer. On l'appelle le marteau, (b.)
SPIANTIER ou BEAUTER. Nom que les Anglais donnent au tombac , au similor , et autres alliages de cuivre , de zinc, et autres métaux. V. ZiîSc. (pat.) ~
SPIC. Plante du genre des Lavandes, (b.)
S PIC A. Epi en latin , d'où l'on a fait spic et aspic. Voyez. Lavande et Stachys. (ln.)
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Spic\ f.ELTiCA. V. rarlicle nardus , ainsi que pour Spica-
I^DICA, (LN.)
Spica italica. C'est la laoande commum à feuilles etroi-^ tes, dans Césalpin. (L>\)
Spica NARDUS. C'est \a lavande commune et ses variétés, chez Tragiis et J. Camerarius. (ln.)
SPICANARD. On appelle ainsi IcNard ^^-mE^^ (b.)
SPICARA. Genre de poissons établi par Katinesque , «lifférant des Labres el des Spares par l'absence des dents , cl par la bouche . extensible, (desm.)
SPICE. Nom de TAlpiste des Canaries, aux environs d'Angers. (B.)
SPICIFÈRE. V. l'article du Paon, (v.)
SPIEGELRLENDE des Allemands. C'est le zinc sulfure jaune transparent. (EN.)
SPIEGELEISEN. C'est le Ter oligiste spéculaire , dans fpjelques ouvrages allemands, (ln.)
SPIEGELERS. Ce nom allemand est commun au Fer OLiGisTE et à la Chaux carbonaïée ferrifère. (ln.)
SPIEGELFLINZ. Dans les mines de Carlnthie , on nomme ainsi la Chaux carbonatée fi'Rrifère. (ln.)
SPIEGELKOBOLT des Allemands. C'est le Cobalt GRIS ÉCLATANT. (LN.)
SPIEGEL SCHIEFFER de Goftlin. C'est une sorle d' Argile schisteuse, (ln.)
SPIEGEL SPATH de Gmelin. C'est la Chaux sulfatée cristallisée, a Marienberg en Saxe , on donne le même nom à la Baryte sulfatée trapézienne. (ln.)
SPIEGEL STEIN. Nom allemand vulgaire du mica ^ de la chaux sulfatée cristallisée , etc. (ln.)
SPIELMANE, Spiclmania. Arbuste à feuilles sessilcs , décurrentes , ovales, aiguës, dentées, rudes, un peu to- menteuses , à fleurs axillaires , soliiaites , blanciies , qui faisoit partie du genre des Camaras , sous le nom de lanlaaa africana , mais que l'examen de sa fruciifjcation a fait établir en litre de genre.
Ce genre, appelé Oftia par A,danson , est de la didy- oamie angiosperniie et de la famille des pyrénacées , et offre pour caractères: un calice à cinq divisions; une corolle hypo- cratériforme , à tube de la longueur du calice, à orifice velu , à limbe plane de cinq lobes presque égaux ; quatre éta- inines , dont deux un peu plus petites , toutes cachées dans le tube ; un ovaire supérieur , à style dont le stigmate est coudé; un drupe contenant un osselet biioculaire cl disperme.
Le 5/?«e/wa«e croît en Afrique, et est cultivé au jardin des Plantes de Paris, où il tleurit assez souvent, niais où il ne donne jamais de fruits fertiles, (b.)
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[') . AVr//>f/c /'ff/'/CL'.
'71 r<ir,/iWe J\u//^K
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SPIESGLANZ et SPIESGLAS. Noms allemands de rANTiMOiNE. F. cet article. (liN.)
SPIGELE, Sptgelia. Genre de plantes de la pcntandrie nionogynie et de la famille des genlianées, qui présente pour caractères : un calice à cinq divisions ; une corolle infundi- buliforme, à tube plus long que le calice , à limbe à cinq divisions égales ; cinq étamines ; un ovaire supérieur , sur- monté d'un style persistant à stigmate simple ; une capsule didyme , biloculaire , quadrivalve et polysperme.
Ce genre renferme trois plantes herbacées à feuilles oppo- sées et à fleurs munies de bractées, disposées en épi terminal unilatéral et quelquefois en cime.
La Spigèle anthelmintique a la tige ronde et quatre grandes feuilles verticillées au sommet. Elle est annuelle et se trouve dans toute l'Amérique méridionale. V. sa figure pi. P. 26. Elle est appelée la brainvillers à Cayenne. C'est un puissant vermifuge. On la donne en décoction plus ou moins chargée , et on en accompagne l'usage de purgatifs plus ou moins répétés, suivant l'âge et le tempérament du malade. Elle est aussi sudorifique et fébrifuge. Son odeur est forte , approchant de celle du céleri.
La Spigèle du Maryland a la tige télragone et toutes les feuilles opposées. Elle est vivace , et croît dans les parties méridionales de l'Amérique septentrionale. Je l'ai observée en abondance en Caroline , dans les bois humides , où elle s'élève à un pied et se fait remarquer par des épis de fleurs d'un rouge de feu. On en ramasse les racines un peu avant la floraison, et on les fait sécher comme un excellent sudori- fique, un bon fébrifuge , et même aussi comme vermifuge. Cette plante est cultivée dans quelques jardins de Paris , et est propre à orner un parterre, (b.)
SPILANÏE, Spilanihus. Genre de plantes de la syngénésie polygamie égale et de la famille des corymbifères, dont les ca- ractères consistent : en un calice hémisphérique, polyphylLe sur une double rangée , égale : un réceptacle garni de pail- lettes et de fleurons hermaphrodites , souvent quadrifides et tétrandres ; des semences surmontées de deux arêtes séta- cées, glabres et caduques.
Ce genre est extrêmement voisin des Bidens et des Ditri- CHONS, avec lesquels il a même été réuni autrefois. 11 renferme des plantes à feuilles opposées , à fleurs solitaires, axillaires , ou plus souvent terminales, remarquables par le contraste de la couleur des anthères et de celle de la corolle , et par leur saveur poivrée et brûlante. On en compte huit espèces, dont les plus importantes à connoître sont :
Le Spilante acmelle , qui a les feuilles ovales , dentées ,
xxxn. 3
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la tige droite et les fleurs radiées. Il est annuel , et se trouve à Ceylan , où on l'emploie en médecine {V. au mot Acmelle). On le cultive dans les jardins de Paris. Lorsqu'on se frotte les dents avec les têtes de ses fleurs , on éprouve une sen- sation piquante provoquant la salivation qu'il est difficile de décrire, mais qui n'est pas désagréable et cessé bientôt.
Le Spilante comestible a les liges couchées; les feuilles presque en cœur, dentées et péliolées. Il est annuel , et se trouve dans l'Amérique méridionale, où on le mange cru ou cuit, et où on le regarde comme un puissant antiscorbutique. On le cultive dans les jardins de Paris, sous le nom de cresson de Para. V. sa figure pi. D. 26.
Le Spilante salivaire a les feuilles ovales , légèrement dentées, les tiges obliques, flexueuses et paniculées. Il est annuel et se trouve au Pérou. On le cultive dans les jardins de Paris.
Le Spilante des teinturiers a les feuilles lancéolées, dentées, glabres, les pédoncules raultiflores et les tiges bran- chues. Use trouve dans la Chine et la Gochinchine , où on le cultive à raison de la belle couleur bleue que donnent ses feuilles écrasées par une méthode plus prompte et moins in- certaine que celle qu'on emploie pour obtenir celle de l'in- digo.
Le Spilanteafeuillesd'arroche constitue aujourd'hui le genre Isocarphe qui sera mentionné dans le supplément, (b.)
SPILANTHUS. Fleur tachée en grande. Linnœus a donné ce nom aux plantes du genre Spilante , à cause du contraste de la couleur de leurs anthères et de celle des co- rolles. Le genre acmelle a été fait à ses dépens. Le spilanthus urens^ de Jacquin , est une espèce de Cotula ( Cotula spilan- thus , L. Y (ln.) SPILLITE. r. à l'article Roche , pag. 872 du vol. 29.
(LN.)
SPILOME, Spiloma. Genre de lichen, qui ne diffère pas du CoNiocARPE et du Xylome. (b.)
SPINA. Ce mot latin, synonyme du grec acanthos, signifie épine : il est souvent synonyme de pointu et d'aigu , et, joint à un adjectif, il désigne , dans les ouvrages des botanistes anciens ou modernes , un assez grand no'mbre de plantes épineuses , ou dont certaines parties ont été assimilées à des épines ; en voici des exemples :
Spina , de Pline. C'est 1' Aubépine lou Voxyacantha. V. ce mot.
Spina acacije, de Dioscoride. Selon Lobel, ce seroitune espè ce de Sensitive ou de mimosa , qui pourroit être le mi- mosa senegalj L.
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SpiNA acida , ^e Brunfelsius. C'esl l'épine vînetle.
Spina acuta , de quelques auteurs. C'est l'aubépine , et , selon (Vautres , le buisson ardent ( mespilus pyracantha).
SpiiJA MGYPTlhCA (Jcantha œgypiiaca , Hip.)- ^- Spina ACACIvE,
Spina alba c'est-à-dire , épine-bîanche. Ce nom a été donné à des plantes très-différentes, parmi lesquelles ce- pendant n'est pas rangée I'Aubépine (alba-spina). Ainsi il y a le spina-alba de Césalpin , qui est le carduus eriophorus, L. ; le spina-alba d'Anguillara et de Lobel , qui est Vechînops apinosus^ L. ; le spina-alba de Dalechamps, qui est Veryn^ium bourgaii, W, ou eryngium spina-alba, Villars ; le spina-alba de Dodonée , de Fuchsius et d'autres, qui est le cardans marianus, L. ; le spina-alba de l'Histoire des Plantes imprimée àLjon^ etde J. Camerarius,qui est V echinops sphœrocephalus , L. ; le spina-alba de Matthiole , qui est le centaurea galacliies ; le spina-alba à fleurs bleues de J. Camerarius , qui est Vechinops ritro ; le spina-alba de Lonicerus , qui est le nerprun cathartique ( rhamnus cuUiariicus^ L. ) i 1^ spina-alba velu de C. Bauhin , ou sauQage de Fuchsius , qui est Vonopordon acanthium , L. Il va encore le spina-alba de Pline , qui est V acanthaleuce de Dioscoride ; celui-ci avoit les feuilles pareilles à celles du chainseleon blanc , mais plus étroites et plus blanches , un peu velues et épineuses ; une tige haute de deux coudées , blanche, etc., terminée par une tête épineuse , semblable à .un hérisson, mais plus petite et oblongue ; et des fleurs pour- pres qui contenoient des graines comme celles des cnicus , mais plus rondes. Cette description convient aussi aux echi- nops ; il est probable que le spina-alba de Pline en éloit une espèce. Cependant tous les 5/3jnaa/Zia des auteurs déjà cités sont pris , par eux , pour Vacanthaleuce de Dioscoride.
Spina appendix de Pline , ou spina simplement. C'est
FAUBÉPINE.
Spina arabica de Pline, (y eslV acantha arabicè de Diosc. , qui a du rapport, soit avec V echinops sphœrocephalus^ soit avec? Vechinops sirigosus de Dodonée , Césalpin , etc.
Spina bourgi. C'est Valaterne.
Spina candida. V. Leucacantha.
Spina cervalis de Césalpin, ou Spina cervina de Ge$- ner. C'est le nerprun cathartique.
Spina-christi de Césalpin. C'est le genêt de Portugal ( genista lusilanica, L. ) , qu'il ne faut pas confondre avec le rharnnus spina-christi,h.
Spina ciprina de Gesner. C'est le centaurea solstifialis , L.
Spina hirci. C'est Vastragalus potcrium , Pall. Voy. aussi Tragacantha. ' Spina infectoria de Matthiole, Belon, Lobel , etc. C'est
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le nerprun caihartique. Il y a aussi deux spina infedoria nains de Clusius : l'un est le rhamnus infectorius, L. , et l'autre le rhomnus saxaiilts^ W,
Spina incognita de Fuchsius. C'est Vechinops sphœroce- plialus, L.
Spina judaïca de Crcscentius. C'est le paliure oul'arga-, lou ( rhamnus paliurus^ L. ).
Spina latikorum. C'est l'aubépine.
Spina lutea de C. Bauhln. C'est le paliure. Le Spina LUTEA, de Gesner, est le ceniaurea solstitialis , JL
Spina marucca , de Césalpin. C'est le paliure.
Spina mollis. C'est un d€s noms du cirsium des anciens.
Spina murina de Lobel. C'est le fragon épineux.
Spina muralis. On a donné ce nom à la centaurée-chaus- se-trape , prise pour le myacanihos de Théophrastc.
Spina peregrina de Dodonée. Cette plante est Vechinops sphœrocephalus.
Spina purgatrix d'Anguillara. Il paroît que c'est I'Ar- GOUSIER ( hippophaë rhamnoïdes, L. ).
Spina regia {acanihon basilicon,, Théoph.). On ignore quelle plante ce peut être.
Spina scorpii, d'Hernandès. Cesti'eryngium a^uatlcum^Ij,
Spina selinitis, de Théophraste , est rapporté à la car- dère (^dîpsacusfulonum, L. ).
Spina silvestris. On a donné ce nom à l' Acanthe.
Spina solstitialis, de Dodonée, Lobel, etc. C'est le centaurea solstitialis. Ce nom a été appliqué encore à d'au- tres espèces de centaurea.
Spina-spinarum ( Rumph., Amb. 7 , tab. 19, f- i )• Cette plante est considérée comme une espèce de Calac (^Carîssa spinarum., L. ). Gserlner la rapporte au genre Damnacanthe.
Spina-UMBELLA , de C. Bauhin. C'est le dry pis spinosa, L.
Spina viNETA.Ruellius désigne ainsi l' Epine- vinette.
Spinastella. Tabernse-Monianus donne ce nom à la Centaurée CHAUSSE-TRAPE , que Dalechamps croit être le myacanihos de Théophraste. (^ln.)
SPINACIA. C'est le nom latin moderne de I'Epinard. Il paroît dérivé du lalin spina , épine ; l'épinard le devroit à ses fruits épineux. Chez les botanistes anciens , il désigne les epinards^ les arraches- fraises {blitum ) , etc. On a écrit éga- lement spinachia , spinaceum et spanachia, (ln.)
SPINARELLE. Poisson da genre gasierosiée de Linnaeus, mais dont Lacépède a fait un genre sous le nom de Cépha-
L ACANTHE, (b.)
SPINAROLÏ. Nom du Mousseron , Agaricusprunulus, aux environs de Turin, (b.)
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SPINAX. Nom latin , donné par M- Cuvier aux poissons fle son genre Aiguillât, (desm.)
SPINELLANE. M. Nose a donné ce nom à une subs- tance minérale qui , selon lui , a beaucoup de rapports avec le spinelle ; mais sa cristallisation est différente ; et il est probable que le spinellane devra former , lorsqu'il sera mieux connu, une espèce distincte et même éloignée du spinelle.
M. Nose l'a observé en cristaux de la grosseur d'un grain de chènevis au plus, et en grains dans les laves ou plutôt les roches volcaniques de Sandkauté , près du lac de Laach , département du Rhin et Moselle. Il y est associé parti- culièrement à du feldspath granuliforme ou en petits cris- taux vitreux {^Sanidin^ Nose), à la haiiyne {Saphirin, Nose), à la spinelline , au desmine , à l'amphibole , au quarz, au mica et au fer oxydulé granuliforme ou bien en octaèdre.
Le spinellane est d'un brun noirâtre , avec l'éclat un peu luisant. Il est demi-transparent ou translucide : sa cassure est vitreuse , raboteuse , inégale , elle est quelquefois lamcl- leuse. Il est à présumer que sa forme primitive est un rhom- boïde obtus dans lequel les incidences des faces , l'une sur l'autre, seroient de i ijd. 23', et de 62d. 87' ; mais M. Haiiy ne donne pas ces mesures comme définitives. 11 fait obser- ver que ce rhomboïde se sous-divise en six tétraèdres par des coupes qui coïncident avec les bords supérieurs et avec les diagonales obliques.
Le spinellane cristallisé présente deux variétés de formes; l'une est :
Le spinellane sexduodécîoial , Haiiy , tabl. comp. , pag. 66 , pi. 4^7. C'est un prisme à six pans, terminé par des py- ramides à six faces, dont trois sont des rhombes, et trois al- ternes , des hexagones allongés. Les six faces sont dirigées sur les six arêtes du prisme.
lue spinellane époinié ; la forme précédente, mais les pyra- mides terminées par un plan horizontal.
Lorsqu'on expose cette substance au chalumeau, elle blan- chit, puis elle fond avec facililé en un émail blanc trèsbulleux.
Klaproth a trouvé que le spinellane étoit composé de
Silice. . .p 4-5
Alumine 29,50
Chaux i,5o
Fer oxydé 2
Soufre ' i
Soude 19
Eau 2,5o
98,50 Selon M. Lucas , le spinellane auroit été observé
38 S P I
également près le Cap de Gates, en Espagne, (ln.)
S P IIN E L LE. Ce nom est particulièrement celui d'une pierre gemme infusible, de couleur rouge , qui est commu- nément appelée tuMs balais et rubis spinelle. Les minéraloglsles lui ont associé d'autres pierres également infusibles, qui pré- sentent les mêmes formes cristallines, lesquelles sont l'oc- taèdre régulier et ses dérivés. Ces pierres sont au nombre de quatre :
Le spinelle rouge ou le rubis spinelle.
Le spinelle noir ou la ceylanite, ou le pléonaste.
Le spinelle zincifère ou Vauiomalilhe.
Le spinelle Lieu ou le spinelle dacker.
^ L^f Spinelle rouge ou Rubis spinelle {Rubinus ballassus et Rubinus spinellus, Wall. ; Rubis spinelle octaèdre , Romc-de- risle ; Rubis spinelle octaèdre , Deborn ; Rubis, Delamélh. ; Spinelle^ Haiiy , Traité ; Spinelle rouge ^ Haiiy , Tab. ; Spinelle, Wern. , Karst. ; le Spinel , Broch. ; Spinel , James. ; vulg. Rubis spinelle et Rubis balais). Le spinelle a été long-temps confondu par les minéralogistes avec le corindon vitreux rouge; mais il s'en distingue, ainsi que de toutes les autres gemmes de la môme couleur , par ses formes cristallines et par d'autres caractères imporlans.
La belle couleur du spinelle est le rouge pourpré , mais il est rare que cette gemme en soit revêtue. Sa couleur est gé- néralement le rouge qui incline au violai re ou bien au rous- sâlre , au rose , au bleu , au verdâtre , au jaunâtre ; quelque- fois le rouge est tellement pâle , que le spinelle paroît presque blanc. On doit faire remarquer ici que, quelle que soit la cou- leur de cette pierre , elle a un fond rouge ou rose qui lui est propre et qui est dû à un de ses principes constituans, l'acide chromique. Le spinelle a fréquemment une teinte laiteuse , et principalement lorsqu'il est brut.
Le spinelle , conmiunément transparent , est aussi demi- transparent ou translucide , jamais complètement opaque.
Le spinelle se trouve en petits cristaux très-nets ou bien roulés , rarement groupés entre eux ; les pièces roulées attei- gnent un volume plus fort que celui des cristaux ; elles ont jus-' qu'à dix lignes de diamètre, mais cette dimension est infini- ment rare.
Le spinelle a la cassure conchoïde, plane et un peu ondulée; quelquefois aussi elle est lamelleuse et dans le sens des faces de l'octaèdre régulier qui est la forme primitive. Les cristaux transparens présentent la réfracllon simple , ce qui permet de distinguer très-aisément le rubis spinelle du rubis d'Orient, celui-ci étant un corindon et jouissant de la réfraction double.
Le spinelle raye ass£Z fortement le quarz ; mais il est
SPT %
entamé , quoique assez difficilement , par le corindon.
Sa pesanteur spécifique est de 3,5o ou 3,78, d'après Wer- ner; de 3,64, selon Haiiy ; de 8,57 ou 3,5o, suivant Kla- proth, Lovvry indique 3, 705 , et Mohs 3,523.
Le spinelle est infusible au chalumeau sans addition ; ses couleurs même ne s'altèrent point sensiblem'ent.
Vauquelin a trouvé que le spinelle rouge de Ceylan étoit composé de :
Alumine 82,4.7
Magnésie 8,78
Acide chromique 6,18
Perte 2,57
Cette analyse fait voir que le spinelle doit sa couleur à l'acide chromique , et nous avons vu à l'article corindon , que le rubis d'Orient doit la sienne à l'oxyde de fer; mais ces deux pierres ont cela de particulier d'être l'une et l'autre presque essentiellement composées d'alumine.
Le spinelle qui n'est point roulé, se présente en cristaux octaèdres, soit réguliers et sans facettes additionnelles , soit avec des facettes nouvelles et des troncatures sur les angles et les arêtes : mais la forme générale octa^èdre est rarement altérée par cette surcharge. Les formes secondaires sont peu nombreuses , mais chacune s'offre sous plusieurs aspects différens, dus à l'étendue que certaines faces prennent aux dépens des autres. L'on observe aussi des cristaux hémilropes ou mâclés. Voici la plupart des variétés cristallisées du spi- nelle.
* Cristaux simples.
i.o Spinelle primitifs Haiiy, Trait. 2, pag. 4-98, pi. 4^ 9 fig. 3o. C'est l'octaèdre qui sert de noyau primitif. Il est : a, régulier lorsque toutes les faces sont semblables; B, cunéiforme lorsque les deux pyramides se terminent en biseaux. Il y a le sp. oct. cun. parallèle lorsque les deux arêtes des biseaux sont parallèles : on l'a considéré aussi comme un prisme droit , terminé pa/ un sommet dièdre ; et le sp. ocl. cun. croisé lorsque les deux arêtes des biseaux se croisent. Quelquefois les petites facettes sont une ou toutes presque imperceptibles , et alors le cristal se présente comme un tétraèdre régulier , entier ou légèrement épointé. C, sp. oct. rhomboidal, deux faces opposées de l'octaèdre , infiniment petites ou même nulles, les six au- tres s'étant développées à leurs dépens; l'octaèdre est trans- formé alors en un rhomboïde presque parfait, ou même par- fait ; quelquefois ce rhomboïde est un peu allongé et semble un prisme oblique à base rhombe. D, sp. oct. segminiforr^ie , deux faces opposées de l'octaèdre, extrêmement dévelop- pées, de sorte que le cristal se présente comme une peiile
4o S P I
table triangulaire à six facettes marginales alternativement inclinées sur les deux bases. On peut se rendre encore raison de cette forme en supposant l'octaèdre coupé en deux par un plan qui passeroit par son centre et parallèlement à deux faces opposées^
2." Spineîle émarginé ^ Haiiy, Trait., 1. c. , fig. 3i. L'oc- taèdre primitif et toutes ses modifications dont les arêtes sont émarginées. Très-commun.
3." Spineîle dodécaèdre^ Haiiy, Tab. comp. , 3i , et Trait, pi. 5o, fig. I02. Le dodécaèdre régulier à plans rhombes. 11 est infiniment rare.
** Cristaux composés.
Ces cristaux résultent de l'association régulière d'un ou plusieurs octaèdres segminiformes sur un octaèdre régulier ou bien également segminiforme. Les deux associations les plus remarquables sont celles-ci :
i.° R. sp. transposé. Deux octaèdres segminiformes entiers ou émarginés , accolés par leur base et offrant au pourtour trois angles renlrans et trois biseaux saillans ; l'on diroit «l'une moitié de l'octaèdre régulier , qui auroit tourné sur l'autre. On rencontre des cristaux où cette transposition n'a pas eu lieu complètement ; les deux octaèdres segminiformes composent une étoile par leurs angles saillans au-delà des arêtes.
S ° R. sp. canalijèrc. L'octaèdre cunéiforme croisé dont deux ou trois des grandes faces contigucs sont recouvertes par des octaèdres segminiformes, ce qui donne un tétraèdre canali- culé sur une ou trois arêtes et un angle rentrant.
Le spineîle présente encore plusieurs autres formes sim- ples ou composées : elles ont été indiquées par M. de Bour- non et par Jameson.
Le spineîle rouge n'a été trouvé jusqu'à présent que dans l'Inde au Pégu , et à Cananor dans la province de Mysore, ainsi qu'à l'île de Ceylan , roulé et mélangé avec le zircon , la tourmaline, la célanite, etc. , ou bien dans deux gangues différentes. La première, selon Cbenevix, est une chaux carbonatée grano-lamellaire , renfermant du mica jaune de topaze et prismatique , du fer sulfuré magnétique et dé petits prismes hexaèdres verdâtres qui paroisscnt être de la chaux phosphatée. La seconde est un feldspath adulalre contenant du fer sulfuré magnétique , de la stéatite verdâtrc et un peu de chaux carbonatée. On peut croire , d'après cela, que le spineîle appartient aux roches primitives ; Werner cepen- dant conjecture que le spineîle peut appartenir, conune le zircon et le grenat pyrope , à la formation des irapps sccoi:i- daires.
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Le spinelle rouge est une pierre gemme bien moins em- ployée qu'on ne le pense généralement ; et dans la plupart des ouvrages de minéralogie , on lui a attribué des qualités qui n'appartiennent qu'au rubis d'Orient ou corindon hyalin rouge. Le spinelle n'a pas la vivacité d'éclat ni la pureté de couleur qui plaît tant dans le rubis d'Orient : c'est néanmoins une pierre chère. On distingue :
i.° Le spinelle ponceau ou rubis spinelle proprement dit. II est d'un beau rouge ponceau. Une pierre parfaite de cette couleur, de forme octogone et de onze millimètres sur neuf de diamètre , se vend cinq à six cents francs à Paris. Ce prix est plus élevé lorsque la couleur est écarlate ou carminée. Le spinelle ponceau, dont la couleur passe au rose ou bien à la couleur du vin , a plus de valeur encore. Une pierre octo- gone de treize millimètres sur onze de diamètre ou de 6 à 7 tarais, vaut 1000 à iioo francs; un rubis d'Orient de pa- reille dimension est d'un prix inestimable.
2.^ Le spinelle vinaigre ou rubis spinelle teinte de vinaigre. C'est celui qui a une teinte roussâtre analogue à celle du vinaigre , ce qui est un défaut ; le rubicelle des joailliers n'est qu'un spinelle de cette espèce , qui a une teinte orangée,
3. Le spinelle balais ou rubis balais. Celui-ci est d'un rose violet, et le plus souvent avec un reflet laiteux ou girasol, qui alors en détruit le mérite. Cette variété est celle qui se rap- proche le plus du rubis d'Orient : elle est moins estimée que le rubis spinelle ponceau. Un rubis balais rose , teinte lie de vin, éclatant et pur, taillé en brillant carré de dix milli- mètres , est une pierre de trois cents francs ; une semblable, d'un rose clair , vaut cent vingt francs.
4..° Le spinelle brun ou rubis brun. Il est d'un rouge pâle , enfumé, noirâtre ou jaunâtre et presque sans éclat; il est beaucoup moins prisé que les précédens.
La taille, la seule convenable au spinelle, esl le brillant à degré, à haute culasse et à table médiocre. Il faut éviter de lui donner trop d'étendue. La monture la plus assorlis- sanlc est celle d'un cordon de petits diamans. Presque tous les spinelles du commerce proviennent de spinellcs roulés qu'on taille en Europe et qu'on apporte de l'Inde. Les spi- nellcs de trente-six à quarante grains, c'est-à-dire , de. neuf à dix karats , se rencontrent quelquefois.
Le voyageur Chardin dit que le nom de balais qu'on donne au spinelle rose , dérive de celui de Balacchan , nom persan du Pégu, contrée d'où l'on appor;c le spinelle. Il est possible que ce nom de balais soit une corruption de bacham, nom du spinelle sur la côte Malabare.
Il ne faut pas confondre le spinelle balais avec les rubis
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les rubis du Brésil , qui sont des topazes brûlées, ni avec le salamslone de Werner (qui est le corindon hyalin rose), comme l'a fait Jameson, ni avec la tourmaline rouge de Si- bérie, appelée aussi rubis de Sibérie, et qu^on vend quelquefois comme de vrais spinelles balais, Toutes ces pierres ont la réfraction double, tandis que , dans le spinelle , elle est sim- ple. L'almandine de Pline nous paroît être un corindon et non pas un spinelle ni un grenat.
§ 1I« Spinelle noir ou Geylanite, ou Pléonaste {Schorl oug'renû/i/'Mn,Romé-de-risle; Cey/an«V<?, Delamélh.;P/CT>n«5te, Haiiy , Trait. ; Spinelle noir ^ purpurin , etc, , Haiiy , Tabl. ; Zeylunit^ Wern. ; Ceylanite, James. ). La ceylanite est au spi- nelle rouge ce que le béryl est à l'émeraude ; leur différence existe dans leur composition chimique. Le béryl, comme la ceylanite , doivent leur couleur au fer oxydé ; et le spitaelle , comme l'émeraude , doivent leurs belles couleurs rouge et verte au chrome. Ce métal est à 1 état d'acide dans le spi- nelle, et simplement oxydé dans l'émeraude.
La ceylanite est noire , ou d'un noir de velours, ou gri- sâtre, ce qui la fait distinguer d'abord. Elle est d'une opa- cité parfaite ou presque parfaite. Sa cassure est conchoïde, vi- treuse et éclatant^ comme celle de l'obsidienne. Elle raye le quarz, mais pas aussi fortement que le spinelle. Sa pesan- teur spécifique est un peu plus considérable que celle de cette dernière pierre ; elle varie de 3,764.7 à 3,7931, d'après M. Hauy.
La ceylanite n'attire point l'aiguille aimantée , et cepen- dant elle renferme un sixième de son poids d'oxyde de fer , ainsi que Ta reconnu Descostils, car cette pierre est compo- sée, selon l'analyse qu'en a faite ce chimiste , de :
Alumine 68
Magnésie 12
Silice 2
Fer oxydé 16
Perte 2
La ceylanite cristallise comme le rubis et présente les mê- mes formes simples ; mais, ce qu'il y a de remarquable , elle n'offre point de cristaux composés ou transposés comme le spinelle ; ses formes simples sont même régulières et ne pren- nent point les divers aspects qu'on remarque dans les cristaux du spinelle. 11 y a la ceylanite octaèdre, émarginée, dodécaè- dre et unibiaaire : cette dernière forme et la seconde sont les plus fréquentes. L'unibinaire, infiniment rare dansle spinelle, est commune dans la ceylanite ; c'est la forme émarginée dont les angles solides , composés de quatre plans, sont remplacés
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chacun par quatre facettes qui naissent sur les arêlcs adja- centes ( V. Haiiy, Trait,, pi. 5o , fig. 104.).
Laceylacite se trouve à Ceylan, dansles sables desrivières, avec le zircon, le saphir, le spinelle et le fer oxydé titane. Elle y est en cristaux ou bien roulée. Alors on la distingue plus difficilement des tourmalines qui l'accompagnent , et il faut avoir recours à i'électromètre et s'assurer que les cristaux que l'on présume devoir être de la ceylanite ne jouissent pas de la vertu électrique propre à la tourmaline. La ceylanite de Ceylan se confond d'autant plus aisément avec les tour- malines qui l'accompagnent , que celles - ci sont noires ou grises à l'extérieur, et qu'on ne peut juger de leur couleur qu'en regardant le jour à travers la pierre ou sur les bords minces d'un éclat. La ceylanite examinée ainsi, est presque toujours opaque , et ce n'est que sur ses éclats très- minces qu'on voit une légère teinte de vert d'émeraude, quelquefois de bleu azuré , ou de rouge sombre, ou de jaunâtre. Les tourma- lines présentent aussi les mêmes couleurs, mais le plus sou- vent elles sont visibles à travers les pierres intactes. La ceyla- nite de Ceylan , broyée finement , donne une poussière d'un gris verdâtre.
La ceylanite, d'abord limitée à la seule variété qu'on ap- porte de Ceylan , s'est accrue de variétés trouvées dans d'au- tres lieux, et particulièrement en Europe dans un gisement différent de celui de Ceylan. Dans cette île , les cristaux de ceylanite semblent avoir appartenu à des roches primitives détruites. En Europe , les ceylanites ou spinelles noirs affec- tent les terrains volcaniques. Le Vésuve est jusqu'à présent le seul volcan en activité , qui présente des cristaux de cey- lanite contenus dans des roches primitives, qu'il a lancés autrefois sans les altérer par l'action de ses feux. Les spinelles du Vésuve sont noirs, éclatans, fort petits , très-rarement de la grosseur d'un pois, et contenus par myriade dans des blocs de chaux carbonatée, ou bien ils tapissent les cavités de blocs de pyroxène, de mica , de néphéline , de grenat , de hauyne , d'idocrase , d'amphigène, etc. •
La ceylanite du Vésuve est toujours noire , cependant Delamétherie et Thompson disent qu'il y en a de vert de mer , de bleu indigo , de purpurines ; mais il nous est démon- tré , par des pièces données par Thompson lui-même., qu'ils ont pris la hauyne pour du spinelle : il est vrai que c'étoit à une époque où l'espèce hauyne n'étoit pas encore établie. On éloit tombé dans une semblable erreur concer- nant la hauyne d'Andernach. M. AUan soupçonne que l'hu- mite de M. Bournon est une variété de ceylanite ', mais cette
%t, s P I
pierre est transparente et d'un rouge de cannelle, par consé- quent elle s'éloigne de la ceylanite.
Le spinelle blanc transparent du Vésuve est , selon nous , de la chaux fluatée. L'on sait que ce sel a été signalé , pour la première fois , au Vésuve par M. Monleiro ; nous-mêmes nous l'avons reconnu ensuite dans les blocs rejetés par le (Vésuve, associé avec Tidocrase, le mica, et, ce qui nous semble absolument nouveau, avec le plomb sulfuré; cir- constance remarquable et en faveur de notre opinion , car on sait que la chaux fluatée et le plomb sulfuré sont pres- que toujours associés dans les mines.
Nous rapportons à la sodalite , mais avec doute, le pré- tendu spinelle blanc dodécaèdre qu'on indique au Vésuve.
La ceylanite ou spinelle noir se trouve aussi à Laach près Andernach, sur les bords du Rhin, dans des roches volcaniques qui , comme celles du Vésuve , n'ont pas été fondues. Les cristaux de ceylanite sont associés au feld- spath , à la hauyne , au mica , au fer oxydulé titane , etc.
L'on rapporte à la ceylanite des cristaux qui ont les mê- mes formes, d'un noir parfait, à cassure éclatante, qu'on trouve dans les basaltes, c'est-à-dire, dans les laves lithoïdes, compactes, configurées en prismes, et dans les brèches et les grès de Valmahargues et de Mont - Terrier près Mont- pellier ; mais comme il n'existe point d'analyse de ces cris- taux, on peut croire que ce sont des cristaux de titaœ oxydé ferrifèrc , ou, si l'on veut, de fer oxydé litanifère. On sait que celui-ci n'est pas magnétique lorsque le titane abonde, et qu'il présente les mêmes formes que le spinelle, qu'il a la cassure éclatante et ondulée comme le pléonasle , et qu'il constitue une parlie de la pâte des basaltes. Lorsque l'on compare les ceylanites de Valmahargues avec le fer oxydé titane, qui est dans les laves basaltiques d'Unckel et dans la lave du Puy-de-Coran en Auvergne , on est surpris de leur extrême ressemblance. Cependant il est sage de suspendre son jugement jusqu'à ce qu'on ait une analyse delà ceylanite de Montpellier; mais cetie retenue ne doit pas faire oublier les rapports nombreux qui existent entre le spinelle noir ou ceylanite des volcans et le titane oxyde ferrifère. L'on dit que la roche granitique du Saunalpe, qui contient l'augile lamel- leux ou carinthin de Werner, contient aussi de petits spi- nelles noirs ; c'est probablement encore du titane oxydé ferrifère.
§ IIL Spinelle BLEU ou Spinelle d'acker , BarzehW est en octaèdres réguliers d'un bleu clair ou d'un léger vio- let bleuâtre , demi-transparent et empâté dans de la chaux carbonatce lamellaire, Il a la cassure lamelleusc dans le sens
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des plans de l'octaèdre ; il a un éclat vif. Ces cristaux ont depuis une ligne jusqu'à quatre de diamètre. Sa pesanteur spécifique est de 3,b8 , selon Berzelius. L'analyse qu'en a faite Berzelius y a démontré la présence des principes suivans:
Alumine 72,2$
Magnésie i4.,63
Silice 5,48
Fer oxydé 4,26
Perte et résidu 3,38
Le spinelle bleu a été découvert en Suède dans la province de Sudermanie,à Acker. Son analyse et ses autres caractères le rapprochent du spinelle précédent, dont il différoit seule- ment par sa transparence et son éclat brillant ; l'absence de l'acide chromique et la présence de la silice l'éloignent du spinelle rouge.
§ IV. SPiNELLE ZINCIFÈRE OU TAUTOMALITHE ( Automaîilhy ÏLckeberg ; Corindon zincif ère, ïlisinger; Automalite et Corindon zincifère ^ Delam. ; Automalith et Fahlunit ^ Karst. ; Gahnît, Hising. et Berzel, , Moll. , etc. ; Automalith , Wern. ; Auto- malite^ James. ; Spinelle zincif ère ^ Haîiy ).
Le spinelle zincifère est d'un bleu foncé presque noir ou terne ; il passe au vert grisâtre. Il est opaque , excepté sur les bords où il a une foible transparence verte ou verdâtre. Il est en cristaux qui ont de deux à quatre lignes de diamètre et dont les formes sont au nombre de deux : l'octaèdre régulier, ou cunéiforme, ou segminiforme, et l'octaèdre transposé. Il a une structure feuilletée dans le sens des faces de l'octaèdre. Sa cassure transversale est conchoïde en partie , luisante et terne, «t ses fragmens sont anguleux. Il a, à l'extérieur, l'éclat uni , luisant et même perlé ou métallique. Sa poussière est vert-grisâtre.
Il est assez dur pour rayer le quarz , mais il est rayé par le spinelle rouge et le spinelle noir. On le'casse assez facilement. Sa pesanteur spécifique est plus forte que celle des autres spi- nelles : elle est de 4)26i , selon Hisinger, et de 4,696 , sui- vant Haiiy. Il n'est pas conducteur de l'électricité. Il est infu- sible au chalumeau sans addition. Avec le phosphate de soude, il donne un globule vitreux incolore. Il est composé de : Eckeberg. f^auquelin.
Alumine 60 .
Silice 4 . •
Zinc oxydé 24 •
Fer. ....... 9 . .
Soufre o . .
Perte 3 . .
42
4
28
5
'I
100
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Ce minéral est très-difficilement attaqué par les réactifs , et , selon Vauquelin, le zinc y est à l'état de sulfure , ce qui n'est point l'avis de Berzelius ; car cet habile chimiste , dans son Essai sur rétablissement d'un nouveau système de miné- ralogie, ne rapporte que l'analyse de l'automalite par Ecke- berg. Cette analyse, comme celle de Vauquelin, nous dé- montre que le spinelle zincifère ne sauroit être joint au spinelle rouge, ni au spinelle noir, ni au spinelle bleu, puisque ces trois pierres contiennent de la magnésie , qui paroît être un principe constituant et essentiel de l'espèce spinelle ; la présence du zinc seroit encore une raison de les séparer , si toutefois cette substance ne s'y trouve point en simple mélange.
Le spinelle zincifère est en cristaux disséminés dans une sorte de chlorite schisteuse , vert-sombre , qui contient aussi de la lilhomarge et de la galène ou plomb sul§jré. Il n'a été trouvé jusqu'à présent qu'à Fahlun en Suède. 11 est aussi , mais très-rarement, en masses granulaires, grisâtres ou gris bleuâtre : cette variété n'a pas encore été analysée. (LIS.)
SPINELLE. Synonyme de Spinifex. (b.)
SPINELLINE de Nose. C'est laSEMÉuNE de Fleurîau- de-Bellevue , variété de Titane silicéo-calcaire. V. cet article, (i.isi.)
SPINIDYA. C'est, chez les Grecs modernes, suivant Belon , le nom du Vetsturon. V. ce mot. (s.)
SPINIFEX, Spinifex. Plante de la polygamie monoécie et de la famille des graminées, dont la tige est grosse comme le doigt , géniculée , et pousse à chaque angle un faisceau de feuilles coriaces, striées , subulées , courtes, très-piquan- tes , duquel sortent plusieurs épis de fleurs portées sur un ra- chis flexueux et épineux à sa pointe.
Cette plante, qui vient dans les Indes, sur les bords de la mer, forme un genre qui a pour caractères : une balle calici- nale de deux valves biflores; une baie florale bivalve et mu- tique; trois étamines dans les fleurs mâles et hermaphro- dites ; un ovaire supérieur , surmonté de deux styles , dans les fleurs hermaphrodites ; une semence renfermée dans la balle florale: (b.)
SPIN-MERLO. Castor donne ce nom au Nerprun ca- tqartique. (ln.)
SPINOS. Le Tarin, en grec, (s.)
SPINQSI ( mammifères épineux ). Sous cette désigna- tion , Vicq-d'i\zyr réunit , contre toute analogie d'organisa- tion , le Hérisson et le Porc-épic. (desm.)
SPINTHERE. Il sera question de celte substance miné- rale , à l'article du TITA^'E silicéo-calcaire. (ln.)
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SPINUS. Le Tarin , en laiin/ (s.)
SPINZ AGO. Nom Italien du Courlis , sur le lac Majeur- V. ce mot. (s.)
SPINZAGO d'AQUA. C'est le nom de TAvocette, sur le lac Majeur, (s.)
SPIO , Spio. Genre établi par O. Fabricius, aux dépens des Néréides. Ses caractères sont : corps allongé , articulé , grêle, ayant de chaque côté une rangée de soies très-cour- tes ; branchies latérales non divisées, filiformes. Deux tenta- cules extrêmement longs, filiformes ou sétacés, imitant des bras ; bouche terminale ; deux ou quatre yeux.
La Néréide séïicorne de Linn.ieus sert de type au genre qui renferme de plus une autre espèce figurée par O. Fabri- cius dans les Mémoires de Berlin , tom. 6. Lamarck leur a depuis réuni le Diploïis de Montagu , et mon Poi-YDOre. Je ne puis adopter cette dernière réunion, le polydore of- frant , par sa queue à ventouse , un caractère plus important que beaucoup de ceux journellement employés dans la cons- titution des genres, (b.)
SPIONÉKEIDE. Synonyme de Spio. (b.)
SPIPOLA ALBA, AIdrovande désigne ainsi la farlouse blanche^ variété de la Farlouse. (s.)
SPIPOLETÏO. Nom italien du Pipi spipolette. (v.)
SPIPOLETTE. r. Pipi. (DESM)
SPIRANTHE,^yo/ra/ï/;/e5. Genre de plantes, établi parRi- chard, Annotations sur /es Orchidées d Europe , pour placer l'O- PHRYDE SPIRALE de Linnaeus ( NÉOTiE spirale de Willde- now), et autres voisines. 11 offre pour caractères : épi spiral; ovaire oblique à son sommet; les divisions du calice (corolle , Linn.)se rapprochant par leurs extrémités; labelle (nectaire, Linn.) obovale ; gynise à demi-elliptique ; rostelle pourvu de lames ; proscole linéaire, (b.)
SPIRE. On entend par ce mot, en conchyliologie, tous les tours de spirale , pris ensemble , que présente une coquille univalve. V. au mot Coquille, (b.)
SPIREA D'AFRIQUE. C'est le Diosma velu, (b.)
SPIREA. Théophraste donne ce nom à un arbrisseau qu'on croit être le spirœa salicifolia des botanistes. On prétend que son nom vient d'un mot grec qui signifie corde, et cet arbuste auroit été ainsi nommé , parce que ses bran- ches sont flexibles et pliantes comme des cordes.
Tournefort a fait de cette plante que Clusius et C. Bau- hin avoient déjà nommée spirœa^ son genre spirœa^ caracté- risé par les capsules droites et les tiges ligneuses et frutescen- tes ; mais ce genre , comme ceux du même auteur , ulnia- ria , filipendula , et barha caprœ ont été réunis en un seul par Linneeus : c"est celui dont il est parlé dans ce Dictionnaire,
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h l'article spirêe. Le genre gillenius a été fait à ses dépens. Rai et Commelin ont rapporté aux spirœa des espèces de diosma. (ln.)
SPIRÊE, Spirœa. Genre de plantes de l'icosandrie pen- tagynie et de la famille des rosacées, dont les caractères con- sistent : en un calice à cinq divisions ouvertes; en une corolle de cinq pétales ; en un grand nombre d'étamines attachées au calice ; de trois à douze ovaires, à style filiforme, et à stig- mate en tête ; en trois à douze capsules uniloculaires , inté- rieurement bivalves et contenant une ou trois semences in- sérées à la suture intérieure des valves.
Ce genre renferme des plantes herbacées ou frutescentes, à feuilles, ou simples, ou ternées , ou ailées avec impaire, et à fleurs axillaires ou terminales , disposées ordinairement en corymbes ou en panicules. On en compte plus de trente espèces , qu'on divise en deux sections ; savoir : '
i.« hesfruiiqueuses, parmi lesquelles il faut particulièrement distinguer :
La Spirée a feuilles luisantes , qui a les feuilles lan- céolées, très-entières , scssiles , et les fleurs en grappes. Elle vient des monts Atlaï en Sibérie. C'est un arbrisseau de trois à quatre pieds de haut, qu'on cultive depuis quelques années dans les jardins de Paris , à raison de la beauté de son feuil- lage et de ses fleurs. On le muhiplie de marcottes et de se- mences. Ses fleurs sont blanches.
La Spirée a feuilles de saule, qui a les feuilles oblongues, dentées , glabres , et les fleurs disposées en grappes surcom-
ftosées. Elle vient aussi de Sibérie, et est cultivée depuis fort ong-temps dans les jardins d'agrément, où elle forme des loutfes de trois à quatre pieds de haut , remarquables par la beauté de leur feuillage et leurs épis de fleurs rougeâtres. Ses tiges sont le plus souvent simples. Elle fournit plusieurs va- riétés. On la multiplie de semences, de marcottes ou de re- jetons. Elle ne craint point les hivers les plus rigoureux, mais elle perd quelquefois ses feuilles dans les étés secs et chauds. La Spirée tomenteuse , qui a les feuilles lancéolées , inégalement dentées , velues en dessous, et les fleurs surcom- posées. Elle est originaire de l'Amérique septentrionale , et ressemble beaucoup à la précédente et se cultive , comme elle , pour l'ornement. On la multiplie par graines et par déchirement des vieux pieds. Elle veut la terre de bruyère. La Spirée a feuilles de millepertuis, qui a les feuilles presque ovales, très- entières, et les ombelles sessiles. Elle se trouve dans le Canada , et se cultive dans les jardins d'agrément, qu'elle embellit de ses nombreux corymbes de fleurs blanches. On la multiplie de marcottes ou de rejetons,
ou de semences. Elle s'élève à trois ou quatre pieds. On la tient ordinairement en buisson.
La Spirée crénelée, qui a les feuilles presque ovales , aiguës, dentées à leur pointe, trinervées, et les fleurs dis- posées en corymbes irès-serrés et pédoncules. Elle est origi- naire de la Sibérie et de la Hongrie. On la cultive , comme la précédente , de très-ancienne date, dans les jardins d'agré- ment, et ordinairenient on la confond avec elle. C'est pro- prement la spirée des jardiniers. Sa culture ne consiste qu'à la tenir en buisson à la hauteur désirée, et à l'émonder de son bois mort. On peut la multiplier de semences, mais ordinai- rement c'est ou de marcottes ou de drageons qu'on le fait , cette espèce, encore plus que les précédentes, tendant beaucoup à pousser du pied. Elle est extrêmement commune dans les jardins des environs des grandes villes.
La Spirée a feuilles d'obier, qui a les feuilles ovales, trilobées , dentelées , et les fleurs disposées en corymbes pédoncules. Elle vient de l'Amérique septentrionale, et se cultive dans les jardins d'agrément. Elle se refuse à former des buissons comme les autres , mais elle n'en produit pas moins un agréable effet dans les premiers ran^s des massifs par ses longs rameaux recourbés et garnis de bouquets de fleurs blanchâtres dans presque toute leur étendue. On la multiplie de graines. Engénéral , tous ces arbustes périssent souvent sans qu'on puisse en deviner la cause et sans qu'on puisse y apporter du remède.
2." Les herbacées, où il faut principalement remarquer:
La Spirée barbe de chèvre, qui a les feuilles surdécom- posées; les fleurs disposées en épis paniculés et dioïques. Elle est vivace , et se trouvjc dans les bois humides des pays mon- tagneux de l'Europe. On l'appelle vulgairement la barbe de chèvre. C'est une plante haute de quatre à cinq pieds, dont les semences sont regardées comme astringentes. On la cul- tive dans quelques jardins d'agrément, à raison de sa grandeur et de la beauté de ses paniculés de fleurs blanchâtres.
La Spirée filipemdcle, qui a les fleurs pinnécs ; les folioles dentées, égales , et les fleurs disposées en corymbes. Elle est vivace et se trouve très-communément dans les bols et dans les pâturages. Elle s'élève à deux ou trois pieds. L'aspect de ses fleurs rougeâtres en dehors et blanches en dedans, et méine celui de ses feuilles, n'est point désagréable. On la voit quelquefois dans les jardins d'agrément. Sa racine est composée de fibres auxquelles sont aliachés plusieurs tuber- cules de la grosseur et de laformc d'une olive, noirâtres en dehors, blanchâtres en dedans , et d'un goût acre, amer et astringent. On la regarde comme incisive et diurétique
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On remploie surtout fréquemment en poudre dans les fleurs blanches et les maladies scrophuleuses. Les feuilles, qui sont odorantes , gluantes et stypllques, sont également usitées en médecine.
La Spirée ulmaire , qui a les feuilles pinnées , velues en dessous , avec une impaire trilobée et les folioles alternati- vement grandes et petites. Elle est vivace , et se trouve dans toute l'Europe , dans les prés marécageux , dans les bois hu- mides. On l'appelle vulgairement la reine des prés ^ la petite barhe de chèvre, ornière ou vignette. Elle s'élève à trois ou quatre pieds et n'est pas sans élégance ; aussi la muItipHe-t-on dans quelques jardins d'agrément : elle y double aisément. Sa ra- cine est assez grc^sse et odorante. Ses feuilles ont un goût dherbe salée et gluante. Toute la plante est cordiale et vul- néraire. La décoction de sa racine esttrès-appropriée dans les fièvres malignes et pour déterger les ulcères. Ses fleurs , en infusion, sont sudorifiques , bonnes contre la toux et dans les maladies inflammatoires ; mises dans du vin , elles lui don- nent la saveur du vin de Crèle ou du muscat de Frontignan.
La Spirée du KAMTscHATKA,qui a les feuilles à cinq lobes, pétiolées, auriculées ; la tige hérissée, et les corymbes pro- lifères. Elle est vivace, et se trouve dans le Kamlschalka, où elle sert d'aliment aux habitans, sous le nom de schlavida. Ils mangefit d'abord sans assaisonnement ses jeunes pousses qui ont une saveur d'amande , et ensuite ses feuilles en salade ; ses racines se conservent pour l'hiver, après avoir été séchées. Ils les mangent alors crues ou cuites sous la cendre, ou mê- lées avec des œufs de poissons ou autres alimens. Ces racines ont un goût de pistache.
Les caractères botaniques de celte espèce diffèrent si peu de ceux de la précédente , qu'on est porté à croire qu'on pourroît également manger ses diverses parties.
La Spirée a trois feuilles se caractérise par son nom. Elle est vivace et originaire de l'Amérique septentrionale , où on l'emploie comme émétique. On la cultive dans nos jardins, (b.)
SPiaiFÈRE, Spirijer. Genre de coquilles établi par Sowerby, Conchyliologie minérale de la Grande-Bretagne^ pour I'Anomie cuspidate qui s'écarte des autres. Ses caractères sont : coquille bivalve, équilatérale , à valves inégales, pour- vue d'un bec ; l'une des valves avec un large sinus sous le bec ; " charnière transverse , longue et creuse ; deux spirales li- néaires accessoires à la charnière.
La spirifère se trouve dans les terrains de transition avec les Térébratules, les Anomies, etc. Elle est figurée , pi. 120 de l'ouvrage précité , dans le quatrième volume des
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Transactions àe la Société linnéenne de Londres , etc. (b.) SPIRIPLOCO. Il paroît que c'est, à Surinam, le nom que les naturels du pays donnent à Vhéliclère peniandre. Lin- nseus le cite comme synonyme de cette plante, d'après le manuscrit d'Allamand. (ln.)
SPIRIVALVES. On a donné ce nom aux coquilles uni- valves qui sont enroulées en spirale et non en cône : ce sont les moins communes, (desm.)
SPIRLIN. Poisson du genre Cyprin, (b.) SPIRORRANGHE , Spirobranchus. Genre établi par Blainville pour placer la Serpule gigantesque de Linnaeus. Ses caractères sont : corps médiocrement allongé ; branchies formées par un axe autour duquel s'enroule en spirale la ban- delette branchiale ; les tentacules fermes , ou mieux , très- probablement recouverts par une petite coquille servant d'opercule ; test fort mince , calcaire. (B.)
SPIROGLYPHE, Spiroglyphus. Genre de vers marins , dont les espèces sont logées dans un tube calcaire en spirale irrégulière , en partie creusé dans la surface des coquilles.
Ce genre a été établi par Daudin, et pourroit être réuni auxSERPULES,si on ne considérolt que la forme de la coquille; mais le ver qui l'habite ayant besoin, pour percer les an- tres coquilles , d'instrumens d'une nature particulière , doit avoir des organes différens. Au reste, ceci n'est qu'une conjecture. On ne connoît pas encore les animaux des spiroglyphes , dont Daudin a décrit deux espèces : le Spiro- GLYPHE POLI , dont la spire est irrégulière, unie , et l'ouver- ture ronde ; et le Spiroglyphe cordelé , dont la spire est îrrégulière et annelée en saillie. Elles se trouvent toutes deux sur des coquilles de l'Océan indien. F. la figure de la seconde planche D. lo. (e.)
SPIROGRAPHE, Spîrographa. Genre établi par Viviani pour un ver dont le corps est en tout semblable à celui de. Amphitrites , mais dont les branchies sont formées par des lanières nombreuses portées par une bandelette contournée en spirale, et dont la bouche est dépourvue de tentacules.
C'est dans la Méditerranée que vit cet annélide. (b.)
SPIROLINE, Spirolina. Genre A& coquilles établi par Lamarck. 11 offre un test univalve, multiloculaire , en partie spirale et en partie droit ; les cloisons perforées par un tube.
Ce genre , dont on ne connoît encore que deux petites es- pèces fossiles à Grignon,ne diffère de la Spiruce que parce que les tours de la spirale se louchent, tandis qu'ils sont écar- tés dans cette dernière, (b.)
SPIRORBE , Spirorbis. Genre de vers marins à tuyau, qui présente pour caractères : un corps cylindrique , atténué
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poslérieurement, ayant à son extrémité antérieure quatre branchies plumeuses, rélractiles, et un tentacule épais, bifide; un opercule uni , globuleux, charnu , pédoncule , rélractile ; le tout contenu dans un tuyau solide , testacé, régulièrement contourné en spirale discoïde, et adhérant aux corps marins.
Ce genre avroit été confondu par Linnœus avec celui des serpules, dont il se rapproche en effet beaucoup , mais dont il diffère cependant par la coquille toujours régulière et par l'animal qui l'habite. Daudin et Laniarck les ont séparés sous la seule considération de la coquille. En faisant connoître l'animal d'une de ses espèces, je l'ai définitivement fixé.
Les spirorbes sont toujours attachés dans le sens de leur largeur sur les coquilles et autres corps qui se trouvent dans la mer. J'ai vu les varecs qui flottent en si grande abondance dans l'Atlantique , en être entièrement couverts. Leur spire est régulière , à trois tours , plus mince au centre, carénée sur le dos; leur ouverture est presque ronde et un peu oblique.
L animal qui les habite a quatre branchies plumeuses at- tachées à la base d'un tentacule épais et bifide , et de plus, un opercule demi-globuleux, charnu, pédoncule et rélractile. Cet opercule est bien différent de la trompe des serpules, quoique semblable au premier coup d'œil ; il n'a point de tentacules et ne sert absolument qu'à fermer la coquille ; ce que l'animal lui fait faire au moindre danger, comme je m'ensuis souvent assuré.
On connoît neuf espèces de spirorbes, parmi lesquelles les deux plus connues sont :
La Spirorbe spirille, qui est demi-transparente. Elle se trouve dans l'Océan , attachée aux scrtulaires. F. pi. P. lo de ce Dictionnaire.
La Spirorbe commune, qui est canaliculée en dessus. Elle a été figurée par moi dans VHist. nat. des Vers ^ faisant suite au Bujfun^ édition de Deterville. Elle se trouve dans toutes les mers, attachée aux varecs. (b.)
SPIROSPERME, Spirospermum. Arbuste de Madagascar à feuilles alternes , nervées,et à fleurs en grappes pendantes , qui, selon Dupetit-Thouars, forme seul un genre dans la mo- noécie hexandrie et dans la famille des ménispermes , fort voisin des Pareires.
Les caractères de ce geûre sont : calice de six folioles dont trois intérieures plus longues ; six pétales concaves plus cour- tes que les folioles du calice ; six élamines dans les fleurs mâles, dont trois intérieures et réunies à leur base, toutes à anthères bilobées ; hait noix monospermes disposées en rond.
Les fleurs femelles ne sont pas connues, (b.)
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SPIRULE , Spinda. Genre de lestacés de la classe des Univalves , qui est formé par des coquilles parliellement ou complètement en spirale discoïde, à tours séparés ; le dernier surtout s'allongeant en ligne droite et ayant des cloisons trans- versales simples , dont le disque est percé par un tube.
Ce genre ne comprend que trois ou quatre espèces marines bien caractérisées; mais il en renferme un plus grand nombre de fossiles, encore imparfaitement décrites par les orylogra- phes, sous le nom de Utiiiies. La plus commune et en même temps la plus grande des marines , est la Spirule fragile , connue des marchands de coquilles sous le nom de cornet de postillon, et figurée pi. D. i8. Elle est très-mince, cylindrique, unie et blanche en dehors, nacrée en dedans ; ses cloisons sont perforées par le siphon , près du bord , du côté intérieur, et son ouverture est ronde. Elle ressemble enfin, par sa disposi- tion,à un ressort qui se débande. (3n la trouve très-abondam- ment dans les mers d'Amérique et de Tlnde.
Les genres Scaphite de Sowerby et Oréade de Denys-de- Monlfort s'&n rapprochent beaucoup.
Guvierregarde ce genre comme devantêtre réuni auxNAU-
TILES. (b.)
SPIRULIER. Animal de la Spirule. Il a les tentacules inégales et la coquille cachée sous le manteau, (b.)
SPISSAXYLON. Nom donné au bois bitumineux fossile ou lignite, (ln.)
SPITZ. Nom allemand du Chien-loup ( Canis famtlians pomeranus , L. ). (desm.)
SPIZA. Nom grec du Pinson, (s.)
SPIZA, Dans les mines de sel gemme de la Gallicie , on donne ce nom à la Soude muriatée solide mélangée d'ar- gile, (ln.) ,
SPIZAETE , Spizaëlus, Vieill. ; Falco , Lalh. Genre de l'ordre des Oiseaux accipitres , de la tribu des Diurnes et de la famille des Accipitrins. V. ces mots. Caractères : bec grand , presque droit et garni d'une cire à sa base , compri- mé latéralement, convexe en dessus; mandibule supérieure à bords dilatés , crochue vers le bout et acuminée ; l'infé- rieure droite, plus courte et obtuse; narines elliptiques; langue charnue , épaisse , échancrée ; tarses un peu grêles , allongés, nus ou vêius ; quatre doigts foibles et courts , trois devant, un derrière ; les extérieurs unis à leur base par une membrane ; l'interne libre; ongle postérieur le plus long et le plus fort de tous; ailes médiocres; la première rémige plus courte que la huitième , les quatrième et cinquième les plus longues de toutes.
hes spizaëles sont des oiseaux de proie qu'on nomme aigle ^ d'après leur taille , mais qui dilfèrent des véritables aigles
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en ce qu'ils ont des ailes et des pieds d'épervîer ou d'aulour, c est à-dire , des ailes plus courtes que la queue ^ des tarses élevés et grêles,et des doigts foibles, d'où leur sont venus les noms d'aigles -autours ou A' épen>iers- aigles ( SpiZAËTES ). A l'exception de deux ou trois espèces , toutes les autres habi- tent l'Amérique méridionale , où l'on ne rencontre point d'iiigles proprement dits, c'est à-dire des accipitres , qui réunissent tous les attributs qui caractérisent ceux-ci. Il en est de même des grands oiseaux de proie que l'on ap- pelle harpies , et qui se rapprochent plus des spizaëtes que des autres.
A. Tarses nus.
Le SpiZAÊte BASA^^É , Spizaëlus nmhustus , Vieill. ; Falco ambusius, Gm. ; Vulhir amhusfus , Lath. ; lUustr. de Brown , pi. I. Cet oiseau , de l'Amérique australe, a été donné pour un vautour par Latham , et pour un gypaète par Gmelin , Daudin et Sonnini ; mais ce n'est ni l'un ni l'autre. Le genre dont il me paroît le plus se rapprocher, est celui des spizaé'les, si l'on s'en rapporte à son image , puisqu'il a les pieds grêles , allongés, et qu'on n'y retrouve point les parties nues des vau- tours , ni les narines et la cire totalement couvertes de plu- mes , ni les tarses emplumés , ni enfirï la barbe du g) paële , quoiqu'on lui donne , dans la description , un menton barbu. 11 a deux pieds deux pouces de longueur totale ; le bec d'un brun obscur; la tête, le cou, le dos, la poitrine et les cuisses, d'une couleur Kasanée pâle ; les couvertures des ailes, mé- langées de brun ; la queue longue , arrondie , d'un blanc obscur, el traversée par des bandes étroites , obliques , et de coi^leur brune ; les pieds bleuâtres et un peu marbrés; les ongles longs et peu courbés. (Jn le trouve aux îles Falkland.
Le SpizaÉte BLANCHARD, Spizaëtus albescens, Yieill.; Falco albescens^ Lalh. ; Hist. nat. des Oiseaux d'Afrique., par Le- vaillant , pi. i3. Celte espèce, des déserts de l'intérieur de l'Afrique , habite les forêts et niche à la cime des arbres ; sa ponte est de deux œufs blancs , que le mâle et la femelle cou- vent tour à tour. De même que l'aigle d'Europe , le blan- chardne souffre point d'autre oiseau de rapine dans le can- ton qu'il s'est choisi et où il veut régner seul en tyran féroce et sanguinaire. Les animaux qui lui servent de pâture habi- tuelle sont les ramiers, les perdrix de bois et une petite espèce de gazelle ; l'oiseau se précipite sur eux , du haut des plus grands arbres, sur lesquels il se cache derrière une grosse branche, el lorsqu'il a saisi sa proie, il lemporte toujours sur un arbre , pour la déchirer ; les corbeaux accou- rent autour de lui pour partager son butin , mais ils n'osent trop en approcher, et se contentent de jeter des cris et de se tenir au-dessous pour ramasser les débris. Cependant, le
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plas petits oiseaux ne redoutent pas l'un des plus cruels enne- mis de leur Iribu : ils peuvent impunément voler et s'éiahlir près du blancliard, et même se poser sur son aire : il ne leur fait aucun mal , et proportionnant sa générosité à leur foi- blesse , il se rend leur protecteur , cl les défend contre les attaques des autres oiseaux de proie. Des sons aigus, répétés avec précipitation, et d'une voix assez foible , qu'on peut rendre par les syllabes ai-qui-qui-qui-qui , forment son cri.
Bruce a vu le blanchard sur les hautes montagnes de l'A- byssinie , et Levaillant l'a rencontré , décrit et observé dans le pays d'Anteniquoi , vers la pointe australe de TAfrique. Une huppe de plumes courtes paroît à peine sur le derrière de la tête de cet oiseau; la queue est fort longue elles ailes pliées n'aboutissent qu'à environ moitié de sa longueur; il est moins grand d'un tiers que le grand aigle ; ses plumes sont douces au toucher , au lieu que les aigles les ont en gé- néral fort rudes. Le nom de blanchard indique les teintes de son plumage : il 'est en effet blanchâtre, lavé de brun fauve ; les pennes des ailes et de la queue sont marquées de bandes blanches et noires ; le bec est bleuâlre et les pieds. sont jaunâtres. La femelle n'a point d'apparence de huppe ; elle est d'un tiers plus grosse que le mâle , et sa couleur est plus nuancée de fauve brun. Dans les jeunes , au contraire , la teinte fauve est plus lavée , et les couvertures des ailes ont une bordure roussâtre. (s.)
Le wSpiZ/véte huppart. Cet oiseau , que j'ai décrit à l'ar- ticle des Aigles , me paroît appartenir plutôt au genre Spizaète.
* Le Spizaète brun du Paraguay , Spizaetus fuscescms ,. Vieill. C'est d'après M. de Azara que je décris cet oiseau , qu'il appelle aguila parda. 11 a vingt-cinq pouces de longueur totale ; le tarse long de quatre pouces et demi , et couvert en devant d'écaillés aplaties ; la tête , brune et variée de blanc ; le sourcil , de cette dernière couleur ; l'œil , entouré d'un trait noirâtre qui , en passant au-dessus des oreilles , se perd à l'occiput ; le dessus du cou et du corps , brun ; les couvertures supérieures des ailes et de la queue ont des points blancs à leur extrémité ; la gorge , le dessous et les côtés du cou sont blancs et tachetés de noirâtre ; de petites taches blanches , plus multipliées sur le ventre , sont semées sur le fond noirâtre du dessous du corps , et des traits ondulés et blancs se font remarquer sur les couvertures inférieures de la queue ; les ailes sont noirâtres et ont du Wanc sale à Tex- trémité de leurs pennes et de leurs couvertures supérieures ,. du blanc pur sur les liges des pennes moyennes, et du cendré, mêlé en ondes au noirâtre des grandes pennes cl au -gris
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cle leurs couvertures supérieures; les inférieures, savoir; les grandes sont comme marbrées de gris, de blanc et de brun clair; les autres noirâtres et variées de brun ; celles de la queue ont leur extrémité pointillée de blanchâtre cl des ondes étroites et cendrées; les plumes des jambes sont, en dehors, noirâtres et terminées de blanc; et, en arrière, marbrées de noirâtre , de blanc et de brun clair; le tarse est d'un jaune paille ; le bec , noir à sa pointe et bleu à sa base ; l'iris d'un roux clair.
L'oiseau que M. de Azara croit être la femelle de cette espèce a les mêmes formes et dimensions que le mâle; le trait qui entoure l'œil peu apparent ; toutes les parties supé- rieures d'un noir bleuâtre ; un peu de brun et quelques ondes cendrées sur les ailes , avec une tache agréablement variée de noirâtre, de brun rougeâtre et de blanc, auprès de leur se- conde articulation ; un peu de blanc avec quelques taches noires au-dessous de la tête et des oreilles ; les plumes du devant du cou, et du haut de la poitrine, d'un brun noirâtre, et terminées par une teinte moins foncée ; le ventre blanc ; le reste de la poitrine et les parties postérieures , rayés de noirâtre , sur un fond blanc teinte de brun rougeâtre ; les grandes couvertures inférieures des ailes d'un blanc pur , et les autres variées de jaune pâle , de gris rougeâtre clair et de noirâtre ; le reste du plumage comme dans le mâle.
J'ai rangé cette espèce et les spîzuëte noirâtre et blanc dans ce groupe , parce qu'ils m'ont paru, d'après leur descrip- tion , s'en rapprocher plus que de tout autre ; si je me suis trompé, c'est aux naturalistes qui les verront en nature à les placer plus convenablement.
lie SpjzaËte moucheté , Splzaëtus maculosus , pi. 3 lis de V Histoire des oiseaux de V Amérique septentrionale , sous la déno- mination à^aigle moucheté. Les tarses longs et grêles et les ailes moyennes de cet oiseau que Perrein a trouvé dans l'Amérique septentrionale, où il est certainement très-rare, puisqu'on n'en connoît encore qu'un seul inditidu , m'ont déterminé à le placer parmi les spizaëtes. Il a la tête, la nuque , le dessus du cou et le manteau noirs; un large sour- cil blanc, bordé d'une raie noire , qui part de l'œil et se perd sur les côtés de la gorge ; le hrum bleu et parsemé de poils ; la cire de la même couleur et l'iris jaune ; la gorge et les parties postérieures , jusqu'au ventre , tache- tées longitudinalemcnl de blanc sur un fond noir; celui- ci , au contr^rire , moucheté de noir sur un fond blanc ; les taches de la gorge et du cou très - étroites , celles de la poitrine larges, et de plus les plumes de cette partie avec une bdrdare noire; cellesde l'anus et des jambes d un ferrugineux
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foncé dans le milieu, et d'une nuance claire sur leurs con- tours ; toutes les couvertures de la queue et le croupion blancs , et rayés de noir en travers ; les pennes alaires et cau- dales avec des bandes pareilles , sur un gris de plomb en dessus, et un gris bleuâtre clair en dessous; les pieds orangés et les ongles noirâtres. Longueur totale, vingt-quatre pouces.
Le Spiz\ète noir , Sphaëlus niger, "Vieill. Tout son plu- mage est noirâtre, à rexceptlon de la queue qui est blanche dans les deux tiers de sa longueur, ensuite noire et traversée deblanc jaunâtre; la cire est bleuâlre;les pieds sont jaunes;le bec et les ongles, noirs. Longueur totale, vingt-quatre pouces.
Je rapproche de celte espèce, comme des jeunes, les deux individus dont il va être question : l'un a vingt-deux pouces de longueur ; le bec noirâtre ; le dessus de la tête et du cou , brun et mélangé de roux; une tache derrière l'œil et toutes les parties supérieures, brunes , rousses, et tache- tées de brun ; les plumes des jambes , avec des raies inter- rompues de la dernière couleur ; le dessous du corps blanc vajrié de raies et de zigxags bruns ; la queue d'abord blan- cng et tachetée , en longueur, de brun , ensuite noire et terminée de blanc ; les tarses jaunes et les ongles noirs.
L'autre individu porte une livrée plus variée de roux, en dessus, que celle du précédent; sa queue a, en dessus , des bandes transversales irrégulières-, sur un fond tacheté de noir et de brun ; les taches sont moins nombreuses en des- sous , et l'on n'en remarque aucune sur le venlre et les jambes ; enfin , les pennes des aiies sont noirâtres n dessus. Cet oiseau est de la taille du précédent. Tous les trois ont été apportés de Cayennc.
* Le Spizaëte noirâtre et blanc , Sphaetm mêla- noleucus , Vieill. Cet oiseau , que l'on trouve au Paraguay , a été décrit par M. de Azara sous la dénomination d'a- guila obscura y blanra. Il a vingt-cinq pouces de longueur; les plumes de la tête, du cou, du dessus du corps jusqu'à la queue , d'un noirâtre mêlé de bleu et terminées de blanc sale , à l'exception de celles du dos ; de petits points blan - châtres sont parsemés sur la queue, dont la couleur est noirâtre ; les couvertures supérieures des ailes sont cendrées et leurs tiges noirâtres , ainsi (jue les lignes qui les traver- sent; mais les plus grandes, ainsi que les pennes, sont d'un cendré plus foncé et variées de zones étroites et noires ; toutes les parties inférieures sont d un beau blanc , avec des lignes transversales noirâtres sur les couvertures inférieures de la queue et sur les grandes du dessous de l'aile , dont les pe- tites ont seulement leur tige dune leinlc sombre; le tarse
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est d'un jaune clair el couvert de grandes écailles aplaties devant et derrière ; la membrane du bec est d'un jaune pâle ; le bec noir à sa pointe et blanc dans le reste; l'iris est de couleur noisette très-foible.
Le Spizaéte noir huppé, Spiiaetus aier ^ Vieill., pi. 6 , vol. 38 de l'édition de Buffon, par Sonnini , sous la dcno- minalion A' aigle noir huppé d Amérique. Sonnini , qui, le pre- mier , a fait connoître cet oiseau de proie , nous assure que c'est une espèce distincte , de Vurubiiinga , avec lequel on l'a confondu. Ces deux spizaè'tes de l'Amérique méridionale ont cependant un plumage assez analogue pour que l'on se soit décidé à les réunir; mais si, comme le dit ce savant naturaliste , l'un a une huppe et que 1 autre n'en a pas , on est tenté d'adopter son sentiment, attendu que tout oiseau qui a une huppe, porte cet attribut à quelque âge que ce soit; seulement elle est moins fournie et moins longue dans sa première année. Au reste , il faut connoître l'urubilinga en nature pour décider celte question ; c'est pourquoi je dé- cris l'un et l'autre dans le même article, La taille du spizaëte noir huppé est celle du balbuzard .f mais beaucoup plus haute.
Sa peau est nue entre le bec et l'œil, et seulement héris- sée de quelques poils courts et roides ; il a une huppe courte derrière la tête ; ses pieds sont nus et allongés, el ses ongles peu robustes ; son plumage est noir, avec une tache blanche au milieu de la huppe , des raies transversales de la même couleur sur les plumes des jambes, et deux bandes égale- ment blanches, l'une à Tq^rigine de la queue , et l'autre à son extrémité; le bec a la couleur de la corne ; les pieds sont jau- nes et les ongles noirâtres.
L'Urubitinga. Tel est le nom que cet oiseau porte au Brésil, selon Marcgrave (^Hist. nat. Bras.., pag. 2t4)- H est de la grandeur d'une oie de six mois; son bec est épais; ses yeux sont grands; il n'a point de huppe sur la tête; et ses pieds, ainsi que le bas de ses jambes , sont nus comme dans le pygargue. Son plumage est d'un brun noirâtre qui est mêlé de cendré sur les ailes; les pennes de la queue sont blan- ches et terminées par du noirâtre bordé de blanc; la mem- brane du bec et les pieds sont jaunes.
* Le Spizaète a queue blanche, Spizaetus leucurus., Yicill., avingt pouces de longueur totale; le bec noirâtre à sa pointe, et d'un bleu clair dans le reste ; l'iris brun ; les pieds jaunes; le front d'un blanc sale ; la tête , le dessus du corps , blancs et traversés par des traits en festons; la gorge presque noire ; toutes les parties postérieures d'un beau blanc , avec quel- ques festons étroits et noirâtres sur les (lancs , sur les couver-
tures inférieures des ailes , et d'une nuance rousse sur les petites ; la queue blanche , à peine rayée de noirâtre en des- sus, et terminée en dessous par une zone noire, large d'un pouce , que suit une autre zone cendrée et de la même lar- geur; k's pennes elles grandes couvertures supérieures des ailes, noirâtres, terminées et rayées d'une teinte plus foncée; les moyennes couvertures du milieu de l'aile, rougeâlres, les antres d'un noirâtre foncé. C'est Vaguila coU hUinca de M. d'Azara.
l.e Spizaéte varié huppé, Spizaëlus variegalus^ "Vieill. ; Falco giiianensis , Lath. Cet oiseau, que l'on trouve à Cayenne, a la tête et toutes les parties inférieures d'un beau blanc ; les su[)érieures, la huppe et les sourcils, noirs ; cette couleur est mélangée de gris bleuâtre sur les ailes, dont les couvertures inférieures sont blanches, et le dessous des pennes varié de blanc et de noir; la queue est traversée par huit bandes al- ternativement noires et blanches, et parsemée de très-peti- tes taches d'un brun effacé et peu apparentes; le bec est noir et les pieds sont jaunes. Celte espèce, comme la plu- part des oiseaux de proie , portant une livrée plus ou moins dissemblable , depuis son premier âge jusqu'à Tâge avancé , il eu peut résulter des espèces purement nominales. Le jeune , dans sa première année, est brun en dessus et varié de blanc sur les côtés et sur le devant du cou , ainsi que sur la gorge ; la couleur brune domine sur le haut de la poitrine et sur le bas du cou ; de larges taches de cette dernière teinte sont répandues sur le fond blanc des parties postérieures. La femelle a des couleurs plus ternes que le mâle.
Je rapproche de cette espèce, comme des variétés d'âge : I." le pelil algie de la Guiane , décrit par Mauduyt dans l'Encyclopédie méthodique , lequel a vingt-deux pouces de long ; la tête , le cou, le dos, la poitrine et le ventre blancs ; une huppe placée au bas de l'occiput , dont la plume la plus longue porte une tache noire vers son extrémité ; celle plume excède les autres d'environ deux pouces; les ailes et la queue sont entremêlées de noir et de gris disposés par bandes; ces bandes forment , sur chaque penne caudale, une sorte d'échiquier séparé par le tuyau; une bande noire externe correspond à une bande grise interne, et une bande grise ex- terne à une bande noire interne.
2." Le grand autour de C-.iyer.ne mâle, du même auteur, dont la longueur est de vingt-trois à vingt-six pouces. Le sommet de la tête est d'un gris cendré clair, rayé de blanc sur le bord des plumes , et de noir dans leur milieu ; la gorge et les joues sont blanches ; une raie noire part de l'angle postérieur de l'œil et s'étend jusqu'à l'occiput; le haut du
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cou , en arrière , est rayé transversalement de gris et de noir; les plumes de l'occiput santfort longues, et une d'entre elles «lépasse les autres etforme une espèce de huppe placée au bas de cette partie; le dos, les plumes scapulalres, les peti- tes et les grandes couvertures des ailes sont d'un brim noir ; l'aile, depuis son pli jusqu'aux deux tiers de sa longueur, est rayée transversalement de brun noir et de gris cendré ; le reste des ailes , d'un noir lavé ; le ventre et les jambes sont blancs, avec des raies transversales d'un brun roussâtre ; les couvertures inférieures de la queue , blanches et ses pennes traversées par quatre bandes grises , ondées de noir, et par quatre bandes de la dernière couleur; les pieds jaunes et les ongles noirs.
Comme la femelle du spiznëte varié porte une huppe ainsi que le mâle, je ne pense pas que la femelle, donnée par Mauduyt pour celle de son grand autour de Cayenne, soit un individu de la môme espèce, puisqu'il dit qu'elle n'en a pas. F. Autour ïsoiratre.
B. Tarses vêtus. Le Spizaëte brun et roussâtre , Spkaëtus fuscus, Vieil!. ; Morphnus fuscus, Cuv. Cet oiseau, qui est au Muséum d'His- toire naturelle , se trouve , selon son éliquelle, dans le nord de l'Europe ; il a le manteau , le dessus des ailes et de la queue bruns; le dessus de la tête d'un roussâtre rembruni; les côtés de cette partie et le dessus du cou d'un roussâtre clair , avec un trait longitudinal brun sur le milieu de chaque plume ; le même trait se fait remarquer sur le fond d'un hlanc teinté de roux , des parties inférieures jusqu'au bas- ventre qui est blanc de même que les cuisses, les jambes et les plumes du tarse ; les grandes pennes alaires sont noires; la queue est brune en dessus, d'un blanc roussâtre en des- sous, avec huit à dix lignes transversales d'une nuance brune effacée; le bec est bleuâtre et les doigts sont jaunes. Taille de l'aigle moucheté.
Le Spizaëte huppé, Spizaëlus ornahis, Falco ornaius , Daudin ; pi. 26 , des Ois. (ï Afrique de Levaillant, Cette espèce présentant , dans son plumage , des changemens assez notables , depuis sa naissance jusqu'à son état parfait ( ce dont il est facile de se convaincre puisqu'il y a , au Muséum d'Histoire naturelle , trois ou quatre individus de plusieurs âges), il a dû en résulter des doubles emplois. En ef- fet, on le décrit sous plusieurs dénominations différentes :
i.*^ Mauduyt {^Encyclopédie mé/hodique ) l'appelle aigle moyen de la Guyane^ et lui donne vingt-cinq pouces de lon- gueur totale ; le dessus de la tête brun', ainsi que la huppe
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qui est composée de cinq ou six plumes ; le dessous et les côtés du cou, fauves ; la gorge , le devant du cou et le haut de la poitrine, blancs ; le ventre semé de taches noires , les unes rondes , les autres oblongues et disposées de façon qu elles forment des raies transversales, mais coupées par, le fond blanc ; les plumes des jambes et des tarses, blanches et rayées de noir; les ailes et le dos, de couleur brune, mêlée de quelques raies transversales fauves; le dessous de la queue, traversé par des bandes noires et d'un brun lavé. Sonnini , qui a vu cet oiseau vivant, dans les forêts de la Guiane, ajoute qu'il a une sorte de jabot pendant et nu, qu'il porte sous le cou, de même que quelques vautours. Ce jabot , dont Mauduyt ne fait pas mention , n'est nulle- ment visible chez l'oiseau empaillé. Aussi tous cetfx qui l'ont décrit dans cet état , n'en font pas mention.
2.° M. Levaillant le nomme autour huppé. Il a , selon la description qu'il en fait, une huppe noire et blanche; les- plumes de la tête noires; le derrière du cou d'un roux foncé, et le devant d'un blanc roussâlre ; une ligne noire qui, des- cendant du coin de la bouche sur les côtés du cou, sépare le rpux de la nuque et le blanc de la gorge ; toute la partie antérieure du corps, d'un blanc plus ou moins roussâlre et ta- cheté de noir; les ailes et le dos, d'un brun sombre et nuancé d'une couleur noirâtre; la queue , brune avec de larges ban- des noires ; le bec bleuâtre , mais roussâlre à sa base ; les doigts jaunâtres et les serres d'un noir de corne.
3.'^ h'épewier patlu , de M. de Azara (^espatvero calzado ), lequel a vingt-trois pouces de long ; le dessus de la tête et la huppe, de couleur noire ; la gorge et le devant du cou, d'un beau blanc enfermé entre deux traits noirs et légèrement variés de blanc , qui prennent naissance au coin des mandi- bules et descendent jusqu'aux épaules; une tache blanchâtre à l'angle postérieur de l'œil ; le reste de la tête et du cou , d'un gris rougeâlre ; les épaules noires ; le reste du dessus du corps, brun, varié de bandes étroites et de festons d'une nuance plus foncée ; la poitrine , les plumes des jambes et des tarses , traversées par des bandes noires et blanches ; le ventre blanc, avec quelques trails noirs ; les pennes alaires, brunes en dessus , avec des bandelettes noirâtres et trans- versales ; la queue traversée par des bandes noires et cen- drées.
4." Uurataurana., Fakoharpyja, Lath. CcsiV aigle couronne^ de Buffon ; Vaigle huppé du È^éjil , de Urisson ; et ïaigle d'O- renoque , des voyageurs français.
Undaurana est le nom brasilien sous lequel Marcgrave a décrit ce spizaëte. Les premiers habitant de Tîle de Tabagoi
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lui ont donné le nom à'aigle dOrénoqiie; « à cause , dll le père du Tertre , qu'il est de la grosseur et de la figure d'un aigle , et qu'on tient que cet oiseau, qui n'est que pjftssger en cette île , se voit communément en cette pnriie de TAmc- rique méridionale qui est arrosée de la grande rivière d'(Jré- noque ( Hist. nat. des Antilles. ) j> L'urutaurana est un peu plus petit que l'aigle commun ; quatre plumes noires et longues de plus de deux pouces , qu'il peut relever à volonté , lui forment sur la tête une espèce de huppe ou de couronne ; ce qui a engagé Buffon à l'appeler â/'g^/*? couronné. Ses yeux sont vifs et perçans , et ses pieds couverts , jusqu'à l'origine des doigts , de plumes blanches et noires posées comme des écailles. 11 est varié de brun et de noir sur le corps , et blanc en dessous avec des taches noires ; le dessus du cou est fauve; les pennes des ailes et de la queue sont brunes et bordées d'un jaune blanchâtre ; le bec est très-noir; les doigts et la peau qui couvre la base du bec sont jaunes , et les ongles noirâtres.
Cet oiseau a le vol très-rapide ; il fond avec impétuosité sur les aras , les perroquets, et d'autres oiseaux dont il fait sa proie , et qu'il déchire en pièces , après les avoir attërés. L'on a remarqué qu'il ne se jette pas sur ces animaux tandis qu'ils sont posés à terre ou perchés sur les arbres, mais qu'il attend qu'ils aient pris l'essor pour les attaquer et les saisir.
Enfin , Sonnini conjecture que Vaille moyen de la Guyane , dont il a été question ci-dessus , est ïouira ouassou meri , ou ouira ouassou pena, des naturels du Para ; mais Don Laurent Alvares de Polditz , correspondant de l'Académie des scien- ces de Paris , en parle , dans son manuscrit portugais , d'une manière si vague et si obscure, qu'on ne place ici cette con- jecture que comme une simple indication adressée aux voyageurs qui se trouveront à portée de la vérifier.
Ne pourroit-on pas rapprocher encore de cette espèce le petit aigle de la Guyane , décrit par Sonnini , dans son édition de Buffon, mais comme un jeune mâle? Il n'a que vingt-deux pouces de longueur : il est huppé ; son plumage est presque entièrement brun ; sa gorge et sa poitrine sont blanches , et des taches de la même couleur sont semées sur le ventre ; les doigts sont jaunes.
Cet oiseau paroît moins rare au Brésil , où il porte le nom à'yapacani, qui exprime son cri plaintif et traînant. 11 vit dans les grands bois ; et lorsqu'il est irrité , il redresse les longues plumes de sa tête, et étend ses ailes ; mais il n'est pas courageux, ii n'attaque que de petits animaux. Le par-
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fum de ses pennes brûlées passe , au Para , pour un fébrifuge très-efficace.
Le Spizaète couronné, Spizaëlus coronatus , Vieill. ; Falco coronaius^ Lalh. ; pi. 224. d^ iG/atiures d'Edwards. Quoique, à l'exemple de cet ornithologiste, j'isole cet oiseau, je ne suis cependant pas convaincu que ce soit une espèce dis- tincte de l'urutaurana , quoique celui-ci se trouve en Amé- rique et l'autre en Afrique. Buffon est d'opinion que ces deux oiseaux sont de la même espèce, et il s'appuie sur ce que tous deux ont des plumes en forme d'aigrettes , qu'ils redressent à volonté ; que tous deux sont à peu près de la même grandeur; qu'ils ont aussi tous deux le plumage varié et marqueté dans les mêmes endroits; les jambes , jusqu'aux doigts, également couvertes de plumes marquetées de noir et de blanc ; les doigts jaunes et les ongles bruns ou noirs , et qu'il n'y a de différence que dans la dislribulion et dans les teintes du plumage. En effet, le spizaëte couronné est, dit E<llvaj'ds, d'un tiers plus petit que les plus grands aigles d'Europe , et il paroît fort et hardi comme les autres aigles. Il a le bec d'un brun obscur ; l'iris des yeux , d'une couleur d'orange rougeâlre ; le devant de la tête , le tour des yeux et la gorge, couverts de plumes blanches, parsemées de petites taches noires ; le derrière du cou et de la tête , le dos et les ailes, d'un brun foncé tirant sur le noir, avec un brun clair sur le bord extérieur des plumes; les pennes des ailes, d'une teinte plus foncée; leurs côtés, vers le haut, et les extrémités de quelques-unes de leur couvertures, blancs ; le dessus de la queue , d'un gris foncé croisé de bandes noires ; le dessous, d'un gris cendré marqueté de taches noires ; la poi- trine, d'un brun rougeâtre , avec de grandes taches noires transversales sur les côtés; le ventre, blanc et tacheté de noir; les cuisses et les jambes , jusqu'aux doigts , couvertes de plumes blanches , joliment marquetées de taches rondes et noires ; les ongles, noirs et très-forts ; les doigts, couverts d'écaillcs d'un jaune vif. (v.)
SPIZIAS, SPIZIAS lERAS. Noms grecs de I'Éper-
VI RR. (v.)
SPIZÎTES ( Parus spizUes). C'est , dans ^Aristole , la mésange charbonnière. V. l'article des MÉSANGES, (s.)
SPLACHNE, Splachnum. Genre de plantes cryptogames de la famille des Mousses, qui offre pour caractères : une gaine polyphylle ; une urne terminale , stipitée , ordinai- rement ventrue à sa base et rétrécie au sommet, un-pé- ristome à huit dents ; un opercule nul; une coiffe lisse et caduque ; des rosettes terminales , et des tiges simples , uniflores.
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Ce genre renferme vingt -deux espèces, dont les plus
communes, et en même temps les plus remarqu;Jjles, sont:
Le Splachne ampoulle , dont l'urne est pyriforme ou
presque conique. Il se trouve eiv Europe, dans les marais;
mais il n'est commun nulle part.
Le Splachne rouge, qui a l'urne orbiculaire ou hémi- sphérique. 11 se trouve dans les marais du nord de l'Eu- rope, (b.)
SPLANC. F. Splachne. (b.)
SPLEN. F. Rate, (desm.)
SPLENDOR. Synonyme latin de Mica, (ln.)
SPODE. Quelques auteurs ont donné ce nom à la Tu- THIE. F. ce mot et Zinc, (pat.)
SPODIAS. Nom du Prunier, dans Théophraste; on a écrit aussi spondius. Ce dernier mol est devenu le nom latin du genre des Monbins. F. ce mot. (ln.)
SPODITE, M. Cordier donne ce nom aux cendres vol- caniques blanches et poreuses, qui proviennent de laves vitreuses à base de feldspath. F. Lave, (ln.)
SPODIUM des Arabes. F. Ivoire, tom. xvir , p. 4.26.
(desm.)
SPODUMÈNE. F. Triphane. (ln.)
SPONDIAS. F. MoNBiN. (ln.)
SPONDYLE, Spondylus. Genre de testacés de la classe des Bivalves , dont les caractères consistent : en une coquille bivalve, irrégulière, à charnière composée de deux fortes dents crochues et d'une fossette intermédiaire où est logé le ligament.
Le nom de spondylc a été donné , par les Grecs anciens, aux coquilles de ce genre, à raison de la force de leur liga- ment et de la grosseur des apophyses de la charnière , et il a été transformé par les Grecs modernes en celui de gaîderon , parce qu'ils ont trouvé quelque ressemblance entré ces co- ijuiiies et le sabot d'un âne.
Les spondyles ont beaucoup de ressemblance extérieure et intérieure avec les huîtres, et sont généralement confon- dus avec elles ; ils s'attachent, comme elles, aux rochers , mais leur forme est moins plate , et leur charnière est extrê- mement différente.
Ce sont des coquillages à valves inégales , toutes deux épi- neuses ou feuilletées, toutes deux bombées, toutes deux épaisses, mais l'une, qu'on peut regarder comme la supé- rieure, beaucoup plus que l'aufre. La valve inférieure a sa charnière composée de deux dents épaisses, recourbées, de deux cavités intermédiaires arrondies pour le logement des dents de l'autre valve . et d'une fossette allongée, où est placé
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ie ligament. La valve supérieure a le sommet fort éloigné de la chiirnière , c/est-à-dire , qu'elle a un prolongement qui la fait ressembler à une palelle à sommet recourbé; sa charnière est composée de deux cavités extérieures pour le logement des dents de i'auire valve, de deux grosses dents recourbées et rapprochées, et d'une fossette longitudinale où est placé le ligament.
Les couleurs blanche et rougeâtre dominent dans les coquil- les de ce genre, dont l'animal vient d êlre figure par Poli avec des détails analomiques fort étendus, pi. 22 de son bel ouvrage sur les lesJacés des mers des Deux-Siciles. C'est un Argus , qui , comme la coquille, ne s'éloigne pas considérablement de l'animal des huîtres , et dont la chair est également bonne à manger. Les anciens Romains en faisoienl grand cas , et les Italiens leslinient plus que celle d'aucun autre coquillage. Use forme des perles entre les lames de son manteau.
On ne connoîl qu'un petit nombre d'espèces de spondyles , mais elles varient si fort, qu'on est embarrassé lorsqu'on veut les caractériser.
La plus connue est :
Le Spo]nd\i,e GAIDERON, qui est presquc aurîculé, rugueux en longueur, et garni d'épines aplaties, f^. sa fig. pi. P. i8. Il se trouve dans la Méditerranée , sur les cotes d'Afrique et dans la mer des Indes, (b.)
SPONDYLE, Spvndylis. Genre d'insectes de l'ordre des coléoptères, famille des longicornes, tribu des prioniens.
Apres avoir été successivement placé parmi les hvprestes , les utlelnbes , les capricornes^ l'insecte qui fait le sujet de ce genre est devenu, sous les yeux de Fabricius, un spondyle. Ses yeux allongés et sensiblement écbancrés l'associent aux priones , aux capricornes^ aux cullidies. D'un côté , il se rappro- che àes priones par l'avancement de ses mandibules, par ses ■ antennes aplaties et un peu en scie et par la petitesse du labre ; mais il s'en éloigne parla forme arrondie de son corselet qui n'a point d'ailleurs les épines ou les dents latérales qui carac- lérisent les premiers. La grandeur des mandibules , les an- tennes aplaties qui ne dépassent pas le corselet , et à articles très-couris, presque grenus, sont des caractères qui ne con- viennent qu'au spondyle. Les anlennules des callidies sont pt;esque en masse , tandis qu'elles sont filiformes ou peu rentlées dans le spondyle.
La larve vil probablement dans l'intérieur du bois. Ses mœurs, ainsi que celles de l'insecte parfait , sont encore in- connues.
Spondyle buprestoïde , Sponâylis hupresloîdes , Fab. ; Oliv. , Coléopt. , tom. 4 > ïï>° 7^ » P'' ï ? %• ^' ^^* insecte xxxii. 5
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est long d'environ un pouce , noir et ponctué. Son corselet est globuleux , et il a sur chaque élytre deux lignes élevées. On le trouve dans les forêts du nord de l'Europe. Il n'est pas rare dans les bois de pins , aux environs de Bor- deaux. (O.L.)
SPONDYLES ou ARTICLES, ou plutôt SPONDY- LOLITHES. Nom que les naturalistes ont donné aux ver- tèbres fossiles, (pat.)
SPONDYLION. Synonyme de Berce, (b.) SP(3NDYLIU]VI. Synonyme àtSphondylium. V. Sphon- DYLioN. (L^^) SPONDYLOCOCCOS. V. Spdonqylococcos. Cln.) SPONDYLOÏTES. Pétrifications formées , selon La- marck , par des moules intérieurs de coquilles du genre Ba- CULITE. (b.)
SPONGIA. V. Eponge, (desm.)
SPONGIA. Il y a lieu de croire que le champignon dont parle Pline , sous ce nom , est la Mouille, (b.)
SPONGIAlPiES. Nom donné par Blainville à une classe qu'il a établie pour placer les éponges et genres voisins, qu'il croit fort éloignés des Alcyons, (b.)
SPONGIÊES. Ordre établi par Lamouroux , dans la classe des zoophytes , pour placer les Eponges et les Ephy- daties. Ses caractères sont : polypier spongieux , inarticulé, poreux, formé de fibres entrecroisées en tout sens , coriaces ou cornées, jamais tubuleuses , et enduites d'une humeur gélaiineuse, très-fugaces , et irritables , selon quelques au- teurs, (b.)
SPONGILLE , Spongilla. Genre établi par Lamarck , pour placer les EpoNGEsd'eau douce. Ephydaties de Lamou- roux. Ses caractères sont : polypier fixé, polymorphe , d'une seule sorte de substance , à masse irrégulière , lacuneuse et cellulcuse ; constitué par des lames membraneuses, subpili- fèrcs, formant des cellules inégales, diffuses et sans ordre ; des grains libres et gélatineux dans les cellules.
On trouvera au mot Eponge , les détails qui concernent ce genre (b.)
SPONGIOLA. Synonyme de Morille, (b.)
SPONGIOLE. DecandoUe a donné ce nom aux organes des végétaux qui absorbent très-facilement et très-abondam- ment l'humidité , et qui cependant ne laissent voir aucun pore , quelle que soit la force du microscope avec lequel on les observe.
Des spongioles radicales existent à l'extrémité du chevelu des Racines, où elles absorbent la Sève qui nourrit les plantes.
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On ne peut douter de la présence des spongloles pîslilalres à l'extrémilé des stigmates ; car, autrement, comment la fé- condation s'opéreroit-elle?
Les spongioles séminales se remarquent sur la surface des Graines , et favorisent leur Germination, (b.)
SPONGITE. Nom donné, par quelques naturalistes, à des incrustations formées par les eaux , sur des végé- taux, (pat.) °
SPONGITIS. Pierre citée par Pline, et qui ressembloit à une Eponge. Elle nous est inconnue, (ln.)
SPONGODIÉES. Ordre établi par Lamouroux, Ann. du Muséum, dans sa famille des Thalassiophytes. 11 offre pour caractères : organisation spongieuse ; couleur verte se ternissant à l'air.
Un seul genre le compose : c'est le Spongodion. (b.)
SPONGODION , Spongodhim. Genre de plantes établi par Lamouroux , aux dépens des Varecs de Linnœus. Il offre pour caractères : graines éparses dans toute la substance de la plante , principalement à l'extrémité des filamens qui cou- vrent sa surface.
Ce genre renferme quatre espèces connues , dont l'une , le Varec FONGUEUX, est figurée dans la Flore atlantique de Desfontaines.
Il ne paroît pas différer du LaMarckie d'OIivi et autres, (b,)
SPONGON. L'un des noms grecs du Nerium. (ln.)
SPONIA. Genre établi par Gommerson , mais qui ne diffère pas du Micocoulier, (b.)
SPONSA , Anas sponsa. Dénomination spécifique don- née par Linnœus au beau canard huppé. V. l'article des Ca- nards, (s.)
SPOi^SA-SOLIS de Tragus. V. Rorella et Rosso-
LIS (LN.)
SPONTON. Quelques navigateurs ont nommé ainsi le narhwal , à cause de la forme de ses défenses, V. Narh- wal, (s,)
SPOON-BILL. Nom anglais de la Spatwle. (v.)
SPORANGE et SPORANGIDIE. Ce sont les deux membranes qui composent I'Urne des mousses. L'extérieure porte le premier nom , et l'intérieure , le second, (b.)
SPORCHIA. Nom italien de TOrobanche rameuse , qui , dans le royaume de Naples, nuit beaucoup à la cul- ture de la Fève de marais, (b.)
SPOREE. Synonyme de Spericle. (b.)
SPORIDESME , iSyoon^/wmiWî. Genre douteux de plan- tes, de la classe des anandres, i," ordre ou section (les épi-
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phytes), proposé par M. Link, et ayant pour caractères : spo- ridies presque cylindriques, cloisonnées , nues, libres, pa- rasites des plantes, (p.b.)
SPOROBOLE, Sporobola. Genre de Gram^ées, éta- bli par R. Brown , pour placer quelques Agrostides qui s'é- cartent des autres par leurs caractères. Il rentre dans le genre ViLFA d'Adanson. (e.)
SPOROCHNUS. Nouveau genre de plantes de la famille des algues, section des fucoïdes, proposé par Agardh, com- posé d'une seule espèce , fucus aculeatus ^ Linn. Ses carac- tères consistent dans des tubercules fructifères , terminés par un pinceau de poils, (p.b.)
SPORULIE , Spurulis. Genre de Coquilles , établi par Denys-Montfort, aux dépens des Nautiles , dont il diffère par une ouverture triangulaire , et par un dos caréné et armé d'éperons inégaux.
Ce genre, qui se rapproche infiniment des Pharames, est établi sur une coquille d'une ligne de diamèlre, qui se trouve en immense quantité dans la rade de Novi. (b.)
SPOTTED OPOSSUM. V. Dasyuretacheté. (desm.) SPRAT. Nom du Cailleu tassard. V. Clupé, (b.) SPRUE. Nom brabançon de I'Etourneau. (v.) SPREEUW. Nom hollandais de I'Etourneau. (v.) SPREKELIA. Nom donné par Heister , au genre qu'A- danson nomme Acrocorion , et qui comprend le Galaî^- THU« , L. (ln.)
SPREO. Nom que M. Levaillant a imposé à un merle du Cap de Bonne- Espérance^ d'après sa dénomination hollandaise abrégée wit-gat-spreucp. V. Merle spréo. (v.)
SPREUSTEIN de Werner. V. Bergmannite et Wer-
ISÉRITE. (LTî.)
SPREUVE. Nom flamand de I'Etourneau. (v.) SPRINBOOK ou CHi;VRE SAUTANTE du Cap
de Bonne-Espérance. C'est le nom donné par les Hollan- dais du Cap , à un quadrupède du genre des Aniilo- pes. (desm.)
SPRINGALIE, Springalia. Arbuste de la Nouvelle-Hol- lande , à feuilles alternes , amplexicaules , mucronécs , à fleurs rouges , solitaires et terminales , qui seul constitue un genre dans la syngénésie monogamie.
Les caractères de ce genre sont : calice à cinq divisions persistantes ; corolle en roue , a cinq divisions aiguës ; cinq étamines insérées au réceptacle, et réunies par leurs anthè- res ; ovaire supérieur à style filiforme et à stigmate en tête; capsule à quatre loges , à quatre valves et à plusieurs se- mences.
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.Cet arbuste, qui se cultive dans nos jardins, est figure' pi. 2r du Botunists repository d'Andrew, (b.)
SPRINGELIE , Springelia. Arbrisseau très-rameux , à feuilles alternes, amplexicaules , imbriquées sur trois rangs, lancéolées , aiguës , glauques et persistantes , et à fleurs en grappes terminales, accompagnées de bractées semblables aux feuilles , qui forme un genre dans la pentandrie mono- gynie.
Ce genre, qui se rapproche infiniment desEpACRis, a pour caractères : un calice de cinq parties persistantes ; une corolle de cinq pétales ; cinq étamines insérées au réceptacle , et à anthères réunies; un ovaire à style simple ; une capsule à cinq loges et â cinq valves , dont les cloisons partent du mi- lieu des valves.
Le springelie croît à la Nouvelie-HoUande. Il a été appe« lé PoiRETiEpar Cavanilles. (b.)
SPRINGEN. Selon M. Lacépède , c'est le nom norwé- gien du Dauphin vulgaire, (desm.)
SPRINGER. M. Lacépède dit que c'est le nom norwé- gien qui désigne son dauphin orque , notre Grampus. V. l'arll- cle DAtPHiN, (desm.)
SPRÔDE GLANZERZ et SPROEDE GLASERZ. V. Argent antimonié sulfuré noir, (ln.)
SPROTERZ. Nom allemand d'une variété de Plomb sulfuré strié. Les Allemands disent aussi Sproderz et Sprorerz, (ln.)
SPRUCE. Nom vulgaire anglais du Pin du Canada, (b.)
SPRUCE-REER, Les Américains donnent ce nom à une sorte de Bière qu'ils fabriquent, en faisant une décoction de jeunes branches du pin jaune, mêlées à une quantité suf- fisante de mélasse, (desm,)
SPRUDELSTEIN. On donne ce nom , à Carîsbad en Bohème, à la Chaux carbonatée concrsmonnée que dé- posent les eaux de la Sprudel, principalWburce des eaux minérales de Carîsbad. (ln.)
SPUMA ARGENTL Nom donné autrefois au Mercure
VIERGE, (ln.)
SPUMA LUNAE. C'est la Chaux sulfatée ou Sé- lénite. (ln.)
SPUMA NITRI ou APHRONITRON , c'est-à dire, écume de nilre des anciens. C'est tantôt le nitre ou potasse nitratée efflorescente, et tantôt le natron ou soude carbonatée efflorescente naturelle.
L'aphronitrum ou aphronatrum de Lydie et celui d'Egypte, mcniionucs par Pline, appartiennent à la soude carbona-
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tée ; mais raphronilrum qui se formoit à l'humidité de la ro- sée , lorsqu'elle tomboit sur les nitrières, étoit de la potasse nitratée. Dans les écrits des anciens, ces deux sels sont con- tinuellement confondus, (lk.)
SPUMAIRE , Spumaria. Nom donné par Persoon à un genre qu'il a établi dans la famille des Champignons. Ce genre ne contient qu'une espèce , qui est la Réticulaire liLANCHE. (b.).
SPURIE. La Spergule porte ce nom. (b.)
SPUTATEUR. Nom spécifique d'un Gecko, (b.)
SPYR. Nom suisse du Martinet, (v.)
SQU-NEH. Nom arabe d'une espèce de Fabagèle ( Zygophyllum demmbens, Delisle , J^Egypt. , tab. 27 , fig. 3 ), espèce qui croît en Egypte , dans la vallée dite ElTouâreq.
(LN.)
SQUALE , Squalus. Genre de poissons de la division des Chondroptérygiens, dont les caractères consistent à avoir cinq , six ou sept ouvertures branchiales de chaque côté du corps.
Ce genre , vulgairement connu sous les noms de chien de mer et de requin , renferme quelques espèces qui sont fort célèbres à raison de leur voracité et de leur grandeur, et diffère fort peu de celui des raies. Il est même de ces espèces qu'on peut indifféremment placer dans l'un ou dans l'autre. En effet, les caractères dislinclifs des raies sont uniquement tirés de l'aplatissement de leur corps ; et on sent que celles qui l'ont moins aplati, et les squales qui l'ont un peu, doivent beaucoup se rapprocher.
Mais quelques rapports qu'il y ait entre ces deux genres, les espèces les plus éloignées présentent une organisation et des mœurs très-différentes; aussi sont-ils distingués par les hommes les moins instruits , et seront-ils toujours conservés par les naturalistes.
On doit à Broussonnet une excellente monographie de ce genre , insérée da4|les Mémoires deV académie des s'ciences pour 1780. Il a le premier débrouillé ses espèces. Depuis, Bloch et Lacépède l'ont encore éclairci d'un genre , et ce der- nier a établi le genre squaline à ses dépens, on renvoie à ces trois ouvrages les lecteurs qui ne se contenteront pas de l'extrait qu'on va en donner.
Depuis, Cuvier a proposé l'établissement de plusieurs sous-genres à ses dépens, savoir : Rhinobate , Roussette , Requin, Lamie, Marteau, Milandre, EaitssoL, Gri-
SET , PÈLERIN , CeSTRACION , AlGUILLAT , HUMANITN
et Ange; et Blainville ceux Sçylioruin, Echinorhin ,
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MONOPTERHIN, GaLÉORHÎN, AcAÏSTHORIN, HÉTÉRODONTE ,
Carcarhin , Cestrorhin et Cétorhin.
On doit encore à Lesueur la formation du sous-genre S0MNIOSE.
Le corps des squales est toujours très-allongé , plus ou moins arrondi, et diminue de grosseur à mesure qu'il s'éloi- gne de la tête. 11 est recouvert d'une peau coriace, presque toujours chagrinée , c'est-à-dire couverte d'une infinité de pe- tits tubercules rugueux, arrondis et osseux. Leur tête est toujours aplatie , et elle varie de forme dans toutes les espè- ces. Tantôt elle est terminée par un museau arrondi , tantôt par un museau pointu ; quelquefois elle se prolonge en une longue corne armée de dents latérales , ou s'élargit en forme de T. Leur bouche, constamment placée en dessous, pré- sente une large ouverture longitudinale. Leurs lèvres sont petites en comparaison de leurs autres organes, et elles ne sont point ou peu susceptibles d'allongement. Leurs dents, souvent triangulaires , aplaties et disposées sur plusieurs rangs, ne sont point enchâssées dans les mâchoires, mais simplement implantées dans un muscle cartilagineux ; elles sont mobiles à la volonté de l'animal , c'est-à-dire que, dans l'état de repos, elles sont couchées en arrière les unes sur les autres , mais qu'au moment de saisir la proie elles se re- dressent et présentent perpendiculairement leurs pointes pour pouvoir l'arrêter et la déchirer.Ces dents tombent assez facilement, mais elles se reproduisent de même. Leur lan- gue est courte , épaisse , rude au toucher , et retenue en des- sous par un frein. Toute la partie antérieure de la tête est criblée de pores , d'où suinte continuellement une liqueur huileuse qui se répand sur le corps pour le lustrer et faciliter son passage à travers les ondes. Les yeux sont, en général , petits, proportionnellement à la grosseur totale, et placés sur les côtés. Les narines se voient en avant des yeux , et sont organisées de manière à donner le plus grand dévelop- pement au sens de l'odorat. Leur orifice peut être diminué et même fermé entièrement à volonté. Les ouvertures des branchies, placées au-dessus des nageoires pectorales, ne sont pas très-larges ; elles sont transyerses , un peu courbées et privées d'opercules, mais se ferment par une peau mus- culeuse; rarement il y en a plus de cinq. Chaque branchie présente deux rangs de filamens, et est engagée dans une membrane très-mince.
La plupart des squales, outre leurs ouvertures branchia- les , ont encore, comme les raies , deux évents placés der- rière les yeux, lesquels leur servent à rejeter l'eau surabon-- dante qui est entrée par leur bouche ou par leurs branchies.
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Leur organisation est positivement la même que celle des raies. Toutes les nageoires sont cartilagineuses , et varient de forme , selon les espèces; il y en a presque toujours «ieux sur le dos, et quelquefois point à l'anus. Ce dernier organe est ordinairement placé plus près de la queue qu(! de la tête, et il est accotnpagné d'un orifice fermé par une valvule , qui sert à la sortie des eaux rassemblées dans Tabdomen. La li- gne latérale est très-visiblc, et s'étend ordinaireujent en ligne droite , depuis la têle jusqu'à la queue.
Si des parties extérieures des squales on passe aux parties intérieures, on trouve que le cerveau est petit, que le cœur n'a qu'un ventricule et une oreillette, mais quéç celte der- nière a une grande capacité ; que l'aorte est fernr^e par une valvule composée de trois pièces; qu'en s'avançànt vers la tête, elle se divise de chaque côté en trois branches, <|ui aboutissent aux branchies postérieures , et que, parvenue à ia base de la langue, elle se divise de nouveau en deux ra- meaux qui se bifurquent, et vont aux branchies antérieures; là, les uns et les autres forment d'innombrables ramifica- tions propres à absorber l'oxygène de l'air qui se trouve dans l'eau. L'estomac est fort grand, pins long que large, et se ter- mine par un intestin grêle , très-petit, lequel se termine dans un colon très-court , mais très-ample , replié sur lui même en spirale , et fixé, dans cette situation , par la membrane in- terne du péritoine. Le foie se divise en deux lobes inégaux et allongés; la vésicule du fj^'l a la forme d'une S; la rate est très-allongée; toutes les parties servant a la digestion sont abondamment pourvues de sucs gastriques, qui accélèrent singulièrement la décomposition des alimens ; aussi les squa- les sont-ils insatiables.
Dans les mâles, les vaisseaux spermatiques ou la laite» sont divisés en deux portions, et ont une longueur égaie à celle du corps. Les ovaires de la femelle sont de la même grandeur.
De chaque côté de l'anus, et nn peu en arrière, on voit dans les mâles des squales un long appendice ou une fausse nageoire, renfermant plusieurs petits os, qui servent , en se courbant , à les fixer contre leurs femelles. Leur organisation est presque la même que l'appendice des raies mâles ; mais le nombre des osselets qui les composent est moins considé- rable.
M. Jacobson, en portant de nouveau son attention sur des organes composés de dix tubes se réunissant dans une cavité sphéroïdale remplie d'une humeur visqueuse , placés sous la peau de la têle et de la grande nageoire des squales , a reconnu (j^u'ils^ éloient ceux du toucher,
s 0 u "/à
analogue à celui des moustaches dans les chats et autres quadrupèdes. Son mémoire est inséré, par extrait, dans le nouveau Bulletin des sciences par la Société philomalhi- que, année i8i3.
C'est ordinairement au printemps que les mâles et les fe- melles se recherchent. Ils s'unissent l'un à l'autre de manière à faire coïncider les ouvertures de leur anus , et restent ainsi accouples jusqu'à ce que les œufs, qui sont les plus voisins de Touverlure , aient été fécondés. On dit les œufs les plus voisins de l'ouverture, parce qu'on est certain qu'il y a plu- sieurs accouplemens par saison dans ce genre, et que les fe- melles mettent bas leurs petits successivement et à des époques plus ou moins éloignées , selon les espèces, et sans doute selon la chaleur de l'eau au milieu de laquelle elles vi- vent.
Il n'y a point de constance dans les amours de ces pois- sons, comme on l'a écrit; le hasard seul rapproche les indi- vidus des deux sexes.
Les diverses espèces de squales qu'on a observées sont toutes ovivipares , c'est-à-dire que leurs œufs éciosent dans leur ventre, et successivement; mais il arrive quelquefois , et dans certaines espèces plutôt que dans d'autres, que ces œufs sont expulsés avant le complet accroissement de f embryon qu ils contiennent, ce qui n'empêche pas , pour l'ordinaire, les embryons de parvenir à bien.
On trouve souvent, sur les côtes de la mer, des œufs de squales rejelés parles flots et vides. Leur forme est presque Ja même que celle des œufs de raies, c'est-à-dire qu ils res- semblent à un coussin parallélogrammique de couleur de corne, de nature coriace , terminé à chaque angle par des filamens fort longs et fort déliés.
Il paroît que la plupart des squales, surtout les grandes espèces, croissent assez lentement; mais on n'a pas de don- nées positives qui puissent permettre de fixer , même par ap- proximation, l'iige de tel individu d'une de ces espèces.
C'est toujours de chair que vivent les squales ; et, co/nme on I a déjà dit, leur organisation les oblige de faire une grande consommation d'alimens. Ils ne recherchent pas seulement les poissons et les mollusques, mais les oiseaux de mer, et en général tout ce qui peut les nourrir. Les grandes espèces ne craignent point d'attaquer l'homme lorsqu'il se met à leur portée, et on verra au mot Requin combien elles sont dan- gereuses dans certains parages.
On mange habituellement plusieurs espèces de squales ; mais toutes ont, en général , la chair coriace et peu sapide-
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On lire parti de la peau de quelques-unes , sous le nom de chagrin , de peau de requin ou peau de chien de mer, dans plu- sieurs arJs. Cette peau qui , comme on l'a déjà dit , est cou- verte de tubercules très-durs, à surface inégale, est très- propre pour polir les ouvrages en bois et même en métal, à revêtir des boîtes, des étuis, des fourreaux de sabre, etc. On en fait une grande consommation.
On trouve quelquefois des squales pétrifiés , et très-fré- quemment leurs dépouilles osseuses. Leurs dents, ou du moins celles de quelques-unes de leurs espèces, sont, depuis très-long-temps, connues sous le nom de glossopèlres ^ odon- ■ topèires ^ langues de pierre ou langue de serpent, parce qu'on a cru que c'éloient des langues de serpens pétrifiées. Lasupersti- tieuse ignorance a même voulu que ces pétrifications, dont on trouve beaucoup à Malte, soient les langues des soi-disant serpens que saint Paul changea en pierres à, son arrivée pré- tendue dans cette île. V. au mot Requin.
On connoît en ce moment trente-deux espèces de squa- les , que Lacépède a divisées en trois sections. La première comprend ceux qui n'ont point d'évenls , qui par consé- quent s'éloignent le plus des raies. On y remarque principa- icment :
Le Squale uequin, Squalus carcharias , Linn., qui a les dents triangulaires et dentées de deux côtés. V. pi. P. 28 où il est figuré. On le trouve dans toutes les mers. Il est connu vulgairement sous le nom de chien de mer et de lamie. Sa grandeur est considérable et sa voracité extrême. V. au mot JRequin.
Le Squale très-grakd, Squalus maximus., Linn., a les dents un peu coniques et sans dentelures. On en trouve une description et une mauvaise figure dans le 4-* vol. du Mé- moire des Curieux de la nature. On le pêche dans la mer du Nord. 11 parvient à quarante pieds de long. La petitesse de ses dents ne lui permet pas d'attaquer les gros poissons; mais la largeur de sa bouche doit faire croire qu'il en détruit immensément de petits. Un bel individu se voit au Muséum de Paris; c'est lui qui a servi à l'important travail anato- mique de lîlainviile , inséré dans le 18.^ vol. des Annales de cet établissement.
Blainville a reconnu que trois espèces avolent été confon- dues sous ce nom : celui de gumrer , celui de home et celui ci-dessus , qu'il appelle Squale rÉLLRiN.
Le Squale glauque a les dents aplaties de devant en ar- rière , triangulaires et sans dentelures ; le dessus du corps ^'mh bleu blanchâhe, et une fossette à l'extrémité du dos.
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On le trouve dans toutes les mers. 11 parvient quelquefois à la grandeur du requin , puisqu'on en cite de sept , huit et dix brasses de long. Ordinairement il a quinze pieds. On le con- noît sous le nom de pal , de cagnothleu nu blanc , de chien de mer bleu , sur les côtes de France. Il a les mœurs du requin et est tout aussi dangereux pour l'homme; mais il est beau- coup plus beau par ses couleurs. On trouve quelquefois ses dents dans la terre. Sa peau est moins rude que celle de la plupart des autres espèces.
Le Squale long nez , Squalus romubicus ^ Linn. , a un pli longitudinal de chaque côté de la queue. On le pêche sur les côtes d'Angleterre et de France. Duhamel Ta mentionné dans son Traité des Pêches^ sous le nom de touillebœiif. Son museau est fort long et conique; ses dents longues et aiguës. Sa grandeur ne paroît pas être considérable , puisqu'on n'en cite pas de plus de trois pieds de long.
Le Squale Philippe a quelques dents arrondies et un fort aiguillon à chaque nageoire dorsale. Il se trouve autour de la Nouvelle-Hollande ^ où il a été observé par le capitaine Philippe. Sa longueur est de deux pieds , et sa couleur brune en dessus. 11 a dix à onze rangées de dents à chaque mâchoire, la plupart aiguës, mais quelques-unes arron- dies.
Le Squale perlon , Squalus cinereus , Linn, , a sept ou- vertures branchiales de chaque côté. Il se trouve dans la Méditerranée , et parvient rarement à plus de trois pieds de long. Sa peau est un peu rude , et bleue sur le dos. 11 se fait remarquer non-seulement par le nombre de ses ouvertures branchiales , mais encore parce quil n'a qu'une nageoire dorsale placée à égale distance de la tête et de la queue.
Le Squale pointillé a le ventre plus foncé en couleur que le dos , et parsemé de petits points blancs. Il se pêche dans les mers d'Amérique, Sa tête est déprimée et arrondie par devant. Il a une dépression derrière la tête, qui semble indiquer un évent. Sa couleur est rousse.
La seconde division des squales renferme ceux qui ont une nageoire de l'anus et deux évents, parmi lesquels il faut citer :
Le Squale roussette , Squalus catuhis et cnnicula^ Linn., a les narines garnies d'un appendice vermiculaire ; les dents dentelées et garnies , aux deux extrémités de leur base , d'une pointe dentelée. On le trouve dans les mers d'Europe et dans celle des Indes. On le connoît , sur nos côtes , sous les noms de chai marin , roussette tigrée^ ou simplement roussette. La fe- melle est beaucoup plus grande que le mâle, a les couleurs différemment disposées , et les nageoires ventrales plus.
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écartées. Aussi la plupart des auteurs l'ont-ils prise pou^ une espèce distincte, et l'ont-ils décrite sous le nom de grand chai de mer. Broussonnet, le premier, a su reconnoître cette erreur.
Le mâle a la tête grande; le museau demi-lransparcnl ; quatre rangs de dents ; les nageoires ventrales si rapprochées qu'elles semblent réunies; le dos d'un gris brunâtre , mclé de nuances rouges ou rousses, et parsemé de taches irrégu- lières blanches ou très-foncées. Sa longueur est ordinaire- ment de trois pieds.
La femelle a la tête petite; les nageoires ventrales écar- tées; les taches du dos rousses ou noires, mêlées à d'autres taches cendrées. Sa longueur est ordinairement de quatre pieds.
Cette espèce est très-vorace ; mais comme sa force ne ré- pond pas à son appétit, elle est obligée d'user de ruse. Aussi se tient-elle presque constamment cachée dans la vase , comme la plupart des raies, pour, de là, saisir à i'impro- viste les poissons qui passent à sa portée. On dit même qu'elle attaque quelquefois les hommes. Sa chair est dure et répand une odeur musquée , qui n'est pas agréable. Il n'y a que les plus pauvres gens qui s'en nourrissent. Son foie peut fournir une assezgrande quanlilé d'huile, mais il est quelque- fois malfaisant; témoin le fait rapporté par Sauvages dans sa Dissertation sur les animaux venimeux. Quatre personnes composant une pauvre famille des environs d'Agde , qui avoient mangé un de ces foies, tombèrent, une demi heure après, dans un assoupissement qui dura trois jours, et fut suivi d'une démangeaison universelle accompagnée de rou- geurs qui ne se termina que par l'exfoliation complète de i'épiderme.
Mais si le squale roussette n'est pas recherché à raison de sa chair , il l'est beaucoup à raison de sa peau. C'est en ef- fet elle qui est principalement répandue dans le commerce sous le nom de peau de chien de mer , de peau de chagrin , de peau de roussette , pour, ainsi qu'on l'a déjà dit , polir les ou- vrages en bois, en ivoire , en métal , etc. , pour couvrir dif- férens meubles , etc. Lorsqu'on a usé les tubercules hérisses qui la rendent propie à ces usages, et qu'on Ta teinte en vert, elle sert à couvrir des étuis et autres petits ustensiles plus précieux. Les gaîniers l'appellent alors galuchat com- mun ou galuchat li petits grains , pour le distinguer de celui , plus précieux, fourni par la raie sephen. V. au mot Raie et au mot Galuchat.
Les anciens ont connu la roussette, mais ne se sont pas beau- coup étendues sur soa compte. Elle est très-féconde , et met
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au jour ses petits successivement , comme les autres espèces de ce genre. On la prend avec des filets et avec des lignes garnies de fil de laiton et amorcées avec de la viande ou des poissons. Elle a la vie si dure, que lorsqu'on lui a coupé la tête et qu'on lui a ôté les entrailles , le corps remue encore pendant quelque temps.
On trouve fréquemment des dents de roussettes dans les montagnes de seconde formation. On leur a donné les mô- mes noms qu'à celles du requin ; ces noms leur conviennent même mieux, car étant plus allongées , elles se rapprochent davantage de la forme des langues de serpens. Quelquefois ces dents fossiles sont dans des dimensions bien plus grandes que celles des dents des individus qui vivent aujoui d'hui dans nos mers. Il en existe une au Muséum d'Histoire naturelle de Paris, qui a un pouce dix lignes de haut sur deux pouces neuf lignes de large, qui, d'après les calculs très modérés de Lacépède, a dà appartenir à un individu de cinquante pieds de longueur. Ainsi on voit que , dans l'ancienne mer , les roussettes étoient proportionnées en grandeur aux Re- quins.
Le Squale rochier , Squalus stellaris^ Linn. , a deux lobes aux narines ; les nageoires dudos égales. On le trouve dans les mers d'Europe , au milieu des rochers , où il se nourrit de poissons, de crustacés, de mollusques qu'il attend et qu'il surprend au passage. On lui a , en conséquence, donné le nom de chai des rochers^ ou de chai rochier. Il se rapproche beaucoup de la roussette , avec laquelle il est souvent con- fondu , et dont il porte même quelquefois le nom.' Sa couleur varie beaucoup , mais elle est cependant communément grise ou roussâtre , avec des taches noirâtres , rondes , iné- gales et plus grandes que celles de la roussette. Sa longueur est assez fréquemment de quatre à cinq pieds. On le prend de la même manière que la roussette, mais plus rarement, quoiqu'il soit aussi abondant. Sa peau sert aux mêmes usages que celle de celte dernière, et est généralement confondue avec elle dans le commerce. On mange quelquefois sa chair après l'avoir fait tremper dans l'eau pendant quel- que temps.
Le Squale milandre, Squalus galeus, Linn,, a les dents presque triangulaires , échancrées et dentelées. Il se trouve dans les mers d'Europe , et principalement dans la Médi- terranée , sur les bords de laquelle il est appelé pal et cagnoL Son museau est aplati et allongé ; ses dents sont nombreuses et placées sur plusieurs rangs; sa peau est chagrinée. Il par- vient à une grandeur considérable, c'est-à-dire à environ douze pieds. Sa chair est très-dure et répand une odeur dés-
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agréable : aussi n'y a t-il que les pauvres gens qui en man- gent; cependant on la fait quelquefois sécher pour l'expor- ter au loin.
Rondelet et Lacépède pensent que ce poisson est celui que Pline a appelé canicula , et dont il peint la férocité, et dé- crit les combats contre l'homme avec tant d'éloquence. Cette férocité , ces combats , et en général les mœurs de ce squale, diffèrent peu de ceux du Kequim.
Le Squale émissole , Squalus mustellus^ Linn., a les dents petites et très-obtuses. On le trouve dans les mers d'Eu- rope et de l'Inde. ïl est assez commun dans la Méditerra- née. Sa forme le rapproche un peu du milandre. Sa couleur est d'un brun cendré en dessus , quelquefois parsemé d'étoi- les blanches , ce qui forme une variété qu'on a appelée éloilé ou lentlUat. Les dénis de celle espèce sont semblables à celles de la plupart des raies; elles sont très-courtes, très- serrées , paroissent comme une sorte de mosaïque régulière incrustée dans la mâchoire ; aussi ne sont-elles pas propres à déchirer la proie, mais bien à la broyer. Ron- delet représente cette espèce avec un petit attaché à sa ma- trice par un cordon ombilical , ce qui est assez dire qu'elle est vivipare comme les autres.
Le Squale barbillon, Squalus dtratus^ Linn. , a un ap- pendice vermiforme aux narPnes ; des écailles grandes et unies sur le corps. Il se trouve dans la mer Pacifique , et a élé pour la première fois décrit par Rroassonnet. Il parvient à cinq pieds de long. Sa couleur est rousse, tachée de noir ; son corps est couvert d'écaillés grandes, plates et luisantes ; son museau est court et un peu arrondi ; ses dents nombreu- ses , allongées et aiguës ; ses couvertures branchiales au nombre de dix et fort rapprochées.
Le Squale barbu a le tour de l'ouverture de la bouche garni d'appendices vermiformes. Il se trouve avec le précé- <lent , et c'est également à Broussonnet qu'on en doit la connoissance. Sa tête est large , courte et déprimée ; sa bouche est située à l'extrémité du museau ; ses dénis ont la forme d'un fer de lance sans dentelures; son corps est cou- vert d'écaillés petites et luisantes, et est parsemé, en dessus, de taches noires entourées de blanc.
Le Squale tigré a des bandes noires et transversales sur le corps , et des barbillons près de l'ouverture de la bouche. 11 est figuré dans la Zoologie indienne de Forster, tab. i3 , n.° 2, et dans Séba , vol. 3, tab. 34, n.° i. On le trouve «lans la mer des Indes , où il parvient souvent à quinze pieds de long. Son corps est noir en dessus , avec des taches et des bandes blanches ; sa tête est large et arrondie par-devant ;
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son museau est garni de deux barbillons ; ses dénis sont très-petites ; ses ouvertures branchiales au nombre de cinq» dont deux sont réunies. Il vit de crustacés et de coquil- lages.
Le Squale galonné, Squalus africanus, Linn., a sept ban- des longitudinales noirâtres sur le dos. Il se trouve dans les mers voisines du Cap de Bonne-Espérance. Sa tète est dé- primée et un peu plus large que le corps; ses dents longues et aiguës ; sa langue et son palais couverts de tubercules mous. Il a cinq ouvertures branchiales de chaque côté.
Le Squale œillé a une tache noire entourée d'un cercle blanc de chaque côté du cou. Il se trouve autour de la Nou- velle-Hollande. Sa tête est courte et sans taches; ses dents sont aiguës, comprimées et petites. On voit deux taches noires sur le bord antérieur de la première nageoire dorsale. C'est encore à Broussonnet qu'on doit la connoissance de cette espèce.
Le Squale Isabelle a la première nageoire du dos placée au-dessus des nageoires ventrales. Il se trouve sur les côtes de la Nouvelle-Zélande. Son corps est d'un jaune bruntrès- sale, avec des taches noires ; son museau est arrondi ; ses dents sont comprimées , courtes , triangulaires , disposées ordinairement sur six rangées.
Le Squale marteau , Squalus zygœria^ Linn., a la tête et le corps représentant ensemble la forme d'un marteau. Voy. pi. P 28 , où il est figuré. Il se trouve dans les mers d'Europe et d'Amérique. Il est très-abondant , surtout dans la Méditerranée. Les anciens l'ont connu, et le plaçoient au nombre des baleines. On l'appelé poisson Juif à Marseille , pantouflier aux Antilles , où il parvient à quinze à dix-huit pieds de long. Son naturel est très-vorace , et il attaque fré- quemment les hommes. Sa chair est dure et de mauvaise odeur; cependant on la mange dans plusieurs contrées. Son foie fournit une grande quantité d'huile ; et sa peau sert à polir les ouvrages en bois , comme celle de plusieurs autres espèces.
Mais c'est la forme extraordinaire de ce poisson qui le rend principalement remarquable. Sa tête est allongée des deux côtés , un peu arrondie par en haut et par en bas , avec un rebord mince légèrement échancré; ses yeux sont grands , saillans, placés sur les côlés de la tête et dirigés en bas; à la naissance du tronc se trouve l'ouverture de la bouche , qui est en forme de croissant et armée de trois ou quatre rangées de dents larges, pointues et dentelées ; son corps est allongé , presque cylindrique , gris en dessus et blanc en dessous ; ses nageoires sont grises , avec la base noire ; la première na-
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geoire du dos est grande ; celle de la queue est longue ; toutes les autres petites.
II n"est point de navigateurs qui ne connoissent ce poisson, donl on voit les dépouiiles desséchées dans presque toutes les coiicclions. Sa force , sa férocité et ses mœurs sont presque les mêmes que celles du requin; il suit, comme lui, les vaisseaux , pour profiter des objets qu'on jette à la mer ; il attaque , comme lui , les hommes qui entrent dans son élé- ment ; on le prend, comme lui , ou à la foène , ou avec de gros hameçons, amorcés de viande salée.
Le Squale pantouflier , Squalus ti/niro, Lînn. , a la tête festonnée en devant et un peu en forme de cœur. On le trouve dans les mers d'Europe et d'Amérique. Il a beaucoup de rapports de forme et de mœurs avec le précédent; mais il parvient rarement à plus de trois pieds de long. Sa tête est très-aplalie , et ressemble h un demi-cercle dont le rayon est du côté du corps , et dont la circonférence est festonnée par six enfoncemens inégaux ; son dos est gris ; son ventre blanchâtre, et sa peau est couverte de très-petits tubercules ; l'ouverture de la bouche est placée à l'origine du tronc , et est armée de plusieurs rangs de dents ; les yeux sont placés sur la partie antérieure des côtés de la tête , et dirigés com- me ceux du marteau.
Les habitudes de ce poisson sont presque les mêmes que celles du marteau ; mais comme il est beaucoup plus petit , elles sont moins féroces. Sa chair se mange avec plus de plai- sir que la sienne.
Le Squale CAROLiNiENaia tête en forme de cœur, arron- die et sans festons en devant. Il se trouve dans les mers de la Caroline , où je l'ai observé et dessiné. L'individu dont j'ai été possesseur, n'avoit que deux pieds de long, et diffé- roit à\\ squale pantouflier ^ figuré dans Lacépède , par sa tête plus saillante en devant , et moins saillante sur les côtés , et formant un demi-cercle presque parfait et sans irrégularité ; par ses nageoires pectorales , plus grandes et plus courbées ; par sa première nageoire dorsale , accompagnée postérieur ment d'un appendice caillant et poinlu ; par sa seconde na- geoire dorsale , arrondie et non terminée par un prolonge- ment ; par sa nageoire anale, pointue et non terminée par un prolongement ; par sa nageoire caudale , d'une forme différente. Au reste , cette espèce se rapproche infiniment de la précédente , et doit avoir des mœurs à peu près sem- blables.
Le Squale renard a le lobe supérieur de la nageoire de la queue de la longueur du corps. On le trouve dans toutes les mers d'Europe. On l'appelle spaso sur les côtes de la
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MéiïiCerranéo. Il est ordinairement long de sept h huit pieds; mais il parvient quelquefois au double. Sa peau, qui est couverte de très-petits tubercules , est bleuâtre sur le dos et blanche sous le ventre ; sa tête est courte; son museau pointu; ses mâchoires sont garnies de trois ou quatre rangs de dents triangulaires, comprimées , aiguës et non dentelées; sa queue est très-longue et garnie d'une nageoire divisée en deux lobes, dont rinférieur est très-court, et le supérieur en forme de faux et plus long que le corps entier.
Celte grandeur de la nageoire caudale donne à celte es- pèce une telle augmentation de puissance nageante , qu elle a toujours Tavantage sur tous les autres poissons, soit dans la poursuite , soit dans la fuite : aussi fait-elle do grands ravages parmi eux. Pline, qui la connue, rapporte que lorsqu'elle est prise à l'hameçon, elle l'avale pour pouvoir ensuite couper la ligne avccses dents.
Le Squale greset a six ouvertures branchiales de chaque côté. Il se trouve dans la Méditerranée, où Broussonuf^t l'a observé. Sa grandeur est de deux pieds et demi ; sa tête est aplatie , obtuse ; ses dents sont nombreuses , grandes , apla- ties , presque carrées à la mâchoire inférieure, allongées, aiguës, non dentelées à la mâchoire supérieure ; il n'a qu'une seule nageoire dorsale. Son nom indique sa couleur.
Cette espèce parvient rarement à plus de quatre pieds de long. Elle ne paroît que rarement sur les rivages , où on la prend avec de gros hameçons. Sa chair est extrêuiement dure, en conséquence les pauvres même la refusenl. On tire de Thuile de son foie , et on emploie sa peau pour polir les ou- vrages en bois. Elle étoit connue des anciens. Rondelet as- sure qu'elle fait des œufs gros comme ceux d'une poule , et non des petits , comme les autres espèces , ce qui n'est pas impossible. F. au mol Raie.
Le Squale liche , SquaJus amaicanus , Linn. , a les deux nageoires du dos sans aiguillons, la seconde plus grande que la première; les nageoires ventrales grandes et placées très- près de la queue. Il est figuré dans Lacépède , vol. i , pi. lo. On le pêche sur les côtes de l'Amérique septentrionale , où il parvient rarement à plus de trois pieds de long. Sa tête est grande ; son museau court et arrondi ; ses dents sont apla- ties, allongées, pointues, dentelées, disposées sur plusieurs rangs ; tout son corps est couvert de petits tubercules ou d'écaillés anguleuses.
Le Squale gronovien , Squalus indiens^ Linn. , a les deux nageoires du dos sans aiguillons ; la première plus éloignée de la tête que les ventrales ; la secQude placée très loin de
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la première. On le pêche dans la mer des Indes. Son corps est gris tacheté de noir.
Le Squale dentelé a une rangée de tubercules un peu plus gros ; des taches oculées à la première nageoire dorsale ; des taches rousses et irrégulières sur la partie supérieure du corps et de la queue. Il est figuré dans Lacépède , vol. i , pi. ii. On ignore son pays natal. Ses dents sont triangulaires ; une membrane ferme l'ouverture de chaque narine ; on compte cinq ouvertures branchiales de chaque côté du corps.
Le Squale bouclé, Squalus spinosus ^ a des tubercules gros et épineux sur tout le corps. On ignore son pays natal. Il parvient à quatre pieds de long. Son museau est avancé et conique ; ses dents sont comprimées, presque carrées, décou- pées sur le bord et disposées sur plusieurs rangs ; ses tu- bercules sont conformés positivement comme ceux de la Raie bouclée. V. ce mot.
Le Squale écailleux, Squalus squamosus , a le corps re- vêtu d' écailles ovales et relevées par une arête. II est de la grandeur du précédent. On ignore également sa patrie. Son museau est allongé et aplati; ses dents sont presque carrées et plus grandes à la mâchoire inférieure : ce sont de véritables écailles qui couvrent son corps.
La troisième division des squales est formée de ceux qui ont deux évents , sans nageoire de Tanus. On y distingue :
Le Squale aiguillât , Squalus acanthias f Linn., qui a un aiguillon à chaque nageoire du dos et le corps très-allongé. On le trouve dans toutes les mers, principalement dans la Méditerranée. Sa tête est aplatie , cunéiforme et arrondie sur le museau ; ses dents , qui forment ordinairement trois rangées , sont allongées , et garnies de chaque côté de leur base d'une pointe assez grande. Il a deux ouvertures à cha- que narine ; le dos bleuâtre , taché de blanc ; les côtés violets et sillonnés obliquement ; le ventre blanc; les aiguillons des nageoires épineux , très-gros , très-courts et très-blancs.
Rarement le squale aiguillât parvient à plus de six pieds. Il vit de toute espèce de poissons, mais principalement, dans la saison, de morues et de harengs. Sa chair est filamenteuse , dure et peu savoureuse; mais comme son odeur n'est pas aussi désagréable que celle des autres espèces, on la mange plus souvent. Les Groënlandais la laissent à moitié pourrir pour l'améliorer, et les Irlandais la font sécher pour la con- server. Les Norvvégiens font du caviar avec ses œufs et tirent une grande quantité d'huile de son foie.
Ce poisson est très-anciennement connu. Aristote en fait mention. Il met au jour quatre ou six petits à la fois. Sa peau est employée dans les arts.
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Le Squale sagre, Sqnalus spinax, Linn, , a le dessus du corps noirâtre et les narines placées à la partie antérieure de la tête. Il vit dans la Méditerranée et autres mers de l'Europe. On le confond généralement avec le précédent, dont il diffère fort peu et dont il a les mœurs.
Le Squale humantin , Squaïus cintrina, Linn. , a le corps un peu triangulaire. On le pêche dans toutes les mers, et principalement dans la Méditerranée. Il est connu sur nos côtes sous les noms de porc , hernardet et renard. Sa têle est petite , aplatie et terminée par une pointe émoussée ; sa bouche est fort en dessous ,